929. C’est le nombre de personnes sans-domicile fixe décédées en 2025. Un chiffre recensé par le Collectif "Les Morts de la Rue" qui leur a rendu un hommage ce 2 juin 2026.
Bilan provisoire
"C’est un décompte provisoire, que nous allons consolider et dont le bilan final sera publié à la Toussaint 2026", explique Adèle Lenormand, coordinatrice de l’équipe épidémiologique de l’association. Un nombre supérieur à celui de 2024, établi à 912 décès. "Ce chiffre augmente d’années en années depuis 2012, date du début de notre recensement. Cette année-là le chiffre était de l’ordre de 480 personnes sans-abri décédées. Ça a donc doublé. On observe aussi une plus grande part de personnes âgées mortes dans la rue." Un phénomène qu’Adèle Lenormand ne peut parfaitement expliquer mais lié, selon elle, à la hausse des expulsions locatives. "Les dispositifs d’aides à ces populations sont de plus en plus restreints à cause de la baisse des moyens alloués. Forcément, ça se répercute sur l’état de vie des personnes les plus vulnérables."
Fourchette basse des estimations
Pour estimer le nombre de personnes sans-abri décédées, le Collectif est en lien avec une cinquantaine d’associations, grandes et petites, qui couvrent tout le territoire métropolitain et ultramarin. Sont aussi sollicitées les paroisses, à Paris notamment, qui rassemblent un réseau informatif fort concernant les personnes sans-abri, à travers des actions type hébergements d’urgence et hiver solidaire. "Un chiffre non exhaustif", précise Adèle Lenormand. "Les structures n’ont pas forcément connaissance de notre existence. Ce nombre représente donc la fourchette basse des personnes sans-abri décédées en 2025." À noter également que cet indicateur comprend des personnes mortes dans des "lieux d’habitation" divers : sur la voie publique mais aussi dans des hébergements d’urgence institutionnels, des logements appartenant à des proches, des squats ou des hôpitaux. Le bilan définitif qui paraîtra à la Toussaint 2026 sera accompagné d'une analyse des profils des personnes mortes et des causes de leur décès.
Féminisation des "morts" de la rue
Ces personnes, âgées en moyenne de 50 ans - du plus jeune, un bébé de 11 jours retrouvé mort à Bron (Rhône), à la plus âgée, une femme de 88 ans hébergée chez un tiers - ont vécu dans des "lieux non faits pour l'habitation ou en hébergement d'urgence ou temporaires" durant les trois derniers mois avant leur décès. Sur ces 929 décès, 83% étaient des hommes. "En 2012, on comptait 92% d’hommes sans-abri décédés. Il y a donc une légère féminisation des "morts" de la rue", révèle Adèle Lenormand. Parmi ceux-ci figuraient 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents entre 15 et 18 ans.
Cérémonie hommage
Le 2 juin 2026, comme tous les ans, le Collectif "Les Morts de la Rue" a rendu hommage à ces 929 personnes lors d’une cérémonie dans le 5e arrondissement de Paris, avant une prise de parole d’élus et de militants associatifs. "Une manière de les honorer dignement, souligne Adèle Lenormand. Certaines communes peuvent potentiellement rendre hommage à ces personnes avec des funérailles à l’initiative du maire. Mais c’est rare." Les noms, âges, dates et lieux du décès de chacun de ces "sans chez-soi" ont été égrenés par le Collectif.
Il est difficile de connaître précisément le nombre de personnes sans domicile fixe en France : elles seraient environ 350.000 selon la Fondation pour le Logement. La dernière évaluation officielle de l'Insee, qui remonte à 2012, estime leur nombre à 142.000. L'Institut national de la statistique a depuis mené une nouvelle enquête pour le mettre à jour, dont les résultats seront dévoilés fin 2026.










