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Comment aimer ses enfants sans les surprotéger ?

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Guillermo Dellamary - publié le 07/06/26
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<em>Élever des enfants est l’une des plus belles missions qui soient, mais aussi l'une des plus délicates. Comment les accompagner avec justesse sans tomber dans la surprotection ?</em>

Tous les parents veulent le bien de leurs enfants. Ils veulent les préserver de la souffrance, leur éviter les pièges de la vie et leur tracer un chemin sans embûches. Mais à force de vouloir trop bien faire, ne risquent-ils pas de faire à leur place ? Comment trouver le juste équilibre entre vigilance et liberté ?  

La surprotection définit souvent un excès de contrôle de la part du parent. Elle caractérise les parents dits “hélicoptères” qui planent constamment au-dessus de leur progéniture pour anticiper le moindre problème, la moindre chute, la moindre dispute. Ils les préservent de tous récits négatifs ou angoissants dans leur  propre famille ou dans le monde extérieur. Pourtant, en agissant ainsi, le parent envoie un message indirect à l’enfant : "Tu es trop fragile, tu ne peux pas savoir certaines choses” ou “Tu ne peux pas y arriver sans moi".

Pourquoi protège-t-on trop ? 

La surprotection prend souvent racine dans des peurs liées au monde contemporain hyper-connecté et anxiogène, dans lequel un grand nombre de  dangers potentiels existent. À cela peut s’ajouter des peurs liées à son propre vécu et au désir d’éviter les souffrances que l’on a connues dans son passé à ses enfants. Parfois, c'est aussi sa propre difficulté à voir grandir son enfant qui pousse à le surprotéger. 

La surprotection est teintée d'anxiété. Le parent surprotecteur anticipe les dangers, élimine les difficultés, intervient trop vite.  Il imagine les malheurs avant même qu'ils ne surviennent. Il surveille chacun de ses pas, résout chaque difficulté, évite tout inconfort. Ce qui semble être de l'attention peut alors se transformer en une cage de velours. L'enfant grandit protégé des difficultés, mais privé de la possibilité de mettre sa propre force à l'épreuve. 

Si l'intention de départ est purement bienveillante, les effets à long terme de la surprotection peuvent s'avérer contre-productifs. Privé d'obstacles, l'enfant ne développe pas ses propres défenses. Au contraire, il peut développer un manque de confiance en soi car si le parent fait tout, l’enfant ne se découvre pas capable. Cela peut aussi créer de l’anxiété car être trop protégé transmet l’idée que le monde extérieur est une jungle hostile. Sans compter qu’un enfant préservé de tout échec et frustration sera démuni face aux injustices et aux difficultés réelles de la vie adulte. 

Présence et surprotection : une frontière essentielle 

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Être présent et protéger son enfant ne signifie pas le surprotéger. La juste présence est calme et confiante. Elle dit à l’enfant : "Je suis là, tu peux essayer, tu peux apprendre." Elle soutient sans faire à la place, encourage sans empêcher l’effort, sécurise sans enfermer. Le parent attentif ne freine pas son enfant en anticipant des catastrophes, mais prépare le terrain pour qu’il puisse grandir avec plus d'assurance. Évidemment, protéger son enfant nécessite de poser des limites, dire non et guider l’enfant dans ce qu’il ne peut pas encore comprendre seul. Cependant, l’amour véritable n’évite pas tous les obstacles : il prépare à les traverser. L’amour véritable n’est pas de construire un bouclier autour de son enfant, mais lui apprendre à forger ses propres armes. 

Trouver le juste équilibre

Pour trouver un juste équilibre chaque parent peut prendre le temps de se demander d'où naissent ses réflexes éducatifs : Est-ce que j'agis par peur ? Est-ce que j’aide mon enfant à grandir, ou est-ce que je veux le protéger de toute difficulté ? Est-ce que ma réponse correspond à son besoin ou à mon inquiétude ? Les enfants ont besoin d’un cadre solide, mais aussi d’espace pour se développer. Pour cela il faut une bonne dose de lâcher prise. Prendre le risque qu’ils échouent est nécessaire pour leur apprendre  à se relever. Il est essentiel de favoriser l'autonomie pas à pas, de leur permettre de se tromper, et de les guider pour qu’ils se défendent eux-même dans certaines situations. Ainsi on passera de la figure du "sauveteur" à celle du "soutien". 

Aimer un enfant, ce n’est donc pas lui éviter toute souffrance. C’est l’accompagner pour qu’il découvre par lui-même qu’il est capable de faire face aux situations difficiles et l’aider à développer en lui les ressources pour avancer.

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