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Un premier mariage au Mont-Saint-Michel en mille ans… vraiment ?

3 min de lecture
ABBATIALE-MONT-SAINT-MICHEL

Crédit : Shutterstock

Abbatiale du Mont-Saint-Michel.

Présentée sur les réseaux sociaux comme un mariage d’exception célébré dans l’abbatiale du Mont-Saint-Michel, l’union de Ming Xi et Mario Ho début juin a suscité de nombreuses réactions. Si le lieu a pu être privatisé dans le cadre de sa gestion patrimoniale par l’État, il ne s’agissait ni d’un mariage religieux ni d’une célébration liturgique. Explications.

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Les images, dignes d'une couverture de magazine Vogue, ont inondé les réseaux sociaux en quelques heures. Un couple de milliardaires chinois, Ming Xi et Mario Ho, a célébré son union lundi 1er juin en Normandie, dans l'église abbatiale du Mont Saint Michel. Les photographies époustouflantes de ce luxueux événement laissent bouche bée : dans l'église, un parterre de fleurs féerique donne une impression d'irréel, comme s'il s'agissait d'images générées par intelligence artificielle. Mais pas d'IA cette fois : la mannequin Ming Xi – particulièrement célèbre en Chine pour avoir défilé pour de grandes maisons, de Givenchy à Balmain en passant par Victoria Secret – a bel et bien jeté son dévolu sur l'abbatiale pour célébrer son "mariage" avec Mario Ho, entrepreneur et héritier des casinos de Macao. Sur les réseaux comme dans les médias, cet épisode glamour est présenté comme "le" mariage de l'année, d'autant plus exceptionnel qu'il serait le seul à avoir été célébré dans l'abbatiale du Mont Saint-Michel depuis... mille ans.

Une affirmation en partie vraie, qui présente cependant une certaine approximation, explique à Aleteia Don Pierre Doat, le recteur du sanctuaire. Aucun mariage catholique n’est autorisé dans une abbaye. "Dans le droit canonique, on ne célèbre pas de mariage en dehors des églises paroissiales", précise-t-il. Il n’y a donc effectivement jamais eu de mariage dans cette église, "tout d’abord, parce qu’on ne célèbre pas de mariage dans une abbaye, ensuite parce que le diocèse de Coutances n’exerce aucune juridiction dans l’église abbatiale", détaille le prêtre. Or, l’évêque du lieu ne peut autoriser, sauf à titre très exceptionnel, de célébrer une union dans une église qui n’est plus vouée au culte catholique.

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Un édifice géré par le Centre des monuments nationaux

Sur le plan institutionnel, l’abbatiale du Mont-Saint-Michel appartient à l’État français et est gérée par le Centre des monuments nationaux (CMN). Elle ne relève donc ni du diocèse ni du sanctuaire pour son usage événementiel. Dans ce cadre, l’État peut autoriser des événements culturels ou privés dans l’abbatiale, comme des concerts ou des privatisations exceptionnelles.

Dans le cas présent, l’événement organisé par le couple — dont la location de l’abbatiale pour trois heures est estimée autour de 3.000 euros TTC selon les tarifs du CMN — ne peut donc pas être considéré comme un mariage religieux au sens de l’Église mais plutôt comme une cérémonie laïque. Aucun prêtre n’était d’ailleurs présent, remplacé par un officiant en civil. Le couple est marié civilement depuis juillet 2019.

Au-delà des questions juridiques ou canoniques, l'événement a suscité de nombreuses réactions en ligne, notamment parmi des catholiques attachés à l'histoire spirituelle du Mont-Saint-Michel. Si l'abbatiale n'est officiellement plus affectée au culte et relève aujourd'hui de la gestion de l'État, elle demeure pour beaucoup bien davantage qu'un simple espace patrimonial.