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Aux Canaries, un cadeau tissé de foi pour Léon XIV

Le Pape célébrera une messe ce jeudi 11 juin à Grande Canarie, dans l'archipel espagnol des Îles Canaries, où des milliers de fidèles sont attendus pour l’accueillir. Pour l’occasion, des artisanes de la ville d’Ingenio ont réalisé à la main des ornements liturgiques spécialement confectionnés pour le souverain pontife.

5 min de lecture

Source: InformativosTvc / YouTube

L’Association des dentellières de la ville d’Ingenio a mis son savoir-faire au service d’un cadeau exceptionnel destiné au pape.

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Plus de 1.400 heures de travail, huit dentellières et deux couturières ! Lorsque le pape Léon XIV célébrera la messe au stade de Grande Canarie ce jeudi 11 juin, il sera vêtu de créations issues de plusieurs siècles de savoir-faire artisanal des Îles Canaries. En effet, l’aube, l’étole et le linge d’autel qui seront utilisés ont été cousus à la main spécialement pour le Pape par les membres de l’Association des dentellières de la ville d’Ingenio, à la demande du gouvernement de l'archipel.

Les dentellières et les couturières ont travaillé à leur réalisation depuis le mois de mars, consacrant des centaines heures d’un travail minutieux à la confection de ces ornements liturgiques. Toutes les pièces ont été réalisées selon la technique du "fil tiré", pratiqué dans la ville d’Ingenio, à l'est de l'île, depuis plus de deux décennies. Cet art de broderie aux motifs délicats, consiste à retirer certains fils d’un tissu tissé afin de créer des espaces ajourés réguliers, puis à relier les fils restants pour former des motifs décoratifs. Une technique ancienne utilisée dans plusieurs régions d’Europe pour embellir les tissus liturgiques.

La pièce la plus impressionnante est le linge d’autel, qui mesure environ 2,40 mètres de large sur 3,35 mètres de long. Comme l’aube et l’étole, il est orné d’un délicat travail de blanc sur blanc. Ainsi, le linge d’autel est orné à la fois d'une croix et de symboles issus de l’histoire préhispanique des Îles Canaries. Ces derniers s’inspirent des pintaderas, des motifs géométriques complexes utilisés sur des tampons en poterie par les premiers habitants de l’archipel, venus à l’origine d’Anatolie, l’actuelle Turquie, en passant par l’Afrique du Nord. Une pintadera triangulaire et une autre circulaire encadrent la croix présente sur le linge d’autel.

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L'aube, l'étole et le linge d’autel ont été confectionnés selon la traditionnelle technique du "fil tiré".

Mgr José Mazuelos, évêque du diocèse des Îles Canaries, espère que le pape Léon XIV acceptera de laisser le linge d’autel dans l’archipel après sa visite. Ému par le travail accompli par les artisanes locales, il a confié à COPE connaître "le temps, le dévouement et l’amour" investis dans cette œuvre exceptionnelle par les artisanes locales, et souhaiter qu’elle puisse être conservée dans la cathédrale "pour l’histoire".

La dentelle de l’aube présente quant à elle un motif appelé en espagnol puerta de iglesia, traduit littéralement par "porte d'église" en français, couramment utilisé pour les ornements ecclésiastiques. Les dentellières ont consacré 15 heures à séparer les fils d’un tissu particulier acheté à Madrid avant de commencer le travail de broderie. L’ensemble est complété par une étole personnelle, sur laquelle le nom "S.S. Papa León XIV" ("Sa Sainteté le pape Léon XIV") a été brodé en blanc sur blanc. L’étole présente également d’autres motifs ajourés.

Une foi populaire toujours vivante

Catholiques à 76,6 %, les habitants des Îles Canaries ont hérité de plus de six siècles de présence espagnole depuis la conquête de l’archipel entre 1402 et 1496. Lors de la messe célébrée par le pape Léon XIV à Grande Canarie, l’image miraculeuse de la Vierge du Pin, patronne de l’île, sera présente dans le stade. Selon la tradition, cette statue du XVe siècle aurait été découverte au sommet d’un pin le 8 septembre 1492 par le premier évêque de Grande Canarie. Recouverte de bijoux et couronnée d’or, cette représentation de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus attire encore aujourd’hui de nombreux pèlerins à la basilique de Teror, venus prier et demander des guérisons.

La messe accueillera également l’un des objets de dévotion les plus précieux des Îles Canaries : le Saint Christ du Teide, venu de l’île de Tenerife. Ce grand crucifix, qui aurait été réalisé à Anvers en 1514 avant d’être acheminé en cadeau par Venise, Barcelone puis Cadix, est monté sur une croix en argent ciselé ajoutée en 1630. Vénérée depuis des siècles dans l’archipel, cette représentation du Christ est portée en procession chaque 14 septembre, à l’occasion de la fête de la Sainte-Croix. Ainsi, des milliers de fidèles venus de tout l’archipel, mais aussi d’Espagne continentale, sont attendus pour la messe.