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Scandale du périscolaire : Paris lance une commission d’enquête indépendante

4 min de lecture
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Crédit : BalkansCat I Shutterstock

La ville de Paris, secouée par un scandale d’agressions dans le périscolaire, a suspendu 132 animateurs depuis le 1er janvier, dont 52 pour "suspicion de violences sexuelles ou sexistes".

Dans le sillage du scandale du périscolaire à Paris, le nouveau maire Emmanuel Grégoire a annoncé le 9 juin le lancement imminent d’une commission d’enquête indépendante sur ce sujet, confiée à un ancien juge des enfants, Antoine Garapon.

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Depuis le 1er janvier, 132 animateurs de la ville de Paris ont été suspendus, dont 52 pour "suspicion de violences sexuelles ou sexistes", selon le nouveau maire de la capitale Emmanuel Grégoire, dont le plan d'action promet la "tolérance zéro" et la "transparence totale".  Ces chiffres élevés - le dernier bilan en avril faisait état de 78 suspensions dont 31 pour suspicions de violences sexuelles - sont attribuables "à une prise de conscience et à la très grande rigueur avec laquelle nous traitons ces signalements", a-t-il défendu le 9 juin 2026, en marge de la visite d'une école du 17e arrondissement. 

Le maire PS, qui avait promis en avril un plan d’action à 20 millions d’euros, a par ailleurs annoncé le lancement la semaine prochaine d’une "commission d’enquête indépendante" sur ce sujet, confiée à Antoine Garapon, l’ancien juge des enfants et ancien président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église. L’enquête aura "carte blanche pour faire des préconisations et analyser tout ce qu'il s'est passé depuis la réforme des rythmes scolaires en 2013" qui a instauré la semaine de 4,5 jours. 

Le prochain Conseil de Paris va aussi mettre en place une mission d'information et d'évaluation, réclamée depuis deux mois par l'opposition de droite. L'objectif de cette mission "transpartisane" est de "faire une opération mains propres sur ce qu'il s'est passé ces dix dernières années, les modalités de recrutement, les dysfonctionnements", a exposé Grégory Canal, qui co-préside avec Rachida Dati le premier groupe d'opposition au Conseil de Paris. Elle entendra "l'ensemble des acteurs concernés", a-t-il ajouté, rappelant qu'Emmanuel Grégoire avait été en charge des ressources humaines à l'Hôtel de ville avant d'être premier adjoint d'Anne Hidalgo. Jugeant "confuses" les mesures de la ville, la droite parisienne réclame un "plan d'envergure" doté de 50 millions d'euros, qui comprendrait notamment l'installation de caméras de vidéoprotection. Une convention citoyenne sur la protection et les temps de l'enfant remettra en outre ses conclusions à la fin juin.  

Un débat national sur les violences faites aux enfants

Avec 132 suspensions en cinq mois, "on ne parle plus de cas isolés, on parle d'un système qui accumule les alertes plus vite qu'il ne protège les enfants", a réagi sur Instagram le collectif MeTooEcole. Pour Élisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, le premier à avoir rassemblé des témoignages de familles et dénoncé les violences commises sur les enfants durant le temps du périscolaire, il s’agit également d’un dysfonctionnement dans le recrutement des animateurs. "Un premier point de bascule remonte à 2013, avec la réforme des rythmes scolaires, qui a engendré un besoin énorme de nouveaux animateurs, et ce besoin n’a pas été anticipé. Il n’y avait pas les candidats en face. Et puis cette fonction n’est pas considérée comme un métier. Le diplôme minimum demandé, c’est le Bafa, le Bafa, c’est huit jours de formation ! Ce sont des postes à temps partiel, les horaires sont morcelés, c’est mal rémunéré, tout cela augmente le risque de recrutements problématiques, sans vérification d’antécédents et sans encadrement suffisant", avait-elle expliqué à Aleteia en mars, plaidant pour que le métier d’animateur soit professionnalisé, revalorisé et contrôlé. 

Alors que le garde des Sceaux Gérald Darmanin est pris dans une polémique depuis le meurtre de la petite Lyhanna dans le Gers, le maire de la capitale a appelé à "ouvrir d'urgence un débat national sur les violences faites aux enfants", qui "engage l’État, la justice et l’ensemble des institutions de notre République". "Il y a eu des défaillances collectives dans l'affaire Lyhanna, qui ne peut pas traduire uniquement une défaillance individuelle", a-t-il déclaré, regrettant une "pénurie de moyens" pour les magistrats, ainsi qu'un "problème structurel de minoration" de ces violences. L'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, qui a présenté plusieurs fois ses "excuses" aux familles de victimes, a souligné par ailleurs avoir de son côté fait "amende honorable" sur sa "mécompréhension" d'affaires qu'il avait "traitées comme des cas individuels" quand il était aux affaires à l'Hôtel de ville.