La course à pied a le vent en poupe. En 2026, la France compterait 8,4 millions d’amateurs de running réguliers. Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à chausser leurs baskets pour se lancer dans l’aventure des 10 kilomètres, du semi, voire du marathon. Si les propositions foisonnent, certaines sortent du lot : mêlant sport et foi, elles proposent de donner un supplément d’âme à une activité sportive exigeante.
“Cours, Forrest, cours !” Depuis quelques années, les “courses spirituelles” se multiplient et connaissent un véritable essor avec des propositions variées et des runners toujours plus nombreux au rendez-vous. Mais au fait, quand on dit “courses spi”, de quoi parle-t-on ? La plupart du temps lancées par une paroisse, un diocèse ou une association, elles ont pour objectif de conjuguer performance sportive et spiritualité. En d’autres mots, elles permettent de donner du sens à sa course. Ouvertes à tous, fidèles du dimanche, pratiquants occasionnels, croyants et incroyants, que l’on porte une intention ou non, elles mettent l’accent sur la convivialité et l’accès aux petits et grands athlètes, invitant à partager un moment sportif et spirituel à la fois, parfois au bénéfice d’une cause caritative. Et ces courses sont légion. On peut citer entre autres la course organisée par les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) à l’occasion des 200 ans du Rosaire Vivant, dont la première édition aura lieu le 13 juin prochain, la Run in Spirit qui se tient à Lyon depuis 2017, le Paris Églises Tour qui fête son troisième anniversaire en 2026, mais aussi la course des saints à Rome, celle des paroisses à Saint-Raphaël, les foulées Ozanam à Paris, la Course des Héros dans plusieurs grandes villes de France, le pélé-trail de Beauraing (Belgique) ou encore l’Angélus trail qui relie Rocamadour à Cahors.
Cet engouement pour courses et trails s’inscrit dans une tendance générale puisque la course à pied s’impose aujourd’hui comme l’une des disciplines les plus prisées par les Français : le succès du running dans l’Hexagone n’est plus à démontrer, comme l’indique l’observatoire du running 2026, chiffres à l’appui. En 2025, 13,2 millions de Français déclaraient avoir pratiqué la course à pied au cours des douze derniers mois alors qu’ils étaient 8 millions en 2016. Parmi eux, 64% courent au moins une fois par semaine. En 2025, trail, route et cross confondus, ce sont 13.320 courses qui se sont tenues dans l’Hexagone, réparties sur 5.730 événements, soit 2.000 de plus qu’en 2015. Pour Virgile Caillet, délégué général de l'UESC (Union des Entreprises du Sport et du Cycle), "le running n’est plus un phénomène de société, c’est désormais une norme sociale, inscrite dans le quotidien de millions de Français".
Une libération de l’intériorité
Mais quel est le lien entre running et vie spirituelle ? Féru de course à pied depuis l’âge de 12 ans, le père René Pichon, sportif de haut niveau et prêtre retraité en pays de Savoie, est l’auteur de plusieurs livres sur le sujet. Pour lui, les lieux qui allient sport et spiritualité sont précieux. "Il faudrait qu’il y ait toujours une dimension sportive en même temps que spirituelle. Le sport libère l’intériorité. Dès qu’on fait un effort physique, rien que la marche par exemple, l’échange est favorisé, on discute, l’effort libère l’âme", témoigne-t-il auprès de la pastorale des jeunes et des vocations. "Le sport, c’est le souffle. En travaillant sur son souffle, on développe la spiritualité, on prend conscience de soi, on s’ouvre à ce qu’on est en profondeur." De son côté, le blogueur Jacques Gauthier défend le jogging spirituel et affirme louer le Seigneur en courant. "C’est une façon de prier, d’unir mon corps et mon esprit en une tendre complicité. J'ai couru mon premier marathon à Montréal en 1983. Depuis, le jogging fait partie de ma vie. Je cours le matin pour le plaisir, la forme, la méditation, la prière. Il y a une joie à sortir de soi, à se fondre dans le paysage, à s’envoler avec la route". Joseph, 24 ans, qui a participé au Paris Églises Tour en 2025, confiait à Aleteia que "dans les moments difficiles, la prière aide à tenir, à se raccrocher à l’essentiel. Le Seigneur devient un compagnon de course, un soutien dans la montée". Paul, 23 ans, qui a couru dans la capitale des Gaules, souffle quant à lui qu'il aime "les propositions spirituelles où il y a aussi une dimension d’effort. Cela permet de relier le spirituel et le mental à l’effort physique. Le corps est en lien avec l’esprit".
Des courses qui privilégient la convivialité
Mais au fond, qu’est-ce qui différencie ces épreuves des compétitions classiques ? Tout d’abord, priorité est donnée à la convivialité. "Il y a un côté convivial de la course qui rassemble et séduit", analyse François Dumoulin, qui organise la course du Rosaire Vivant pour les OPM. La plupart de ces tours s’adressent à tous, proposant des parcours adaptés à différents niveaux et permettant à des personnes porteuses de handicap de participer, comme la Course des Héros, qui propose des parcours allant de un à dix kilomètres. Quand l’Angélus Trail propose cette année une course nature et rando pédestre de 19 kilomètres, un trail de 49 kilomètres, et pour les plus chevronnés, un ultra de 80 kilomètres avec deux mille deux cents mètres de dénivelé positif. Le seul objectif : rallier la cathédrale de Cahors avant l’Angélus du soir, où les participants recevront une sportelle, l’insigne du pèlerin de Rocamadour. Ces courses sans pression pour les coureurs offrent souvent une grande liberté puisqu’on peut marcher ou courir selon ses envies et ses capacités. Et la plupart d’entre elles ne sont pas chronométrées. Autre différence de taille : le prix. "Nous sommes les courses les moins chères de France", applaudit Julien Montagne, président de l’Angélus trail qui a vu le jour en 2019, et par ailleurs professionnel dans l’événementiel sportif. Un dossard pour l’Angélus trail coûte 37 euros quand des trails du même type valent facilement le double ou le triple.
Peut-on véritablement parler d’un boom ? Les chiffres parlent et témoignent d’un engouement évident. Ainsi, près de 4.000 coureurs sont inscrits pour le Paris Églises tour qui aura lieu le 6 septembre prochain, pour 3.200 coureurs en 2025. Du côté de la Run in Spirit, on est passé de 550 participants en 2025 à 640 en 2026, selon Le Progrès. "Il y a un boom en général, on le ressent. À tel point qu’aujourd’hui on est obligé de refuser des inscriptions", constate Julien Montagne. À l’Angélus trail, on ne dépasse pas les cinq cents participants afin de favoriser le côté convivial et de ne pas submerger le parc naturel des Causses. L’organisateur, qui prêche pour sa paroisse, n’hésite pas à souligner le côté atypique de cette course. "Elle est vraiment à part, avec un départ au pied de Rocamadour au son de l’Angélus de 7 h. C’est magnifique ! Une course normale, on prend son dossard et au coup de pistolet, on part le plus vite possible pour avoir son temps. Chez nous il n’y a pas de chrono, pas de pression. C’est le côté convivial qu’on met en avant et le fait qu’il y ait peu de coureurs". Alors ? À vos marques, prêts…
Pratique
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Âge minimum : 15 ans. Infos et inscriptions sur place vendredi après-midi et samedi matin
En partenariat avec les Œuvres Pontificales Missionnaires - OPM France













