Ils ont moins de 30 ans, n’ont pas connu le monde sans Internet et débarquent sur le marché du travail avec leurs attentes et leurs revendications. L’importance qu’ils accordent aux loisirs et au bien-être personnel les fait parfois passer pour égoïstes et fainéants. Mais lorsqu’on s’intéresse à leurs motivations, il apparaît souvent qu’il s’agit moins de paresse que d’une volonté de préserver leur équilibre et de consacrer davantage de temps à ce qu’ils considèrent comme essentiel. Et si, au lieu de la critiquer, on s’inspirait des intuitions, des attentes et de la quête de sens de la Gen Z ?
1L’équilibre de vie
Qui n’a pas bondi en entendant un jeune pro fraîchement arrivé dans l’entreprise expliquer simplement : "Je ne peux pas, j’ai piscine ce soir" à son chef qui lui réclame de clôturer un dossier en urgence ? La Gen Z est souvent décriée pour son manque d’engagement au travail. Mais à en écouter certains, il s’agit moins d’un manque d’engagement que de la volonté de se protéger d’un modèle qui mènerait tout droit à l’épuisement.

La nouvelle génération a été hypersensibilisée à la santé mentale au travail et certains en nourrissent presque une véritable peur. "J’ai vu mon père, qui était médecin et qui ne comptait ni ses heures, ni ses patients, se tuer à la tâche, revenir épuisé à la maison, et ne pas avoir le temps de profiter de sa famille, ce modèle ne me fait absolument pas envie", confie Édouard, 28 ans, ingénieur dans une entreprise d’informatique. Même réflexe chez Claire, 25 ans, responsable des réseaux sociaux dans une agence de communication : "Dans mon précédent travail, tous les soirs, il y avait quelque chose qui faisait que le boulot prenait toute la place, des événements, des séminaires, des dossiers à boucler, des dîners à honorer… j’ai changé de boîte et depuis je me préserve en étant intraitable avec les horaires", raconte-t-elle.
La Gen Z invite à redonner au travail sa juste place.
Au-delà de l’épuisement, ils ont aussi cette intuition que dans la vie, "il n’y a pas que le travail". C’est ce que confie Constance, 24 ans, étudiante en journalisme, qui, parallèlement à ses études, s’épanouit dans une chorale et une troupe de théâtre. "C’est important pour moi de trouver un équilibre", assure-t-elle. La génération Z accorde une importance particulière à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, là où les générations précédentes ont peut-être trop tiré sur la corde, au détriment de leur santé et de leur vie familiale. Elle invite ainsi à redonner au travail sa juste place.
2La recherche de sens
La Gen Z a également besoin de trouver du sens à son travail, ce qui génère parfois des contrats rompus aussitôt signés ou des exigences que le marché du travail a du mal à satisfaire. Constance abonde : "J’ai besoin que mon métier ait du sens, quitte à gagner moins. Je vois tellement de gens qui n’aiment pas leur travail et qui ne sont pas heureux !"

"On se pose des questions sur le sens des choses que les générations précédentes ne se posent pas forcément", confie Pierre, 30 ans, traffic manager (expert de la fréquentation des sites Internet) au sein d’une startup. Et il raconte cette anecdote qui illustre parfaitement combien la Gen Z a besoin de connaître le sens des choses. Alors qu’il se promenait en Normandie, il a rencontré une femme assez âgée qui travaillait depuis 40 ans dans les champs de chanvre. Elle était incollable sur la manière d’arracher la plante, elle savait que le chanvre était transformé en textile dans l’usine voisine et servait à confectionner des vêtements, mais elle n’avait jamais visité l’usine ni vu les produits finis. "Elle ne s’est jamais posé de question sur la finalité de son travail, elle n’est pas allée voir le fruit de son labeur, c’est juste impensable pour quelqu’un de notre génération !", s’exclame Pierre. Un état d’esprit dont on peut louer la curiosité et la cohérence de vie.
3La quête de transcendance
Une recherche de sens qui les mène, pour certains, à une rencontre avec Dieu. Et cela n’a rien de surprenant. Lorsqu’on se demande d’où on vient et où on va, et que l’on creuse un peu, la religion catholique offre des réponses à ces questions. Le 29 juillet dernier, en marge du Jubilé des jeunes, le pape Léon XIV avait reçu près de 600 jeunes catéchumènes et néophytes, et s’était réjoui de voir "des jeunes qui s’engagent dans la foi et veulent donner un sens à leur vie, en se laissant guider par le Christ et son Évangile". "Une recherche renouvelée de Dieu s’exprime notamment parmi les jeunes, et cette recherche rencontre parfois l’Église catholique", constatait à cette occasion le père Roberto Regoli, président de la Fondation Ratzinger-Benoît XVI.

"J’ai toujours eu la conviction qu’il y avait quelque chose de plus grand que nous", confiait Vera, 27 ans, qui a reçu le baptême à Pâques l’année dernière. Élevée par des parents très éloignés de la religion, elle décide d’aller au fond des choses lorsque son fiancé la demande en mariage, en lui exprimant le souhait que cela puisse se faire à l’église : "Pas question de me marier à l’église sans en comprendre le sens !", explique-t-elle. Une démarche qui l’a conduite au baptême. De là à dire que cette quête de sens, propre à la Gen Z, explique le boom de catéchumènes observé depuis trois ans, il n’y a qu’un pas ! Surtout lorsqu’on sait que la plus forte proportion des nouveaux baptisés (42%) a entre 18 et 25 ans (selon l'enquête de la CEF) !








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