À première vue, le garage du presbytère n’est peut-être pas l’endroit où l’on s’attend à trouver une forme particulière d’accompagnement pastoral. Pourtant, pour Kevin Schroeder, prêtre américain de Chesterfield, dans le Missouri, c’est devenu un lieu de rencontre, d’entraide et d’évangélisation. Curé de la paroisse Incarnate Word depuis 2017, le père Kevin Schroeder a été ordonné prêtre en 2008. Aîné d’une fratrie de quatorze enfants, il a toujours aimé bricoler et réparer les objets considérés comme irréparables. C’était d’ailleurs un de ses passe-temps avec ses frères et sœurs : il aimait chercher des objets cassés et voir s’il était possible de leur redonner vie.
Réparer les objets et les âmes
C’est donc tout naturellement qu’après son arrivée à la paroisse de l’Incarnation, il a enseigné pendant environ quatre ans un cours optionnel de mécanique et de réparation à l’école paroissiale. Un jour, ayant besoin de matériel pour ses élèves, il a demandé aux paroissiens d’apporter des tondeuses à gazon et autres petits moteurs en panne pour que les enfants puissent s’exercer. Peu à peu, les gens ont commencé à lui demander de jeter un œil à leurs machines, et c’est ainsi qu’est né son petit atelier de réparation paroissial, appelé Lazarus Small Engine Repair, en clin d’œil à la résurrection de Lazare. "Lazare est ramené à la vie et réintégré dans sa communauté ; c’est un peu ce que je souhaite pour ces objets : qu’ils retrouvent une nouvelle vie et reprennent du service, comme tondre la pelouse et entretenir les jardins", explique le père Schroeder dans une vidéo partagée par le diocèse de Saint Louis.
Le prêtre consacre généralement une journée par semaine à la réparation et estime avoir remis en état environ 400 appareils depuis 2017. Ses "clients" sont principalement des paroissiens, mais la réputation de ce prêtre-mécanicien atypique s’est également étendue aux voisins, amis et collègues. Ainsi, en réparant des appareils en panne, il rencontre des personnes qu’il ne croise jamais à l’église et en profite pour leur parler de Dieu. Le père Kevin raconte avoir aussi été sollicité par des veuves qui, après le décès de leur mari, ne savaient pas quoi faire des affaires de ce dernier.
Le garage du presbytère devient alors un lieu d’échanges profonds. "Je discute un peu avec eux, et vous découvrez leur histoire : "J’allais à l’église catholique, à l’école catholique...", dit-il. "C’est vraiment informel, ils parlent autant ou aussi peu qu’ils le souhaitent. Certains veulent parler de leur passé ou de leurs questions spirituelles. Et s’ils veulent simplement que je les aide à charger leurs affaires et à reprendre la route, j’espère qu’ils auront le sentiment que l’Église s’est bien occupée d’eux."
L’histoire du père Kevin Schroeder montre qu’il n’est pas nécessaire de grands discours pour prêcher ; parfois, une main tendue peut suffire : "Comment puis-je vous aider ?" Et dans son cas, la réponse prend une forme très concrète : "Apportez la tondeuse, je vais jeter un œil." Et c’est là que réside toute la beauté de sa mission. Dans un monde où tant de choses sont jetées trop vite — objets, relations, parfois même des personnes —, il rappelle qu'en Christ, il y a toujours place pour une vie nouvelle, même là où, à première vue, rien ne semblait pouvoir être réparé.









