Tout lecteur du dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, n’a pu qu’être effrayé par les combats que mènent les forces du bien contre celles du mal. Saint Jean, qui le rédigea au Ier siècle apr. J.-C. sur l’île de Patmos livre, en effet, en ces pages des visions aussi effrayantes que grandioses, que bien des scénaristes d’Hollywood envieraient… Au cœur de ce combat par les anges contre les démons figure en première place l’archange Michel, lui-même. Déjà évoqué dans l’Ancien Testament, le Prince des anges tient ainsi, avec ce dernier livre du Nouveau Testament, un rôle majeur. Soulignons que le mot même d’Apocalypse vient du grec ancien ἀποκάλυψις /apokálupsis et se traduit par "révélation", et non par catastrophe, comme on le pense souvent. Cette révélation n’empêcha pas bien entendu des combats titanesques entre les forces du mal et du bien, mais cette opposition vise surtout à atteindre l’avènement d’un nouvel ordre, celui de la souveraineté divine. Or, cet ultime combat échut à l’archange Michel, ainsi que le relate avec fort fracas le livre de l’Apocalypse…
Michel contre le Dragon…
Ecoutons l’Apocalypse : "Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel" (Ap 12, 7-8). Si le texte est concis, il n’écarte pas pour autant une violence explicite, et c’est bien un véritable combat qui oppose dans le ciel les anges du bien aux forces du mal, le Dragon prenant pour autre nom Diable ou Satan, ou encore prince des démons et chef des anges déchus…

La Bible poursuit en rappelant que celui qui avait séduit le monde entier en instillant les vices parmi les vertus allait être exclu du ciel, avec ses funestes compagnons, et rejeté sur la terre pour y mener un dernier combat. L’archange Michel tient une place prépondérante dans ce combat céleste en livrant, tel un général, une bataille contre les démons, ainsi que le représentèrent un grand nombre d’artistes avec talent, et imagination parfois débordante, tel le grand peintre Pierre Paul Rubens en 1619 avec son œuvre l’Ange déchu ou de manière plus sobre le manuscrit Les Très Riches Heures du duc de Berry avec "La fête de l’archange" représentant au XVe siècle le combat singulier opposant Michel au Dragon au-dessus du Mont Saint-Michel.
L’espérance eschatologique

Ces combats fortement imagés devaient, et doivent encore, inspirer notre foi en l’avènement du règne de Dieu, objet de l’eschatologie ou discours sur la fin des temps. Si l’archange Michel protège chacun des croyants au quotidien contre les forces du mal, c’est lui qui annoncera également la venue du Christ lors du Jugement Dernier, ainsi que l’avertit saint Paul dans sa Première lettre aux Thessaloniciens : "Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord" (1Th 4,16), ce passage justifiant que l’archange soit représenté dans de nombreuses œuvres d’art non seulement avec son épée, mais également avec une trompette. La voix de l’archange et la trompette divine donneront ainsi le signal de cet avènement, synonyme de vie éternelle…
Notons, enfin, que saint Michel ne doit pas être confondu avec saint Georges ; si ce dernier combat également avec son épée un dragon, il est cependant soldat et n’a pas d’ailes contrairement à l’Archange Michel, patron des parachutistes.









