Ils sont de plus en plus nombreux à assurer, comme bénévoles, l’office de sacristain. Parfois à plusieurs. Ce n’est plus toujours un métier, note le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille, mais c’est toujours un service et un visage, qui accueille et qui veille.
"Un seul être vous manque ..." : l’économie depuis la nuit des temps manifeste ces liens d’interdépendances qui nous unissent les uns aux autres. Le mot "métier" ne vient-il pas du latin populaire qui contracta le terme classique de ministerium afin de désigner cet ensemble de besoins, de services, d’offices, que les membres d’une société tiennent les uns pour les autres ? La diminution du nombre de paroisses dans notre pays provoque celle d’un certain nombre de métiers dans lesquels hésitent à s’engager des personnes par ailleurs de moins en moins nombreuses à être chrétiennes. Parmi eux, celui de sacristain.
L’office de sacristain
On appelait le sacristain à Paris ou ailleurs souvent, par le nom de la province d’où beaucoup étaient originaires : le Basque par exemple. Avec le Suisse, son bicorne et sa hallebarde, qui était là pour faire régler l’ordre durant les cérémonies, le sacristain est l’homme (et désormais aussi la femme) qui entretient au quotidien le lieu de culte. Il y assure le bon fonctionnement du quotidien, l’approvisionnement des bougies et des cierges, des hosties et du vin, prépare les célébrations et maintient le tout propre et en état. Il est celui qui accueille dans l’église les riverains et les visiteurs qui le trouvent affairé à polir, aspirer, nettoyer, veiller. Il est aussi celui après lequel tout curé passe son temps à courir !
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Il y plusieurs décennies, quelques villages du Pays basque s’enorgueillissaient de fournir aux grandes paroisses du pays certains de leurs fils qui "montaient" à Paris ou ailleurs veiller à la bonne tenue d’églises bien chanceuses. Aujourd’hui sur les un peu plus de 9000 paroisses de France, combien ont encore la possibilité de rémunérer un volontaire pour un tel office ? Bien des sacristains de notre temps sont des paroissiens qui assurent bénévolement ce travail indispensable. Les "professionnels" se font plus rares.
La "maison" dont il faut prendre soin
Il faut dire que la carrière propose une diversité de débouchés assez faible : il n’y a plus que dans de très rares cathédrales ou sanctuaires ou l’on peut espérer gravir des niveaux de responsabilité au fil des années et des compétences. Certains jeunes, en boulot d’appoint pour payer leurs études, ou comme premier emploi, saisissent cette occasion pour mettre au service de la communauté leur enthousiasme et leurs forces.
On les voit, et c’est le cas dans l’église dont j’ai le bonheur d’être le curé, fouiller les placards et les greniers, y dénicher une statue oubliée, éclairer un tableau ignoré, rafraîchir un autel secondaire plus guère utilisé. Ils y mettent tout leur bonheur de néophyte ou de catéchumène pour une église qu’ils considèrent, avec une vraie joie, comme la "maison" dont il faut prendre soin.
Un métier et un service
Quel que soit leur état, salarié ou bénévole, leur âge et leur ancienneté dans l’Église, ils sont un visage de nos communautés. Accueillants, attentifs, disponibles, ou pas : en tout cas ce sont eux qui donnent le ton et surtout qui disent l’atmosphère d’un lieu. À ce titre, le service rendu est bien nécessaire. Doit-il être pour autant un métier ? Sans doute pas systématiquement. Mais en tout cas lorsqu’il l’est, il ne peut s’émanciper du service.



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