Alors que la communauté Saint-Martin fête ses cinquante ans d’existence en 2026, Don Paul Préaux, modérateur général de la communauté, et Don Antoine Barlier, prêtre formateur à la Maison de formation, partagent auprès d’Aleteia leur joie, leur action de grâce, mais aussi les défis qui attendent la communauté.
"Notre action de grâces, c’est d’abord sans doute tous ces frères qui ont donné leur vie à Dieu et qui sont fidèles au Christ dans leur sacerdoce et dans leur diaconat." C'est en ces termes que Don Antoine Barlier, prêtre formateur à la Maison de formation, évoque le 50e anniversaire de la communauté Saint-Martin. "Nous avons été appelés et consacrés pour servir le peuple de Dieu, pour servir la joie des hommes, pour que la joie du Seigneur soit en eux, et c’est justement cela qui fait notre joie", poursuit Don Paul Préaux, modérateur général de la communauté Saint-Martin. Ensemble, ils ont publié La joie de servir (Artège). Entretien.
Aleteia : La communauté Saint-Martin fête en 2026 son 50e anniversaire. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ? Quels sont les fruits dont vous êtes le plus reconnaissant à l'occasion de cet anniversaire ?
Don Antoine Barlier : Quand, avec don Paul, nous avons réfléchi à publier, avec quelques autres frères, un livre à l’occasion des cinquante ans, nous avons voulu partager tout ce qui nous fait vivre, comme membres de la communauté Saint-Martin. Notre action de grâces, c’est d’abord sans doute tous ces frères qui ont donné leur vie à Dieu et qui sont fidèles au Christ dans leur sacerdoce et dans leur diaconat. Grande action de grâces pour la formation reçue et transmise.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Don Paul Préaux : Lorsque la communauté est née en 1976, c’était difficile de voir à vue humaine ce qu’elle allait devenir. Aujourd’hui, elle a grandi et a pu se déployer, pour servir l’Église universelle, dans plus de cinquante implantations. Parmi les beaux fruits, la Maison de formation, qui accueille, chaque année, des jeunes hommes en propédeutique et les aide à répondre à l’appel de Dieu.
Selon vous, quel est aujourd'hui le charisme propre de la communauté Saint-Martin dans l'Église ? Qu’apporte spécifiquement la communauté à la mission de l'Église en France ?
Don Paul Préaux : Pour définir le charisme propre de la communauté Saint-Martin, il me semble que nous sommes d’abord des prêtres, des prêtres séculiers, qui choisissons, pour soutenir leur vie sacerdotale, la vie communautaire. Partout où nous sommes, nous sommes envoyés au moins par trois. Notre vie communautaire est au service de la mission ; elle est exigeante, mais elle est destinée à soutenir les membres de la communauté dans leur sanctification et dans leur mission.
Le mot « succès » me fait peur. C’est une réalité assez fugace et en tout cas très humaine. En revanche, le dynamisme nous rapproche plus de l’élan de vie que nous donne l’Esprit saint.
Don Antoine Barlier : Les deux aspects de la vie commune et de la mobilité sont très importants. Les évêques nous appellent à servir, et il y a une sorte d’échange des dons entre les prêtres qui sont incardinés dans le diocèse et y sont donc enracinés et ceux qui viennent, comme nous, de communautés. Cela tisse un lien entre l’Église universelle et chaque diocèse. Car, sur place, nous appartenons tous à un même presbytérium diocésain, car, comme le rappelle le concile Vatican II, c’est la mission confiée par l’évêque qui fait l’appartenance au presbytérium. Alors, nous y sommes avec notre charisme, nos spécificités, qui sont les conditions pour que notre mission porte du fruit.
Quels sont, selon vous, les éléments essentiels qui expliquent le dynamisme et la vitalité de la communauté Saint-Martin ?
Don Paul Préaux : J’aime cette notion de dynamisme. Le mot "succès" me fait peur. C’est une réalité assez fugace et en tout cas très humaine. En revanche, le dynamisme nous rapproche plus de l’élan de vie que nous donne l’Esprit saint. Il me semble que c’est justement la vie commune que nous vivons qui attire, à la Maison de formation comme dans nos implantations. C’est une grâce de recevoir des vocations et c’est une grande responsabilité de les accompagner. Dès l’Année de propédeutique, et, plus encore, dans les années de séminaire, la vie communautaire aide ceux qui discernent l’appel de Dieu à s’intérioriser et à faire grandir cette charité fraternelle, qui s’élargit peu à peu pour devenir une vraie charité pastorale.

Don Antoine Barlier : Il me semble aussi, pour revenir un peu à nos "spécificités" que la liturgie a toute son importance. Notre vie spirituelle se fonde, tout particulièrement, sur une spiritualité liturgique, puisée dans la tradition latine et grégorienne de l’Église. Nous célébrons selon les livres liturgiques issus de la réforme qui a suivi le concile Vatican II, dans un esprit de grande continuité, qui aide à prier sur de la beauté, à faire grandir en nous le sens du sacré. Beaucoup de jeunes sont attirés par cela, aussi.
Comment la communauté a-t-elle évolué au fil des décennies, et qu’a-t-elle absolument conservé de son intuition fondatrice ?
Don Paul Préaux : J’ai moi-même connu les premières années de la communauté, en Italie, puis l’arrivée de la Maison de formation, en France, d’abord à Candé-sur-Beuvron, en 1993, puis à Évron, en 2014, lors de mon premier mandat comme Modérateur général. Beaucoup de choses ont changé dans l’Église et dans la société depuis 1976. Mais, l’intuition de faire vivre les prêtres en vie commune pour se sanctifier dans leur sacerdoce, dans leur ministère, s’est approfondie. De même que l’importance, pour cela, d’apprendre à le vivre dès les années de séminaire, dans une vie communautaire exigeante, centrée sur l’intimité avec le Christ, dans une certaine mise à l’écart !
Nous formons des prêtres "généralistes", pour le terrain, pas des spécialistes ou des experts. L’essentiel, c’est la formation des pasteurs au cœur large, à l’exemple du Christ.
Don Antoine Barlier : Une des grandes évolutions que j’ai moi-même vécue en entrant dans la communauté en 2010, c’est la dimension internationale. Bien sûr, la communauté a une mission à Cuba depuis 2006. Mais, nous avons désormais des vocations qui viennent de plusieurs pays, et des missions en Allemagne, en Autriche, à Rome et à Cuba. La plupart des membres sont français, la culture communautaire est marquée par le catholicisme français, mais elle a désormais une véritable dimension internationale, qui va bien avec notre service de l’Église universelle.
La communauté Saint-Martin attire de nombreuses vocations. Comment expliquez-vous cette réalité ? Que recherchent aujourd’hui les jeunes qui la rejoignent ?
Don Antoine Barlier : Sur ce point, la diversité des profils en année de propédeutique et parmi les séminaristes à Évron est beaucoup plus grande qu’il y a quelques années. C’est une grande source de joie ! Il me semble que le modèle d’une formation unifiée, d’une vie communautaire forte, d’une dimension intellectuelle certes mais qui ne présente pas d’exigences universitaires, est très adaptée. Nous formons des prêtres "généralistes", pour le terrain, pas des spécialistes ou des experts. L’essentiel, c’est la formation de pasteurs au cœur large, à l’exemple du Christ.
Quels signes d’espérance percevez-vous aujourd’hui dans l’Église en France, notamment à travers la mission de la communauté Saint-Martin ?
Don Antoine Barlier : Comme nous le disions, la place de la France dans les missions de la Communauté est particulière et, aujourd’hui, la place de la communauté en France est aussi une réalité importante. Notre droit pontifical nous place directement sous l’autorité du Saint-Siège, mais nos rapports avec les évêques qui nous appellent en France nous placent, avec tant d’autres, au cœur de l’évangélisation et de la mission dans notre pays. Les signes d’espérance sont nombreux : les baptêmes d’adultes, une véritable aspiration à vivre la dimension communautaire dans nos paroisses, l’aspiration à la transcendance qui se manifeste dans le goût pour la liturgie.
Je vois aussi un défi important à travailler à l’unité, à la communion tant entre des catholiques de sensibilité différente, qu’au sein des églises chrétiennes. C’est un défi majeur.
Dans un contexte de sécularisation, quels sont selon vous les principaux défis pastoraux pour les années à venir ?
Don Paul Préaux : Dans nos ministères, c’est le défi de concentrer ses efforts dans certains pôles qui permettent une vraie vie paroissiale dynamique et missionnaire. Il y a sans doute aussi un défi du côté de l’accueil des vocations qui viendront et commencent déjà à venir parmi les recommençants et les néophytes. Comment les former au mieux et les aider à discerner ?
Quels défis majeurs voyez-vous pour les cinquante prochaines années, et quelle grâce souhaitez-vous demander pour la communauté Saint-Martin à l'occasion de ce jubilé ?
Don Paul Préaux : Fondamentalement, conserver toujours la joie de servir l’Église, à notre place. Développer encore la conscience de notre spiritualité, de toutes les richesses que nous avons reçues de la tradition pour en vivre et les transmettre. Approfondir encore le trésor de la vie communautaire pour les prêtres : pour nous, elle n’est pas d’abord un moyen d’être plus efficace dans la mission ou un remède à la solitude, elle est d’abord une imitation de la vie des apôtres, envoyés ensemble par Jésus pour évangéliser ! C’est un trésor que nous portons dans nos humanités fragiles pour rendre témoignage au Christ, le Bon pasteur. Je vois aussi un défi important à travailler à l’unité, à la communion tant entre des catholiques de sensibilité différente, qu’au sein des églises chrétiennes. C’est un défi majeur.
Pratique




![[VIDÉO] À 16 ans, Ryder Williams devient le héros de Santa Cruz](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2026/07/Un-sauvetage-heroique-a-santa-cruz-1.jpg?resize=150,150&q=75)







![[HOMÉLIE] Dans la tempête, fixer le Christ pour ne pas sombrer](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2022/04/Christ-Appears-on-the-Shore-of-Lake-Tiberias.jpg?resize=150,150&q=75)