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La prière la plus courte…et la plus trinitaire

3 min de lecture
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Crédit : Philippe Lissac / Godong

Moines de l'abbaye de Keur Moussa (Sénégal).

La solennité de la Sainte-Trinité, ce dimanche 31 mai, est l’occasion de remettre en avant une prière qui puise ses racines dans la tradition hébraïque et qui a le mérite d’être très courte et d’honorer le Père, le Fils et le Saint-Esprit d’un seul élan.

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Les moines ont beaucoup d’habitudes rituelles qui peuvent étonner ceux qui fréquentent les abbayes. L’une d’elle est presque sportive, qui consiste, pendant la récitation des psaumes, qui occupe une bonne part de leurs offices quotidiens, à se lever à la fin de chacun d’eux pour réciter :

Gloire au père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

En latin, on l’appelle le Gloria Patri, et cette habitude de le dire à la fin des psaumes est attestée dès la fin du IVe siècle. Le père Guy-Georges Martimort, spécialiste de l’histoire de la liturgie, explique dans son Église en prière que la chose est apparue en Provence avant de se retrouver dans toutes les règles monastiques latines…jusqu’à aujourd’hui, et même dans la récitation de la liturgie des heures des prêtres, des diacres et de tous ceux qui la prient.

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Adorer Dieu en peu de mots

La même phrase est récitée à la fin de chaque dizaine de chapelet, comme une conclusion. Effectivement, il s’agit, en termes appropriés, d’une "doxologie", c’est-à-dire, au sens premier du grec, d’une "parole de gloire" adressée ici à Dieu en ses trois personnes, d’une parole de louange adressée au Père, au Fils et au Saint-Esprit. "Elle apporte, explique la Présentation générale de la Liturgie des heures à la prière de l’Ancien Testament [les psaumes] un sens laudatif, christologique et trinitaire." Autrement dit, cet ajout est une manière de tout rapporter au Père révélé en Jésus et communiqué dans l’Esprit.

L’usage est également de dire le "Gloire au Père" au tout début des offices, mais il vaut aussi pour lui-même, avec l’avantage de la concision. Peut-être pourrait-il d’ailleurs être plus répandu de le dire au long de la journée, pour rapporter activités et rencontres à Dieu. Alors que l'Église célèbre ce dimanche 31 mai la solennité de la Sainte-Trinité, cette courte prière offre une manière simple de redécouvrir le mystère du Père, du Fils et du Saint-Esprit et de l'honorer au fil de la journée. Ces quelques mots sont, en effet, l’essence même de la prière d’adoration, déjà présente dans la tradition hébraïque. Ils rappellent l’origine et la fin de toute chose, ils disent, sans attendre de retour, qu’à Dieu appartient la "gloire", le "poids" en hébreu, la valeur. C’est à lui que les créatures doivent rendre grâce.