Le Venezuela est en deuil après avoir été frappé, mercredi 24 juin au soir, par deux puissants séismes de magnitude 7,2 et 7,5, les plus violents enregistrés dans le pays depuis plus d’un siècle. Le dernier bilan officiel, communiqué ce vendredi 26 juin, fait état d’au moins 235 morts et près de 4.300 blessés, selon les autorités et les agences internationales. Parmi les victimes figurent plusieurs ressortissants étrangers, dont des citoyens portugais, brésiliens, italiens et chinois.
Les secousses, survenues à quelques secondes d’intervalle, ont touché de plein fouet Caracas et La Guaira. De nombreux immeubles se sont effondrés, notamment dans le quartier d’Altamira où une tour de 22 étages s’est écroulée, piégeant des dizaines de personnes sous les décombres. L’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetia a subi d’importants dégâts, et le trafic aérien est suspendu. Le métro de Caracas reste à l’arrêt, tandis que de vastes quartiers sont toujours privés d’électricité et de gaz, coupés par mesure de sécurité.
Parmi les bâtiments touchés se trouvent de nombreuses églises et maisons paroissiales, dont beaucoup ont subi de graves dommages structurels à l'image de la cathédrale de Caracas. Des paroisses ont ouvert leurs portes pour accueillir des familles qui ne peuvent pas retourner chez elles après la destruction de leurs maisons. L’archevêque de Caracas, Mgr Raúl Biord Castillo, a parcouru pendant des heures les paroisses touchées pour évaluer personnellement la situation : "Je reviens juste d’une tournée dans plusieurs paroisses. Beaucoup d’entre elles présentent de graves dommages structurels", a expliqué l’archevêque à l'Aide à l'Église en détresse. "À Ñauralí, le toit de la nef droite s'est effondré. L'église et la maison paroissiale de Pagüita se sont écroulées. Le curé a été sauvé miraculeusement" a-t-il ajouté.
L'archevêque de Caracas a également souligné que le bilan humain aurait pu être bien pire : "Dieu merci, c'était un jour de congé. Si cela avait été un jour ouvrable, avec les écoles, bureaux et commerces ouverts, le nombre de victimes aurait été beaucoup plus élevé."
État d'urgence et aide humanitaire
L’état d’urgence a été décrété par la présidente Delcy Rodriguez, qui a appelé la communauté internationale à la solidarité. Les secours, appuyés par des équipes venues de Suisse, du Portugal, des États-Unis et d’autres pays, poursuivent leurs recherches dans les décombres, malgré des infrastructures fortement endommagées et des hôpitaux saturés. L’ONU a lancé un appel à un effort collectif massif pour soutenir les opérations de sauvetage et l’aide humanitaire.
Des scènes de panique ont été observées dans la capitale et sur la côte, où des milliers d’habitants ont fui leurs domiciles dans la nuit, redoutant de nouvelles répliques. Les écoles et activités non essentielles restent suspendues jusqu’à nouvel ordre. Face à l’ampleur de la catastrophe, la solidarité s’organise à l’échelle nationale et internationale, mais les besoins restent immenses. Les opérations de secours se poursuivent dans l’espoir de retrouver des survivants, alors que le pays tente de faire face à l’une des pires tragédies de son histoire récente.









