Plusieurs roquettes sont tombées sur Marjayoun, ville à majorité chrétienne située au Sud-Liban, dans la nuit du 28 au 29 mai. Les tirs ont endommagé l’école des sœurs des Saints-Cœurs ainsi que l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges, classée au patrimoine historique libanais. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade, mais les dégâts ont profondément marqué les habitants de cette région déjà fragilisée par les tensions persistantes à la frontière sud du pays.
Les attaques s'inscrivent dans le contexte du conflit opposant le Hezbollah à l'armée israélienne, qui connaît une intensification régulière depuis plusieurs mois. Comme dans de nombreuses localités frontalières, les habitants de Marjayoun vivent au rythme des bombardements, des alertes et de l'incertitude quotidienne. "Cette zone est en ligne de front. Les habitants sont coupés du reste du pays, privés de ressources et menacés de disparaître", alerte Vincent Gelot, directeur Liban de L'Œuvre d'Orient, qui se dit "très inquiet pour cette région".

Selon un communiqué de L’Œuvre d’Orient, ces actes de guerre qui menacent directement les populations civiles et détruisent leurs lieux de vie, d’éducation et de culte, contribuent à pousser les familles restées sur place vers l’exode, alors même que beaucoup tentent de préserver une présence chrétienne historique dans cette région du Liban. "Les populations locales doivent pouvoir vivre en sécurité et rester sur leurs terres", rappelle l’association, qui appelle également à un retour rapide à la paix.
L’école des sœurs des Saints-Cœurs occupe une place centrale dans la vie locale. L’établissement accueille des élèves chrétiens, sunnites, chiites et druzes et avait déjà été touché durant la guerre civile libanaise. Pour Vincent Gelot, ces écoles représentent bien plus qu’un simple lieu d’enseignement. "Les écoles sont le ciment de cette région parce qu’elles accueillent des enfants de plusieurs confessions. Elles sont la raison de rester de ces familles. Si ces écoles viennent à fermer ou ne plus fonctionner, le risque, c’est que le village meure derrière", insiste-t-il.
À Marjayoun, où l'église Saint-Georges représente un symbole religieux et patrimonial majeur, l'émotion reste vive après cette nuit de bombardements. "Les gens sont au bord de la rupture parce que cela fait trois ans que cette région est en guerre", poursuit Vincent Gelot, qui craint que "ces bombardements qui touchent ces lieux de vie et de culte poussent à l’exode ce qu’il reste de chrétiens parmi les habitants". Au-delà des bâtiments touchés, c’est tout un héritage culturel, religieux et humain qui se retrouve aujourd’hui menacé par la poursuite des combats.










