Les États-Unis et l’Iran ont signé ce 17 juin à distance un protocole d’accord historique visant à mettre fin à la guerre qui ravage la région depuis février. Ce texte, qui inclut le front libanais, prévoit une cessation immédiate des hostilités, la réouverture du détroit d’Ormuz et deux mois de négociations pour aboutir à un accord définitif.
Les États-Unis et l'Iran ont confirmé avoir signé à distance le 17 juin 2026 leur protocole d'accord, dont une célébration est prévue le 19 juin en Suisse, ouvrant une période de deux mois de négociations. Cet accord-cadre vise à mettre un terme à la guerre débute le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a fait des milliers de morts, semé le chaos dans la région et ébranlé l'économie mondiale.
Signature du protocole d'accord
Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé le 17 juin au soir par Donald Trump, en visite en France. "Je viens du signataire", a-t-il déclaré à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés de son homologue français Emmanuel Macron.
Soutenez Aleteia
Le texte "a été finalisé par la signature des présidents" iranien Massoud Pezeshkian et américain, a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï. Il "acte l'échec des États-Unis", selon le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf à la télévision d'État.
Effet "immédiat" selon le médiateur pakistanais
Le protocole d'accord "entrera en vigueur avec effet immédiat et, dans un premier temps, la République islamique d'Iran rouvrira sans délai le détroit d'Ormuz et les États-Unis d'Amérique lèveront immédiatement le blocus naval", a écrit le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif sur X. Il a par ailleurs confirmé qu'une cérémonie aura lieu le vendredi 19 juin en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques" devant durer 60 jours.
L'Iran veut faire payer les navires à Ormuz après les 60 jours de négociations
L'Iran a réitéré son intention de faire payer les navires franchissant le détroit d'Ormuz, après une période de 60 jours sans frais prévue par le protocole d'accord avec les États-Unis, le temps de négocier un texte définitif.
Le détroit "ne reviendra pas à la situation d'avant-guerre", a déclaré le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf dans une interview diffusée tard le 17 juin par la télévision d'État. "L'Iran a un droit de souveraineté sur Ormuz et, bien, nous percevrons certainement une redevance pour ces services", a-t-il ajouté. Depuis la conclusion du protocole d'accord, dans la nuit du 14 au 15 juin, 14 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit le 15 et le 16 juin, selon les données de la plateforme de suivi maritime Kpler, un rythme comparable à celui de la semaine précédente.
Texte du protocole d'accord publié
Aux termes du texte rendu public par les autorités américaines, Téhéran s'engage notamment à diluer ses stocks d'uranium hautement enrichi - sous supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) - dans le cadre de négociations de deux mois suivant la signature du protocole. Washington s'engage à faciliter la mise en place d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran en cas d'accord définitif. Téhéran serait également autorisé à reprendre ses ventes de pétrole dès la signature du protocole, et toutes les sanctions seraient levées en cas d'accord définitif sur l'issue des négociations ultérieures.
Si les Iraniens "ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer les bombes en plein dans leurs têtes", a prévenu Donald Trump depuis le G7 en France. "Ce n'est pas (un texte) final. C'est un protocole d'accord", a-t-il affirmé.
Frappes israéliennes au Liban
Des frappes aériennes israéliennes ont ciblé le 17 juin le sud du Liban, notamment la région de Nabatiyé, en dépit de l'inclusion du pays dans ce protocole d'accord prévoyant une cessation des hostilités, selon Téhéran, Washington et le médiateur pakistanais. Moscou a exhorté "toutes les parties impliquées dans le conflit armé, y compris Israël" à respecter le protocole d'accord, et Pékin a demandé à "toutes les parties" de l'appliquer "réellement". Le chef du Hezbollah pro-iranien, Naïm Qassem, a qualifié l'accord Téhéran-Washington de "grande victoire" de l'Iran, et appelé à en "tirer profit" pour "expulser Israël" du territoire libanais.
Donald Trump a vanté son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu - qu'il avait accablé la veille de critiques acerbes - qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend". "Pour être tout à fait juste" envers Benjamin Netanyahu, "qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.




![[REPORTAGE] Paris Églises Tour : “On se sent portés par la foi, jusqu’au Sacré-Cœur”](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2026/09/paris-eglises-tour-course-foi.jpg?resize=150,150&q=75)







