Laurence Bohec est issue d'une famille de culture catholique, mais où la pratique religieuse est quasiment absente. "Nous étions même plutôt des bouffeurs de curés", confie-t-elle avec humour. Étudiante, elle fréquente une aumônerie, mais pour elle, Jésus, Bouddha et la Vierge Marie se situent sur un même plan spirituel. Peu à peu, elle s'intéresse au New Age, aux énergies et au Reiki. À cette époque, elle rencontre aussi beaucoup de difficultés dans sa vie personnelle. "J'ai eu un divorce fracassant et une vie assez dissolue. Quand je regarde cette période, j’ai l’impression d’être la Samaritaine près du puits", raconte-t-elle. "Mais un jour, Jésus arrive dans votre vie et il change tout."
Le début de sa conversion à Boulaur
En 2009, des amis la convainquent d’aller avec eux à l'abbaye de Boulaur, dans le Gers. Là, elle rencontre des religieuses et un entretien avec la mère abbesse la bouleverse profondément. Un an plus tard, Laurence retourne à l'abbaye de Boulaur. Alors qu'elle se tient au fond de l'église, près du tombeau de Claire de Castelbajac, elle vit une expérience spirituelle très forte pendant la messe. "Au moment de l’Eucharistie, j'ai vraiment senti Jésus qui me prenait dans les bras. À partir de ce moment-là, j'ai senti l'amour de Jésus", confie-t-elle à Aleteia.
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Cette expérience marque un tournant dans la vie de Laurence. "J'ai une formation universitaire, je suis cartésienne. Mais cette expérience m'a complètement bouleversée et j’ai pleuré pendant la moitié du trajet du retour. C'est ainsi qu'a commencé mon chemin de conversion." Comme beaucoup de convertis, elle découvre ensuite un chemin jalonné de joies et de combats. Elle fait des rencontres merveilleuses, se sent accompagnée, parfois elle perd aussi des amitiés… "La conversion, c'est un peu les montagnes russes", résume-t-elle. "Tout passe à la lumière du Christ. Se rapprocher de l'amour de Jésus purifie beaucoup de choses."
Ensuite, les retraites se multiplient : à Boulaur, au Mont-Saint-Michel avec la Fraternité de Jérusalem, à Montligeon avec la Communauté Saint-Martin… Elle trouve un accompagnateur spirituel, participe à la messe, découvre la confession et approfondit sa vie de prière. Sa vie connaît un revirement total.
Quand le théâtre devient un chemin vers Dieu
Autrice et metteuse en scène, Laurence Bohec reçoit un jour la mission d'écrire une pièce de théâtre sur Claire de Castelbajac, destinée aux jeunes de la Communauté de l'Emmanuel. D'autres pièces suivront, consacrées à différentes figures spirituelles et à chaque création, sa foi s’approfondit. En 2024, elle découvre sainte Marguerite-Marie Alacoque. Après un premier petit spectacle consacré à la sainte, elle propose à son producteur d'adapter le livre Sainte Marguerite Marie et moi de Clémentine Beauvais, descendante de la sainte, agnostique et non baptisée. Le projet est accepté.

"Avant le premier spectacle, je pensais qu'elle devait être bien mignonne et que ce projet ne me prendrait pas beaucoup de temps. Puis j'ai commencé à lire sa vie et j'ai entamé un travail un peu plus complexe que je ne l'imaginais", raconte-t-elle. En approfondissant l'histoire de la mystique de Paray-le-Monial, Laurence a l’impression de se convertir à nouveau. "Cela a bougé quelque chose en moi. Je pense que dans la vie, il y a parfois des avancées spirituelles plus importantes, et celle-là en fait partie pour moi."
Cette rencontre la conduit notamment à se rapprocher de l'adoration eucharistique. "Marguerite-Marie m'a vraiment amenée à cela", reconnaît-elle. La sainte lui apprend également à faire confiance et à accueillir la part de mystère de sa vie , sans chercher toujours à tout comprendre. "Au début, je me souviens avoir demandé à un prêtre si c'était un péché de douter des apparitions de Marguerite. Réponse non ! Ouf !", se souvient-elle en riant. "Aujourd'hui, j'ai appris à lâcher cette nécessité de tout analyser tout le temps. Il existe une part d'extraordinaire que je ne peux pas comprendre, et j'accepte désormais que ce soit complètement mystérieux."
Jésus choisit souvent les petits
Ce qui touche particulièrement Laurence, c'est que Jésus choisit souvent les petits et les plus fragiles. "Sainte Marguerite a été maltraitée, rejetée. La seule personne avec qui elle avait un beau lien était son père, mais il meurt. Ensuite, sa vie devient un enfer. Ses tantes et sa grand-mère la maltraitent, la battent." Pour Laurence, ce qui est magnifique, c'est que Jésus vient lui parler à elle. Il vient voir les petits. "Elle découvre qu'elle est aimée", poursuit-elle. "Cela parle à tous ceux qui souffrent, à ceux qui n'osent pas s’affirmer, à ceux qui n’ont pas de place. C'est beau de rappeler que Jésus leur parle en premier."
D’ancienne militante féministe, attirée par la spiritualité New Age à enfant de Dieu, Laurence Bohec mesure aujourd'hui le chemin parcouru. À travers les saints qu'elle a mis en scène, et particulièrement sainte Marguerite-Marie Alacoque, elle découvre et fait découvrir un Dieu qui choisit souvent les plus petits pour manifester son amour. Une conviction qu’elle résume en s’appuyant sur les paroles du Christ : "Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux" (Mt 18, 3-4).
Pratique
Paris 15ᵉ – Église Saint-Antoine de Padoue : vendredi 5 juin
Boulogne-Billancourt – Église Sainte-Cécile : dimanche 14 juin












