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Football : le poste prédestiné de Léon XIV

Le pape Léon XIV signe un ballon de football lors de sa visite à la paroisse de l'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ à Rome, le 1er mars 2026.

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Laura Marchais - publié le 11/06/26
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À quelques heures du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, Léon XIV, en voyage apostolique en Espagne, s'est confié le 10 juin sur son rapport au ballon rond. Entre souvenirs personnels, confidences et réflexions, le Pape a livré un message aussi simple qu'universel sur l'importance de jouer collectif. Une vision qui semble faire écho au rôle qu'il occupait autrefois sur le terrain.

Impossible ces derniers jours d'échapper aux questions sur la Coupe du monde 2026. Alors que des millions de supporters s'apprêtent à vibrer au rythme du Mondial, le Pape a rappelé que le football pouvait aussi transmettre de précieuses leçons humaines. Grand amateur de sport, Léon XIV a profité d'une rencontre avec les organismes diocésains de charité et d'assistance lors de son voyage apostolique, mercredi 10 juin dans l'église populaire de Sant Agustí à Barcelone, pour partager quelques souvenirs personnels et réflexions autour de cette discipline.

"Si vous voulez savoir ! Je n’étais pas un grand buteur !"

Le sujet de la Coupe du monde qui s'ouvre ce jeudi 11 juin à 20h30 (heure française) au Mexique, première édition organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada, n'a pas laissé Léon XIV indifférent. Né aux États-Unis, le Pape a confié samedi 6 juin aux journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion pour l’Espagne qu’il soutiendrait "sans aucun doute" son pays natal durant la compétition. Avant d’ajouter avec humour, "je ne suis pas sûr de pouvoir regarder beaucoup de matchs". Le football accompagne pourtant le Pape depuis longtemps. Lors de ce temps d’échange, il s’est en effet souvenu avoir découvert la Coupe du monde en 1982, alors qu’il étudiait à Rome. Cette année-là, l’Italie avait remporté le trophée. "Donc cela a fait partie de ma vie", a-t-il expliqué.

Dans le Raval, quartier pauvre de Barcelone marqué par la présence d’une forte immigration, notamment en provenance d’Amérique latine, des Philippines et du Pakistan, le Pape a également répondu aux questions spontanées de Renzo, un petit garçon de six ans. Interrogé sur son attachement au football, il a raconté avec simplicité : "Il m’arrivait de jouer au football… mais plutôt au football américain, qui est un peu plus violent !" C'est quelques années plus tard, que Léon XIV a expliqué avoir découvert le "soccer", au Pérou, alors qu’il vivait à Trujillo avec des séminaristes. Quant au poste qu'il occupait sur le terrain... il a indiqué jouer en défense. "Si vous voulez savoir ! Je n’étais pas un grand buteur !" a reconnu l'évêque de Rome. Un rôle discret, au service de l'équipe, qui n'est peut-être pas sans rappeler celui qu'il exerce aujourd'hui à la tête de l'Église.

À 70 ans, Léon XIV demeure un passionné de sport. Lui qui fréquentait encore récemment une salle de fitness près du Vatican continue de pratiquer le tennis et de monter à cheval à Castel Gandolfo. Son intérêt pour le football n’a pas disparu pour autant. "Il continue toujours à regarder et à suivre le football", a assuré son frère aîné, John Prevost, dans un entretien accordé au National Catholic Reporter. "Il sait toujours qui a gagné ou perdu. Il se tient au courant des rencontres."

"Il faut apprendre à courir ensemble"

Au-delà des souvenirs et des anecdotes, le football a surtout servi de point d’appui à Léon XIV pour délivrer un message sur l’importance du collectif. Celui qui racontait quelques instants plus tôt avoir occupé le poste de défenseur semble d’ailleurs être resté fidèle à cet esprit de service. S'appuyant sur l'image d'un des sports les plus populaires au monde, le Pape a invité chacun à ne pas avancer seul, rappelant que "la vie n’est pas une course à mener de façon solitaire. C’est quelque chose qui se joue en équipe et il faut apprendre à courir ensemble. En ce sens, quelqu’un peut être une star, mais s’il ne fait jamais de passes, il ne laisse pas les autres entrer dans le jeu et il va probablement perdre". Dans le contexte de la Coupe du Monde, cette invitation à avancer ensemble résonne comme l’un des plus beaux messages que le football puisse transmettre bien au-delà des stades.

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