L'armée israélienne a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban le 13 juin, après avoir appelé à l'évacuation d'une vingtaine de localités. Dans ce contexte, l'Œuvre d'Orient dénonce les difficultés croissantes d'acheminement de l'aide humanitaire, tandis que le dossier libanais reste au cœur des discussions diplomatiques régionales.
Des frappes israéliennes ont ciblé le 13 juin le sud du Liban, peu après un appel israélien à évacuer vingt localités de la région, dont la ville de Nabatiyé, a rapporté l'agence de presse officielle libanaise Ani. Ces bombardements ont visé plusieurs secteurs désignés par Israël, dont les villages de Rihan et Sujud, situés non loin de Nabatiyé, a précisé l'Ani. L'armée israélienne, avait averti qu'elle s'apprêtait à "agir avec force" contre le Hezbollah proiranien, et demandé aux habitants de gagner le nord du fleuve Zahrani, situé au nord de la ville de Nabatiyé, à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec Israël. Plus tôt dans la journée, elle avait annoncé avoir intercepté un "engin aérien hostile" entré dans le nord d'Israël depuis le Liban, au lendemain de quatre incidents similaires, au cours desquels certains des projectiles n'avaient pas été interceptés, mais sans faire dégâts notables, selon elle. Vendredi en fin de journée, l’Ani avait elle rapporté des explosions et tirs d'artillerie près de collines surplombant Nabatiyé, et le Hezbollah fait état de combats avec des forces israéliennes avançant vers la localité de Majdal Zoun.
Dans un contexte d’escalade continue, les difficultés d’accès au sud du Liban ont de lourdes conséquences humanitaires. Un convoi de 45 camions et véhicules, organisé par le nonce apostolique au Liban, l’archevêque Paolo Borgia, en collaboration avec Caritas, l’Œuvre d’Orient et d’autres organisations catholiques, transportant de l’aide alimentaire, des médicaments et du carburant à destination de trois villages chrétiens du sud, a dû modifier son itinéraire vendredi 12 juin en raison d’échanges de tirs entre l’armée israélienne et le Hezbollah. "Nous sommes en situation de guerre, mais nous continuerons à aider la population", a déclaré le nonce apostolique Paolo Borgia.
Sur X, l’Œuvre d’Orient a dénoncé ces difficultés d’acheminement, soulignant que ces convois constituent l’un des rares moyens d’apporter une aide essentielle à des localités du sud du pays largement coupées du reste du territoire par les combats.
Le dossier libanais au cœur des discussions entre Washington et Téhéran
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine du 28 février. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui mène lui des attaques contre ses positions dans le sud du Liban et le nord de son territoire. Les opérations israéliennes ont tué plus de 3.700 personnes, selon les autorités libanaises. Et ce malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril puis un nouvel accord de trêve conditionnelle annoncé début juin à l'issue de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, rejeté par le Hezbollah.
Le front libanais constitue un des volets majeurs des négociations menées entre Washington et Téhéran en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Selon un haut-responsable américain, l'accord actuellement en discussion inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient auparavant dit vouloir traiter ce dossier séparément. Le pays fait face à "un test capital", a déclaré ce samedi le président libanais Joseph Aoun sur X, appelant les Libanais à s’unir "autour d’un Etat souverain qui détient le monopole des armes" pour ne pas rester "otage de la logique des milices". Le député du Hezbollah, Ali Fayyad, a lui appelé à tirer profit de tout accord visant à mettre fin aux hostilités. Mais "l’État doit abandonner la politique qui consiste à être écrasé face aux Israéliens et soumis aux Américains", a-t-il ajouté.












