Un peu de hauteur spirituelle au milieu de l'ébullition annuelle des 24 heures du Mans. Le samedi 13 juin, juste avant que ne débute la célèbre course qui a lieu jusqu'au dimanche 14 juin, le pilote français Clément Mateu a fait bénir sa voiture, une Aston Martin LMGT3 de Racing Spirit of Léman.
Clément Mateu participe à l’édition 2026 des 24 Heures du Mans aux côtés de ses coéquipiers Valentin Hasse-Clot et Marius Fossard. Le pilote dispute cette épreuve dans le cadre de son programme endurance, après une préparation marquée par les essais, les qualifications et les différentes séances sur le Circuit de la Sarthe. Dans une intervention publiée avant la course, Mateu évoquait déjà l’intensité de l’événement et le rythme particulier des journées au Mans, entre roulage, débriefings et obligations liées à l’organisation.
C'est le pilote Clément Mateu lui-même qui est allé trouvé l'abbé Arnaud Forestier, de l'Institut du Bon Pasteur, pour lui demander s'il accepterait de bénir sa voiture. Ce dernier, originaire du Mans et passionné d'automobile, a répondu avec joie à sa requête. "Je suis d'ici et je connais les 24 heures du Mans depuis tout petit. J'ai pu y repasser avec un ami pour les essais et alors que je cherchais simplement mon chemin, Clément Mateu s'est avancé vers moi pour me demander si j'accepterais de bénir sa voiture", raconte l'abbé Forestier à Aleteia. Au moment où le pilote s'avance, le jeune prêtre ne le reconnaît pas. "Je ne savais pas qu'il était pilote car il était habillé normalement", explique-t-il. Peu après, l'abbé Forestier se retrouve donc nez-à-nez avec... une splendide Aston Martin. "Je n'en revenais pas!"
Pourquoi bénir une voiture ? Le verbe "bénir" vient du latin "bene dicere", dire du bien. Jésus lui-même dans l’Evangile, bénit les enfants et ceux qu'Il rencontre. La bénédiction permet au prêtre de demander à Dieu sa protection et sa grâce sur une personne, ce qui peut inclure aussi les objets qu'elle utilise dans son quotidien. Le Catéchisme de l'Église catholique classe les bénédictions parmi les sacramentaux : des signes sacrés institués par l'Église qui disposent les fidèles à recevoir la grâce de Dieu, mais qui ne sont pas des sacrements comme le baptême ou l'eucharistie. Ainsi, la bénédiction d'une voiture est une prière pour un bon usage du véhicule et pour la protection des personnes, mais pas une assurance contre les risques.
Trois médailles miraculeuses
En compagnie de tout l'équipage, l'abbé Forestier bénit donc la voiture, et donne même trois médailles miraculeuses aux pilotes qui les placent dans leur casque. Les trois hommes sont baptisés, et deux d'entre eux se sont mariés à l'église, détaille l'abbé Forestier qui tient à souligner que cette démarche de leur part "était sincère". "Ce n'est pas de la superstition. J'ai expliqué tout de suite que cette bénédiction n'allait pas forcément les faire gagner. Ils m'ont dit qu'ils le savaient mais que c'était important pour eux de demander cette protection." Une expérience que l'abbé Forestier n'est pas prêt d'oublier !
Au terme des 24 Heures du Mans 2026, l’Aston Martin LMGT3 n°59 de Racing Spirit of Léman, pilotée par Clément Mateu, a franchi l’arrivée et s’est classée 11e de la catégorie, au terme d’une course d’endurance exigeante, disputée jusqu’au bout.









