Le mystère de la mort est parfois plus clairement saisi par un enfant chrétien que par un adulte, même si l’étape de la souffrance et de la tristesse lui échappe en partie. Pour notre chroniqueur Jean-Étienne Rime, la foi de l’enfance peut nous aider à unir la vie et la mort dans l’éternité.
Un enfant revient de son cours de catéchisme et raconte : "Monsieur le curé nous a parlé de la mort et de la vie éternelle, du paradis." Délicat et difficile sujet. Les parents prennent un air grave. Ils expliquent que la mort est triste et que les familles pleurent leurs défunts... "Vous n’avez rien compris, interrompt l’enfant. C’est formidable, la mort, on entre dans le royaume de Dieu, on est à côté de Jésus et de Marie !"
Le temps du deuil
Ce raisonnement d’enfant est juste. Nés corps et âme, nous entrons par la résurrection dans l’éternité. La première étape d’un corps et d’une âme est terrestre, c’est un pèlerinage heureux ou difficile, parsemé de joies et de moments douloureux. L’âme ensuite "passe" au ciel. Tout est parfaitement clair et logique pour l’enfant qui croit et qui n’a pas été encore confronté à la mort d’un proche ; pour un adulte qui voit ses parents, ses amis mourir, c’est difficile à intégrer voire inconcevable : pour lui, il est normal, indispensable, de les pleurer. Le contraire ne serait pas signe d’humanité : Jésus n’a-t-il pas pleuré Lazare ?
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Et si nous étions un peu enfant ? En assistant à la sépulture d’un proche, entre les larmes et l’émotion, esquissons un sourire, un clin d’œil à l’être cher qui vient de disparaître à nos yeux.
Beaucoup a été dit et fait au fil du temps pour accompagner les familles des défunts : prières, témoignages émus, signes de profonde affection et amitié, présence consolatrice… Les larmes qui coulent, le baume qui ne sert à rien sur la plaie béante mais qui sera apaisant au moment de la cicatrisation, dans la période de deuil, et l’espérance qui prend petit à petit le dessus. Rien de nouveau jusqu’ici, mais écoutons ce qui se passe dans le monde.
Partout dans le monde
Ici, en France, dans la ville d’à côté, un homme de 55 ans atteint d’un grave cancer ferme les yeux devant sa femme, ses enfants ; là, une femme est atteinte d’une balle perdue dans les rues d’un village libanais ; là encore, un enfant pousse son dernier soupir, mal soigné dans un Soudan en guerre. Partout, à chaque instant, l’humanité se renouvelle et des hommes, des femmes, des enfants entrent dans la vie éternelle. Quel océan de larmes déferle dans les familles des cinq continents… mais quelle joie au ciel d’accueillir parmi la communion des saints ces milliers d’âmes qui rejoignent les régiments de Dieu, la vie de lumière et de grâces !
Oh ! que ces mots peuvent être difficiles voire cruels à entendre avec nos oreilles humaines, mais regardons : c’est la reprise du raisonnement de notre enfant qui a écouté les paroles de son prêtre, les paroles du Christ, vrai Dieu qui nous conduit au bonheur immense de la résurrection, et vrai homme qui pleure son ami.
Raisonner comme un enfant
Et si nous étions un peu enfant ? En assistant à la sépulture d’un proche, entre les larmes et l’émotion, esquissons un sourire, un clin d’œil à l’être cher qui vient de disparaître à nos yeux. Imaginons-le parmi l’assemblée de nos pères, les grands saints de la Bible et les petits des villages, les habitués du paradis et les nouveaux arrivants un peu geeks, ils sont tous là : quel comité d’accueil !
Je me souviens d’avoir été enfant de chœur lors de la cérémonie d’un enterrement et d’avoir eu ce raisonnement. Je ne comprenais pas les familles tout de noir vêtus, les visages déformés par la peine, les mots de condoléances prononcés à voix basse. Comme je les comprends aujourd’hui ! Chaque jour, chaque heure, des familles dans le monde pleurent lorsque des yeux aimés se ferment pour toujours et c’est tellement humain. Soyons encore un peu comme l’enfant qui a appris : "Je crois… à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle."












