Elles sont discrètes, actives ou contemplatives, mais partout présentes. Notre chroniqueur Jean-Étienne Rime, coordinateur de la Fraternité missionnaire des cités, regrette que les chrétiens ne prient pas davantage pour les religieuses, avec elles et comme elles.
Samedi dernier, j’assistais à une messe de mariage. Lors de la prière universelle une intention très juste demandait : "Donnez-nous de saints prêtres." Il faut prier pour les vocations en ce mois de juin des ordinations. On va beaucoup parler de l’engagement de ces jeunes hommes, des cérémonies seront annoncées, préparées, médiatisées et c’est très bien ainsi. Nous aurons la joie de recevoir ces prêtres, joie de prier pour eux et avec eux. Parlera-t-on de la même façon de ces jeunes filles qui prononceront des vœux dans un monastère, dans une congrégation ?
Les femmes oubliées
Religieuses ou laïques consacrées qui donnent leur vie, pleinement, avec un infini amour pour Notre Seigneur et pour les plus pauvres, les pêcheurs, les enfants et les jeunes. L’intention de prière de ce mariage avait oublié les femmes : "Donnez-nous aussi de saintes femmes consacrées, des religieuses zélées."
Certains vont qualifier cette chronique de féministe, je les vois déjà : j’assume. Car il faut le dire : ces femmes sont discrètes, si certaines évangélisent par leurs écrits, leurs témoignages dans les médias et les réseaux sociaux, la plupart d’entre elles travaillent et prient dans l’ombre, ce qui n’empêche pas une action incroyable auprès de leurs proches. Elles sont au service de Dieu à travers la vocation spécifique de leur ordre, elles prient et assurent un service humble et constant dans leur ville, dans leur couvent ou comme missionnaires dans le monde.
Trois visages
Je voudrais esquisser trois visages de ces religieuses. La première vit au Liban, a été dans l’obligation de quitter son couvent comme tous les habitants de cette région limitrophe d’Israël. Sœur Mariam n’a jamais cessé de s’occuper d’enfants et aujourd’hui encore, dans des conditions très difficiles, elle assure une présence, un service pour maintenir une vie sociale et la prière qui lui donne la force, avec ses sœurs, de continuer sans relâche à aider, consoler, accueillir. Prions avec elle.
Sœur Magda habite avec trois autres sœurs franciscaines dans une tour de La Courneuve, un habitat social qui accueille toutes sortes de familles, de toutes origines et subissant des pauvretés matérielles et morales aussi variées que graves. Elle prie avec constance, visite et console, réunit des femmes de toutes religions dans la chapelle de l’Emmanuel pour créer des espaces de paix. Prions pour elle.
Sœur Christine est carmélite, rien de spectaculaire dans sa vie cloîtrée. Son regard, son sourire rayonnent cette joie de vivre dans l’amour du Christ, à l’image de Thérèse d’Avila et de Thérèse de l’Enfant Jésus, de ses sœurs de Compiègne, dans cette tradition pluriséculaire de prière pour le monde. Prions comme elle.
D’autres roses fleuriront
Trois visages seulement, il en faudrait tant pour évoquer les centaines de congrégations œuvrant sur les cinq continents, pour honorer les milliers de femmes engagées dans la voie des grandes saintes que nous honorons. Nous avons besoin de ces vocations féminines dans notre France à la recherche de spiritualité, c’est tout aussi important que les engagements masculins mais trop souvent oubliés. Nous aimons prier les grandes saintes à commencer par Marie notre Mère qui est honorée à Lourdes, La Salette, Pontmain, Le-Puy-en-Velay et tant d’autres lieux. Nous prions sainte Jeanne d’Arc, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sainte Marguerite-Marie Alacoque, sainte Catherine Labouré, toutes ces saintes de France. D’autres roses fleuriront en France, d’autres saintes seront les modèles des générations futures et intercèderont au ciel pour les enfants des siècles à venir. Ces figures remarquables seront les vocations de demain, celles pour qui l’on prie aujourd’hui.
Un dimanche pour les vocations féminines
Les jeunes qui ont marché sur la route de Chartres, participé au "FRAT", qui sont engagés dans un patronage, dans le scoutisme, dans un mouvement d’évangélisation, tous ces jeunes et beaucoup d’autres sont des saints en puissance. Certains se marieront pour fonder des familles solides et profondes, d’autres s’engageront dans un célibat consacré, prêtres, religieux et religieuses. Prions pour ces vocations, prions pour de saints prêtres, n’oublions jamais les femmes et plus, fêtons-les.
Le dimanche le plus proche de la fête des saints Pierre et Paul est celui des ordinations. Pourquoi le dimanche le plus proche du 1er octobre, fête de sainte Thérèse de l’enfant-Jésus, ne soit pas celui où l’on fête les vocations féminines ? Une autre sainte peut être choisie — pas de concurrence ! —, honorons-les et prions pour les vocations.












