separateurCreated with Sketch.

Malte, l’archipel où la Vierge veille

Malte, une destination jubilaire idéale pour les pèlerins

Une statue de la Vierge Marie sur la plage de Ramla située sur la côte nord de l'île maltaise de Gozo.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Jean-Pierre Fava - Daniel Esparza - publié le 22/06/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Au cœur de la Méditerranée, Malte cultive une ferveur mariale unique héritée de deux mille ans de christianisme. Sur cet archipel, la Vierge Marie veille sur les habitants et les pèlerins, imprégnant l’histoire, le paysage et la vie quotidienne de son empreinte spirituelle.

Malte, archipel baigné de soleil, cultive une tradition chrétienne de plus de deux mille ans, tissée d’histoire, de culture et d’une foi inébranlable. Bien au-delà de sa réputation de paradis pour amateurs de soleil et d’histoire, la petite nation insulaire est aussi un sanctuaire pour les pèlerins en quête de réconfort sous le regard bienveillant de la Vierge Marie. Depuis des siècles, cette foi attire des voyageurs venus chercher guidance spirituelle sur ses rivages, portés par une profonde dévotion mariale qui a façonné l’histoire et l’identité maltaises.

Comme évoqué dans le premier article de cette série, la foi, l’espérance et la dévotion des Maltais ont contribué à façonner le monde d’aujourd’hui. Sa position stratégique en fit la convoitise de nombreuses puissances, toutes repoussées par la résilience et la foi du peuple maltais. Dès les débuts du christianisme, les habitants de Malte étaient (et demeurent) de fervents catholiques, puisant force et réconfort dans leur foi face aux tumultes de l’histoire. La plupart des innombrables églises de l’archipel sont dédiées à la Vierge Marie, faisant de Malte une véritable forteresse mariale. Certaines sont réputées pour les grâces spéciales et miraculeuses accordées à travers les siècles. L’archipel est aussi parsemé de nombreuses chapelles et petits sanctuaires, souvent méconnus, qui offrent une expérience plus intime. Il faut prendre le temps de découvrir ces humbles refuges, nichés au détour d’une ruelle ou au creux d’une colline. Leur simplicité et leur atmosphère sereine invitent à une rencontre personnelle avec le divin : allumer un cierge, murmurer une prière sous le regard d’une statue de la Vierge, ou simplement s’asseoir en silence, porté par des siècles de foi.

Le lien de Malte avec la Vierge Marie est profond, fil conducteur de la tradition depuis les origines du christianisme. Selon les Actes des Apôtres, saint Paul et saint Luc firent naufrage sur les côtes maltaises en l’an 60, alors qu’ils se rendaient à Rome.

La Vierge Marie, présence constante

Si les cathédrales, basiliques et paroisses de Malte impressionnent par leur majesté, c’est au cœur du quotidien que l’on ressent le plus intensément la ferveur mariale. Pour saisir l’âme maltaise, il faut s’immerger dans la vie de tous les jours : niches dédiées à la Vierge et aux saints à chaque coin de rue, fêtes populaires rythmant le calendrier liturgique, traditions culinaires imprégnées de symbolisme religieux. L’imaginaire marial s’inscrit dans le paysage, des grandes statues ornant les places aux images plus modestes sur les façades des maisons. Ces rappels visuels témoignent d’une foi collective transmise de génération en génération. Qu’elles soient œuvres d’art ou simples témoignages de piété, elles racontent la persévérance d’un peuple.

Vue du ciel de la Festa à Malte. Célébrée lors de la fête de l'Assomption.

Les sanctuaires et objets marials de Malte ne sont pas que des lieux de recueillement silencieux : ils s’animent lors des fêtes villageoises annuelles. Joyeuses et solennelles, ces célébrations, souvent dédiées à la Vierge, transforment les rues en un spectacle de lumière, de musique et de ferveur. Le point d’orgue en est la procession solennelle, où une statue richement décorée de la Vierge Marie parcourt les rues, portée par les fidèles. Ces fêtes offrent au pèlerin l’occasion unique de découvrir l’hospitalité maltaise et de recueillir, au détour d’une conversation, le sens profond de la présence de Marie dans la vie quotidienne. Préparatifs à l’église, prière d’un commerçant au son de l’Angélus : autant de scènes qui révèlent l’intégration profonde de la foi dans la vie de tous les jours.

Marcher avec Marie : le pèlerinage à Malte

Depuis toujours, le pèlerinage est au cœur des civilisations : il nourrit l’âme, relie aux ancêtres, invite à sonder les sources de la foi. Il est à la fois chemin physique et spirituel vers des lieux associés à des événements religieux, des saints, des reliques ou des sanctuaires. Les Psaumes décrivent le pèlerinage comme un désir de communion avec Dieu. Dans le Nouveau Testament, il prend une dimension nouvelle à travers la vie du Christ, notamment sa montée à Jérusalem pour la Pâque, sa Passion et sa Résurrection.

Avec plus de 359 églises sur un territoire réduit, le fidèle peut assister à la messe dans une “knisja” différente presque chaque jour de l’année.

Malte, forte de son héritage chrétien, offre au contemplatif une expérience spirituelle unique. Au-delà de ses plages et de ses festivals, l’archipel touche l’âme : catacombes antiques, chemins de pèlerinage, traditions liées au naufrage de saint Paul, cathédrales baroques et églises byzantines creusées dans la roche invitent à la méditation. Avec plus de 359 églises sur un territoire réduit, le fidèle peut assister à la messe dans une “knisja” différente presque chaque jour de l’année. Plus de 200 de ces églises sont dédiées à la Vierge Marie, beaucoup étant des sanctuaires réputés pour les grâces reçues. Cette dévotion plurimillénaire se manifeste dans les nombreux pèlerinages qui sillonnent Malte et Gozo, à travers des paysages chargés de sens spirituel et culturel.

Le Camino Mariæ Melitensis et la Melita Mariana

La dévotion des Maltais à Marie fut, au fil des siècles, source de force et de résilience. Un épisode fondateur eut lieu en 1432 : révoltés contre l’oppression aragonaise, les Maltais forcent le baron catalan Gustavo Monroy à se réfugier dans le Castrum Maris. Le roi Alphonse V d’Aragon, furieux, envoie une armée, mais les Maltais, unis, rassemblent 30 000 florins pour racheter leur liberté. En 1428, le roi accorde l’autonomie à l’île et le droit de se révolter à jamais. Les attaques se poursuivent : en 1429, les Hafsides assiègent Malte. Alphonse V visite l’île en 1432 et manifeste sa foi par un pèlerinage au sanctuaire de Mellieħa. Aujourd’hui, le Camino Mariæ Melitensis AD 1432, un itinéraire de 60 km conçu par le projet XirCammini et l’Office du tourisme de Malte, permet de revivre cette histoire et de traverser des sites majeurs, comme le Castrum Maris, symbole de la résilience maltaise.

Pour ceux qui souhaitent explorer plus en profondeur l’héritage marial de l’archipel, le pèlerinage Melita Mariana propose un voyage au cœur de Malte et Gozo, à la découverte de siècles de traditions religieuses et culturelles. Désigné par l’archidiocèse de Malte comme pèlerinage jubilaire, il retrace la dévotion mariale à travers les âges. Ce parcours, développé par XirCammini en collaboration avec l’Office du tourisme, Heritage Malta et des bénévoles, révèle la richesse spirituelle de l’archipel. Partout à Malte, sanctuaires et églises témoignent de cette ferveur : le sanctuaire de Mellieħa, célèbre pour sa fresque byzantine, attire toujours les pèlerins en quête de bénédictions ; à Mdina, la cathédrale évoque la rencontre de saint Paul et du procurateur Publius ; le sanctuaire de Notre-Dame des Miracles à Lija est réputé pour ses prières exaucées.

Chapel of the Nativity of the Blessed Virgin
Fort Saint Angelo.

Le Chemin du Pèlerin : vers la Madonna de Ta’ Pinu

En 1883, Karmni Grima, originaire de Għarb, entend une voix mystérieuse l’appelant à la chapelle de Ta’ Pinu. C’est la Vierge Marie, qui lui demande de réciter trois Ave Maria en l’honneur des trois jours où son corps resta au tombeau. Karmni confie son expérience au pieux Franġisk Portelli, qui, à la même époque, entend une voix lui demandant de prier pour la blessure cachée de l’épaule du Christ. Peu après, la mère de Franġisk est miraculeusement guérie par l’intercession de la Vierge de Ta’ Pinu. La renommée du sanctuaire, surnommé “l’église des miracles”, s’étend alors rapidement.

Inauguré en 2015, le Chemin du Pèlerin offre un parcours méditatif vers le sanctuaire de la Madonna Ta’ Pinu. Sur le dernier kilomètre, cinq niches abritent de superbes fresques de Sergio Favotto, illustrant l’amour protecteur de Marie sous différents aspects : Secours des chrétiens, Consolatrice des affligés, Force des malades, Reine de la famille, Reine de la paix. À chaque halte, le pèlerin est invité à méditer sur la tendresse et la guidance de la Vierge. Au terme du chemin, chacun repart transformé par la grâce, prêt à servir Dieu et son prochain, guidé par la douceur de Marie.

En partenariat avec VisitMalta

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)