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Pillages et désolation au pays de Jeanne

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Jean-Étienne Rime - publié le 01/06/26
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Alors que l'Église commémorait la fête de sainte Jeanne d'Arc samedi 30 mai, des bandes de pillards se déchaînent pour tout casser sur leur passage. Qui faut-il plaindre ? se demande notre chroniqueur Jean-Étienne Rime.

En commençant cette tribune, j’hésite entre deux thèmes. Vais-je évoquer sainte Jeanne d’Arc que nous fêtions ce samedi 30 mai ou le Liban, triste Liban ? Aucun rapport entre les deux sujets. Commençons par la jeune Lorraine du XVe siècle. Elle a sauvé la France de son temps, elle a unifié le pays déchiré par une guerre lointaine, elle a donné de l’espérance aux peuples en mettant sur le trône de France un roi légitime. Nous connaissons tous l’histoire et rêverions de la voir revenir quand notre pays oscille entre désolation et réussites. 

Qui doit-on plaindre ?

Désolation. Ce samedi de fête aurait dû n’être que joie d’une victoire européenne et nous avons assisté à des scènes inconcevables de pillage sauvage. Paradoxe incompréhensible, les Lensois ont gagné la coupe de France de football, ce fut la joie, les rugbymen de l’Union Bordeaux-Bègles ont aussi gagné une coupe d’Europe — et avec la manière — ce fut la joie populaire dans les rues, place des Grands-Hommes et allées de Tourny qui sont les Champs-Élysées bordelais. Las, à Paris pillages et violences ont enflammé cette nuit de mai. 

Pourquoi tant de violence, pourquoi ce tel degré de haine, de méchanceté gratuite, de stupidité manifeste ?

Qui doit-on plaindre ? Les forces de l’ordre, oui, sans aucun doute, qu’on envoie au casse-pipe et dont plusieurs gendarmes et policiers reviennent blessés, meurtris par les délinquants. Les victimes de saccages ? Dans la désolation de constater la casse et la dégradation de leur outils de travail, elles vont devoir payer les dégâts avec les conséquences économiques et morales. Et les casseurs ? Je les plains aussi, non pour les faits qui sont impardonnables, épouvantables, condamnables. Je les plains de leur état de vacuité mentale parce qu’il faut se poser la question du pourquoi. 

La question du pourquoi

Pourquoi tant de violence, pourquoi ce tel degré de haine, de méchanceté gratuite, de stupidité manifeste ? Si l’analyse précise des causes n’est pas du ressort de cette tribune, on peut cependant sans se tromper affirmer qu’il s’agit d’une grave lacune d’éducation. La faillite de l’école, du collège, de l’université, la faillite aussi des familles ont laissé des jeunes, des très jeunes sans guide, sans règle, sans autres appétences que l’argent, la consommation de biens ou de substances interdites. Ces casseurs portent les stigmates d’une société tolérante et lâche qui a perdu ses valeurs éducatives, son sens de l’exigence, du respect. 

Certains se battent pour "le fun", d’autres vivent un martyre dont ils n’entrevoient pas la fin. Regardons le Liban. Quelle honte de constater les querelles des Français loin de tout conflit, loin de toute terreur ennemie, affamées d’affrontements stériles.

Les élus de tous bords annoncent des mesures coercitives. Personne n’y croit. Il faut punir certes, mais aussi instruire ces délaissés de l’instruction, de l’éducation. Ils sont nombreux, trop nombreux et leur révolte peut se comprendre sans qu’on l’admette pour autant. Celle-ci se manifestera dans les urnes et dans la rue demain comme elle l’a déjà fait hier.

Deux jeunesses

Et Jeanne d’Arc dans tout cela ? Elle est un modèle de courage, elle a suivi résolument une direction guidée par une foi sans faille, une culture forte. Elle est un modèle pour les jeunes et beaucoup la suivent ; il suffit de regarder les vrais supporters de foot où les marcheurs de la Pentecôte manifestant leur joie laïque ou spirituelle comme l’a rappelé le père Benoist de Sinéty dans sa dernière chronique. Nous aurions donc deux jeunesses, l’une abandonnée et délinquante et l’autre dynamisée et forte. Nous avons une solution, une seule, celle d’une humanité formée, transmettrice de savoir-vivre et de savoir-faire, d’enseignants, de parents, d’animateurs responsables, engagés dans ce qui est le plus beau au monde : élever l’enfant, l’adolescent, le jeune ; lever, hisser, faire grandir.

Et voilà, une fois de plus le Liban oublié. J’ai parlé de ces actes français joyeux ou indécents, oubliant les 1,3 million de déplacés, les 3.300 morts d’une guerre subie. Certains se battent pour "le fun", d’autres vivent un martyre dont ils n’entrevoient pas la fin. Regardons le Liban. Quelle honte de constater les querelles des Français loin de tout conflit, loin de toute terreur ennemie, affamées d’affrontements stériles.

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