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Le Pape qui a inspiré la Coupe du monde

Derrière les buts spectaculaires, les trophées et les célébrations qui font vibrer la planète se cache l'influence inattendue d'un pape : Léon XIII.

Derrière les buts spectaculaires, les trophées et les célébrations qui font vibrer la planète se cache l'influence inattendue d'un pape : Léon XIII.

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Cerith Gardiner - Laura Marchais - publié le 24/06/26
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À l'origine de la Coupe du monde se trouve le projet d'un homme convaincu que le football pouvait contribuer à rapprocher les nations. Nourri par les idées défendues par Léon XIII au XIXe siècle, Jules Rimet transforma cette ambition en une compétition devenue le rendez-vous sportif le plus suivi au monde.

À première vue, rien ne semble lier le Vatican à la Coupe du monde. Pourtant, l'histoire de la plus grande compétition du ballon rond raconte tout autre chose. Derrière les buts spectaculaires, les trophées et les célébrations qui font vibrer la planète se cache l'influence inattendue d'un pape : Léon XIII.

Aux origines de la Coupe du monde

Pour comprendre ce lien insoupçonné, il faut remonter à la fin du XIXe siècle. En 1891, Léon XIII publie Rerum Novarum, une encyclique appelée à marquer durablement l'histoire de l'Église. Le texte défend la dignité humaine, la justice sociale et la responsabilité collective envers les plus vulnérables. Bien au-delà des cercles ecclésiaux, ces principes inspirent de nombreux catholiques de l'époque. Parmi eux se trouve un jeune Français convaincu que le sport peut contribuer à rapprocher les hommes. Son nom est Jules Rimet.

Né en 1873 à Theuley, en Bourgogne-Franche-Comté, dans une famille catholique, Jules Rimet s'installe à Paris alors qu'il est encore jeune et s'engage auprès des plus démunis à travers diverses œuvres caritatives. Convaincu que le sport peut être un puissant vecteur de cohésion et d’intégration sociale, il fonde en 1897 le Red Star Football Club. À rebours des pratiques de l'époque, souvent marquées par les distinctions de classe, le club ouvre ses portes à des joueurs de tous horizons. Pour Jules Rimet, le football ne se résume pas à une simple compétition sportive. Le terrain est avant tout un lieu de rencontre où tombent les barrières qui séparent habituellement les hommes.

La Première Guerre mondiale ne fait que renforcer cette conviction. Officier dans l'armée française et décoré de la Croix de Guerre, Jules Rimet est le témoin d'un continent déchiré par le conflit. De cette tragédie naît chez lui une certitude. Les nations ont besoin de se rencontrer autrement que sur les champs de bataille, et à ses yeux, le football peut devenir l'un de ces espaces de dialogue et de rapprochement entre les peuples.

Jules Rimet, 1920, fondateur français de la Coupe du Monde.

En 1921, Jules Rimet prend la présidence de la FIFA. Pendant plus de trois décennies, il travaille à transformer un ensemble de compétitions régionales en un sport véritablement mondial. Son projet aboutit en 1930 avec l'organisation de la première Coupe du monde en Uruguay. Treize nations seulement participent alors à l'aventure, mais l'idée séduit rapidement.

Près d'un siècle plus tard, le tournoi est devenu un phénomène planétaire. Des milliards de téléspectateurs suivent les rencontres, des familles se réunissent devant leurs écrans, des foules se rassemblent sur les places publiques et des générations d'enfants rêvent de représenter un jour leur pays. Ainsi, derrière cette immense fête populaire se retrouve encore aujourd'hui l'idée fondatrice qui animait Jules Rimet de faire du football un langage universel et un facteur de rencontre entre les peuples.

Léon XIII, un héritage toujours vivant

La pensée de Jules Rimet fait écho à celle de Léon XIII. L'un défend la dignité de chaque être humain, l'autre croit au pouvoir du sport pour rapprocher les peuples. Ni le Pape ni le père de la Coupe du monde n'auraient pu imaginer l'ampleur que prendrait cette compétition. Pourtant, tous deux partageaient une même conviction, celle que les hommes sont faits pour vivre en relation les uns avec les autres.

Ce rapprochement prend une résonance particulière aujourd'hui, alors que Léon XIV, grand amateur de sport, et notamment de football, a lui-même expliqué avoir choisi son nom en référence à Léon XIII et à son héritage social. Plus d'un siècle après Rerum Novarum, les idées de dignité humaine, de bien commun et de fraternité continuent ainsi d'inspirer des domaines aussi divers que le football.

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