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La gouvernance de Léon XIV prend forme avec un deuxième consistoire

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Le pape Léon XIV préside le premier consistoire extraordinaire de son pontificat au Vatican, le mercredi 7 janvier 2026.

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Camille Dalmas - publié le 25/06/26
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Les 26 et 27 juin prochains, le pape Léon XIV réunira pour la deuxième fois de son pontificat l’ensemble du collège des cardinaux pour un consistoire extraordinaire. Un rendez-vous essentiel pour le pontife, qui y voit un instrument de gouvernement mais aussi d’unité.

Ce vendredi, les 241 membres que compte le Sacré Collège sont invités par le pape Léon XIV à rejoindre le Vatican pour participer à un consistoire extraordinaire. Selon le droit canonique, le Pape peut convoquer une telle réunion "lorsque des nécessités particulières de l’Église ou l’étude d’affaires de grande importance le conseillent", afin que les cardinaux lui "apportent leur aide". Le consistoire convoqué est dit "extraordinaire", par opposition aux consistoires ordinaires, qui peuvent être privés ou publics et qui ne concernent que les cardinaux présents à Rome. Le consistoire public sert, quant à lui, à créer de nouveaux cardinaux.

Comme son nom l’indique, le consistoire extraordinaire est théoriquement le plus exceptionnel. Benoît XVI n’en avait convoqué aucun, privilégiant les consistoires ordinaires à huis clos (cinq en tout). François, quant à lui, n’a réuni que deux consistoires extraordinaires : un en 2014 à propos du Synode sur la famille, et un en 2022, sur la réforme de la Curie romaine. Si le pape François n’avait pas eu recours aux consistoires ordinaires secrets pour gouverner, les cardinaux résidant hors de Rome, après la mort du pontife argentin, avaient manifesté le souhait d’une gouvernance de l’Église qui prenne plus en compte la dimension collégiale, afin que la fonction cardinalice ne soit pas limitée à sa seule dimension électorale.

C’est dans cette perspective que le pape Léon XIV, fidèle à la demande qui avait émergé pendant le conclave, a désormais décidé de faire du consistoire extraordinaire un des instruments clés de sa gouvernance. Alors qu’il n’a convoqué aucun consistoire ordinaire pour le moment, il s’apprête à réunir son second consistoire extraordinaire en ce mois de juin, après celui de janvier dernier lors duquel il a annoncé vouloir organiser un tel événement tous les ans à partir de 2027.

Un programme dense

Pour Léon XIV, ce consistoire sert à recueillir les orientations et les perspectives des cardinaux de Rome, mais surtout de ceux du monde entier, sur des thèmes d'importance. En janvier, il leur avait proposé de choisir deux thèmes parmi quatre options ; les cardinaux avaient finalement choisi de travailler sur deux thématiques clés du pontificat de François : la synodalité (la dimension participative et inclusive de l’Église) et l’évangélisation. Ces deux thèmes sont encore au programme de la rencontre de juin et seront donc approfondis : le premier se concentrera sur la façon dont l’Église catholique doit annoncer l’Évangile ; le second, sur la mise en œuvre du Synode sur l’avenir de l’Église - grand chantier lancé par le pape François pour rendre l’Église plus ouverte.

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Léon XIV lors du consistoire extraordinaire de janvier 2026.

Deux autres temps d’échange sont prévus. Le premier portera sur des questions soulevées par l’encyclique Magnifica humanitas concernant la doctrine sociale de l’Église, notamment sur la remise en question de la notion de "guerre juste", qui a émis des réserves sur leur adaptation au contexte contemporain. Le second concernera notamment les fractures actuelles au sein des sociétés contemporaines, mais aussi les demandes des personnes que l’Église n’écoute pas assez, la réflexion partant de la notion de "bien commun".

Comme en janvier, ces discussions seront minutées rigoureusement, se feront en grande partie en petits groupes, et un bref temps sera réservé aux interventions libres. Et comme lors de la précédente rencontre, les cardinaux résidant hors de Rome et en fonction auront la priorité sur ceux de la Curie romaine ou à la retraite.

La méthode Léon XIV

De ce nouveau mode de gouvernance se dégagent plusieurs tendances : tout d’abord l’idée que les grands thèmes de son pontificat, y compris ceux qu’il a exposés dans son encyclique, doivent pouvoir être discutés et mûris avec les cardinaux dans ce cadre "collégial". Un style apprécié : en janvier, tous les cardinaux interrogés ont loué son sens de l’écoute. Le pape s’impose aussi un temps long pour réfléchir à de grandes questions, l’écoute du travail des cardinaux devant l’accompagner dans sa prise de décision.

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Léon XIV avec les cardinaux lors de son premier consistoire extraordinaire.

Cela vaut en particulier pour les cardinaux œuvrant hors de Rome, car le but assumé du Pape est de faire remonter par ces derniers la parole des chrétiens du monde entier. Il réserve une attention particulière à l’expérience du terrain, en favorisant l’écoute des voix moins connues que celles des responsables de la Curie. L’ancien missionnaire au Pérou favorise ainsi certaines régions plus périphériques, notamment les plus pauvres, puisqu’il a annoncé la mise en place d’une forme de solidarité financière pour permettre à tous de participer au consistoire.

La maîtrise de la longueur des interventions sera stricte - trois minutes - et témoigne de la volonté du Pape d’imposer une approche synthétique et efficace. Dans cette perspective, il encourage aussi clairement le travail en groupe pour permettre de faire remonter des tendances générales. Sur la forme comme sur le fond, le pontife confirme qu’il entend vraiment investir la question de la synodalité, y compris dans ces rencontres au plus haut niveau. Il ne s’agit pas seulement pour lui de respecter le calendrier que lui a légué le pape François, qui prévoit une période de mise en œuvre jusqu’en 2028, quand se tiendra une grande assemblée ecclésiale. Pour Léon XIV, une certaine forme de synodalité peut servir l’unité de l’Église. "En sortant, on a ressenti que tout le monde était apaisé", témoignait un cardinal en janvier dernier.

"J’éprouve le besoin de pouvoir compter sur vous !", avait affirmé le Pape aux cardinaux. Il reste néanmoins une inconnue importante : avec quels types de cardinaux compte-t-il travailler ces prochaines années ? Pour le savoir, il devra convoquer un consistoire ordinaire public. Interrogé sur ce point, le Pape n’a pas semblé en faire sa priorité.

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