separateurCreated with Sketch.

Quand laisser son enfant faire sa première soirée pyjama ?

Quand laisser son enfant faire sa première soirée pyjama ?

Avant de se demander si un enfant est assez grand pour participer à une première soirée pyjama, il est important de s’assurer qu’il sera accueilli dans un environnement sûr, bienveillant et digne de confiance.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Anna Ashkova - publié le 08/06/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
La question de la première soirée pyjama revient souvent chez les parents, notamment lorsque les enfants grandissent et commencent à être invités chez des amis. À quel âge dire oui ? Et surtout, dans quelles conditions ?

C’est souvent à l’école primaire que surgissent les premières invitations à dormir chez des amis. Les parents entendent alors fréquemment leurs enfants se plaindre : "Joseph a déjà dormi chez Gabriel... et moi, je n’ai pas encore fait de soirée pyjama !" Si les soirées pyjama font souvent l’unanimité chez les enfants, chez les parents, les avis divergent. Certains estiment que cela peut commencer dès le CP, d’autres préfèrent attendre que l’enfant soit prêt affectivement, tandis que les derniers refusent catégoriquement toute invitation à dormir chez des amis. Pour la psychologue et psychothérapeute Véronique Lemoine Cordier, la question n’est pas seulement celle de l’âge ou de la maturité de l’enfant, mais avant tout celle du cadre de confiance dans lequel il est accueilli.

La confiance avant tout

"Ce sont surtout la sécurité et le cadre de confiance qui doivent primer sur tout le reste. Avant de dire oui à une soirée pyjama, il faut connaître véritablement la famille chez qui on laisse son enfant passer une nuit. Si l’on n’est pas certain, il vaut mieux éviter ces soirées quel que soit l’âge", assure la spécialiste, qui estime que, dans l’idéal, ce type de nuit chez des amis ne devrait pas se faire avant 10 à 12 ans. Selon elle, le fait qu’il s’agisse d’un camarade d’école ne suffit pas à garantir la connaissance réelle des parents. "Une relation de confiance solide se construit dans le temps : échanges en dehors de l’école, dîners partagés ou encore connaissances communes. Sans cela, il est difficile d’évaluer l’environnement dans lequel l’enfant sera accueilli". Cela permet également de se rassurer sur certains points comme les règles de la maison, la gestion des écrans, les habitudes éducatives ou encore les consignes spécifiques concernant les enfants.

Caroline, mère de trois enfants âgés de 8 à 18 ans, témoigne de cette approche : "Pour mes trois enfants, je les ai généralement laissés dormir chez des copains à partir du CP, donc environ 6 ans. Je dis oui uniquement si je connais bien les parents et que j’ai confiance", explique-t-elle, ajoutant qu’elle n’hésite pas à aborder les questions organisationnelles en amont des soirées pyjama. Si elle reconnaît que cela peut paraître excessif au regard de certains faits divers, elle estime que la confiance reste essentielle : "Si on fait confiance à la famille qui accueille, cela ne peut être que bénéfique pour les enfants. Ils sont tellement contents d’aller dormir chez les copains/copines, ça les fait grandir aussi de s’éloigner un peu du foyer."

Il est important de rappeler simplement à l'enfant que s’il se passe quelque chose qui le choque, le met mal à l’aise ou l’étonne, il doit en parler.

Même constat du côté de Pauline, mère de Nina, 5 ans. Si sa fille n’est encore jamais allée dormir chez des copines, elle a en revanche déjà accueilli une enfant chez elle cette année. "Je suis amie avec sa maman depuis trois ans, nous faisons souvent des sorties ensemble, des déjeuners, ils sont déjà venus chez nous et vice versa. Si ce n’était pas ainsi, je n’aurais pas accepté, et mon amie non plus", précise-t-elle.

À l’inverse, pour d’autres parents, la question ne se pose même pas. Julie, mère de trois enfants de 3 à 9 ans, tranche clairement : "Mes enfants n’ont jamais dormi chez des amis, et je ne pense pas que cela arrivera de sitôt. Mon aînée est déjà partie en colonie de vacances avec son école, mais c’était avec sa maîtresse et deux auxiliaires. C’est donc une expérience complètement différente." Et d’ajouter : "Certains trouveront peut-être cela excessif, mais je préfère être cette mère anxieuse qui a pris ses précautions plutôt que de regretter d’avoir fait confiance aux mauvaises personnes."

Maturité affective et gestion de la séparation

Autre point important avant de se lancer dans les soirées pyjama : la maturité affective de l’enfant. La capacité à gérer la séparation et à réagir en cas de malaise est encore en construction. "Certains enfants seront demandeurs mais pas suffisamment à l’aise affectivement ; dans ce cas, il peut arriver qu’au moment du coucher, ils demandent qu’on appelle les parents", prévient Véronique Lemoine Cordier, qui invite les parents à s’interroger sur l’angoisse de séparation. "Même si l’enfant ne semble pas en souffrir, cela peut apparaître dans ce type de situation."

Pour que ces expériences se déroulent dans de bonnes conditions, la psychologue insiste aussi et avant tout sur l’importance d’une éducation affective et sexuelle précoce, dès l’âge de 3 ans, et répétée régulièrement, car un enfant ne comprend pas les choses de la même manière à 3, 5 ou 10 ans. "Lorsqu’on laisse partir un enfant dans un endroit connu, mais surtout lorsqu’on connaît peu les personnes qui l’accueillent, il est important de lui rappeler simplement que s’il se passe quelque chose qui le choque, le met mal à l’aise ou l’étonne, il doit en parler. Il faut aussi lui dire qu’il ne doit pas être seul face à ce qui pourrait le déranger."

Christina, mère de Léon, 8 ans, illustre cette prudence. Même si elle n’autorise pas les nuits chez les amis pour son fils, elle a déjà été confrontée à une situation qui l’a marquée. "La dernière fois que Léon a été invité chez un ami avec d’autres copains, un ami de la mère du garçon était également présent. Ils ont eu une grosse dispute, que les enfants ont entendue", raconte-t-elle. Pour elle, son choix est clair : "Léon peut rejoindre ses copains pour la soirée et rester tard, mais il rentre dormir à la maison. Je vais le récupérer à un moment convenu. J’applique la même règle chez nous : les enfants viennent pour jouer ou le goûter, mais pas pour dormir."

Savoir dire non à son enfant

Toutes les invitations ne peuvent pas être acceptées. Refuser fait partie du rôle éducatif des parents, même si cela peut être difficile. Il est essentiel d’expliquer clairement la décision à l’enfant : "Je comprends que tu aies très envie d’y aller, mais comme nous ne connaissons pas suffisamment bien la famille, nous préférons que tu n’y dormes pas." Si une alternative peut parfois être proposée, comme aller dormir chez un cousin ou une cousine de confiance, elle ne doit pas être systématique. "L’enfant doit aussi apprendre que tout n’est pas toujours possible", rappelle Véronique Lemoine Cordier, pour qui ce choix repose avant tout sur une logique de protection et de cohérence éducative.

Ainsi, la première soirée pyjama ne dépend pas uniquement de l’âge de l’enfant, mais d’un équilibre entre confiance dans la famille d’accueil, maturité affective et cadre éducatif posé par les parents. Entre prudence, ouverture et expériences progressives, chaque famille construit ses propres repères, avec un objectif commun : la sécurité et le bien-être de l’enfant.

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)