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De la conversion au don de rein, la belle histoire de Noah et du père José

L'histoire est digne d'un scénario à l’américaine. Un jeune converti dans une paroisse près d'Atlanta, en Géorgie (États-Unis) est devenu le donneur de rein de son curé, et si le secret médical n'a pas été gardé, c'est pour que la force de la prière puisse rayonner encore plus fort.

6 min de lecture

Source: Courtesy of Noah Zell

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L’histoire se passe en Géorgie, dans la petite ville de Jackson, une zone rurale au sud-est d’Atlanta, et pourrait faire l’objet d’un beau film à l’américaine, avec son incroyable scénario digne de Hollywood. Pour planter le décor, il faut déjà savoir que dans cette région du Sud, les Églises baptistes et autres Églises protestantes abondent mais la population catholique ne cesse de croître, soutenue par l’arrivée de retraités et par l’immigration en provenance d’Amérique latine. C’est ainsi que dans la paroisse catholique Sainte Marie Mère de Dieu, où l’histoire prend vie, le nombre de paroissiens ne cesse de grandir, et même de rajeunir, avec près de 350 familles. Les cours de catéchisme pour les jeunes, comme pour les adultes sont même "complets", du jamais vu, confie ainsi une paroissienne engagée. 

Présent dans cette paroisse depuis dix ans, le discret père José Kochuparampil, originaire d'Inde, est très apprécié. Il guide avec douceur ses paroissiens tout en souffrant d’une maladie rénale qui l’oblige depuis deux ans à effectuer une dialyse à domicile, quotidienne et contraignante, en attendant une transplantation, sans jamais se plaindre. Touchée par son histoire et son parcours, voilà qu'un jour, la fille d’un couple de la paroisse, qui travaille dans les médias locaux, décide de l’aider en concevant un prospectus pour donateur et en le publiant sur les réseaux sociaux. Rapidement, 26 personnes se manifestent — certaines issues de la paroisse, mais beaucoup venant d’autres paroisses de l’archidiocèse d’Atlanta ainsi que de diverses régions du pays — comme donneurs potentiels.

"Que ce don soit signe de ma gratitude"

Et voilà que le 12 novembre 2025, le père José reçoit un appel de l’hôpital: "Félicitations. Nous avons trouvé un donneur compatible pour vous". "Je ne m’attendais pas à cet appel et je ne savais pas quoi dire, mais j’ai juste demandé à l’hôpital s’ils pouvaient me dire qui était le donneur", confie le père José à Aleteia. "Ils m’ont répondu que c’était confidentiel, mais ont pu juste confirmer qu’il s’agissait bien de quelqu’un qui s’était inscrit via le QR code du prospectus imaginé par la paroissienne". L’opération est programmée pour le 5 décembre. Or le jeudi 20 novembre, soit pile huit jours après le coup de fil de l’hôpital, la messe de semaine est déplacée de midi au soir et voilà qu'une jeune famille se présente, le père, la mère et les deux filles, et demande à voir le père José. "Après la messe, ils sont entrés dans la sacristie et m’ont donné une carte", raconte le curé qui la tient encore précieusement dans sa main.

Et sur cette carte on peut lire:

"Je suis humblement honoré d’offrir mon rein pour vous, à l’exemple du sacrifice du Christ. En nous aimant les uns les autres comme Jésus nous aime (Jean 15:12) et en offrant mon corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu (Romains 12:1), cet acte Le glorifie et exprime mon amour pour notre Seigneur. Comme l’enseigne l’Église, la charité nous pousse à accomplir des œuvres de miséricorde qui édifient le corps du Christ (Catéchisme de l’Église catholique 1822 ; 2447). "Que ce don soit un signe de ma gratitude pour votre ministère et de notre unité partagée en Lui. "Avec amour et prière, signé "Noah Zell""

"Quand je l’ai lu, je suis resté figé", se souvient encore le père José. "Je ne savais pas quoi dire. Je les regardais simplement. Et après un moment, j’ai dit : “Merci” et j’ai serré Noah dans mes bras".

Garder un cœur ouvert

Le scénario continue avec un flash-back cette fois, l'histoire étonnante de Noah, le donneur. Né en Géorgie, Noah a été baptisé dans l’Église catholique alors qu’il était nourrisson, mais après le divorce de ses parents lorsqu’il avait quatre ans, il a été élevé comme protestant. "En grandissant, je me suis un peu éloigné de ma foi", raconte l’homme de 38 ans, qui travaille dans les technologies de l’information. "Puis j’ai rencontré Rachel. Nous avions tous les deux vécu des expériences similaires : nous éloigner de la foi, vivre dans le monde". Mais à la naissance de leur première fille, ils déménagent à Jackson et décident de se rapprocher d’une communauté chrétienne. Au départ dans une paroisse protestante, mais Noah se pose toujours plus de questions sur l’Église catholique, et le couple finit par s’inscrire au catéchisme pour adultes à la paroisse Sainte Marie. "C’est lors d’une de ces rencontres que nous sommes tombés sur le prospectus pour le père José et j’ai senti qu’il fallait que je remplisse le formulaire". La suite est désormais connue, Noah a été déclaré compatible et malgré ses quelques appréhensions médicales, a accepté l’intervention chirurgicale, notamment pour montrer l'exemple à ses filles. "Je me suis dit que c’était une bonne manière de leur montrer comment vivre notre foi". De son côté, c'est Rachel qui a insisté pour que son mari écrive au curé, pensant qu'il serait heureux de savoir que son donneur vient de sa paroisse.

Pour le donneur comme pour le receveur, la prière a été d’une importance capitale tout au long de cette expérience — et elle continue de l’être. Le père José confie ainsi que juste avant l’opération, il priait pour son donneur. "Je peux vous assurer de la puissance de la prière : le Seigneur me guérissait et la Sainte Vierge me gardait sous son manteau, car je n’ai jamais ressenti aucune douleur", se réjouit encore le prêtre de 66 ans. De son côté, Noah confie qu'il méditait cette phrase du Christ, "Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis". Depuis, les deux hommes vivent comme une famille, et partagent une même foi, gardant précisément dans leurs cœurs tout ce que la prière leur a apporté. Quant aux paroissiens, ils sont heureux de faire connaître cette histoire, et cette belle “happy end”.