La congrégation des sœurs vocationnistes a été fondée par le prêtre italien Justin Russolillo en 1921. Retourné à Dieu en 1955, don Giustino a été canonisé le 15 mai 2022 par le pape François, sous son nom de religieux, saint Justin-Marie de la Très Sainte Trinité. Son objectif était d’aider les vocations religieuses. En 1950, à la demande du cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, les "sœurs des divines vocations" arrivent en France. En 1960, elles prennent possession du couvent d’Aspet, village du piémont pyrénéen, dans le département de la Haute-Garonne. Elles y assurent un service d’infirmerie (en 1960, aucune infirmerie n’existait dans le village), de formation des jeunes filles du secteur et de soutien à la vie paroissiale.
Une vocation originale au service d’enfants en difficulté
À partir de 1970, la communauté prend une nouvelle direction. Les sœurs d’Aspet se consacrent désormais à l’éducation des enfants placés à la suite de parcours familiaux très difficiles. En 1978, elles obtiennent la reconnaissance et l’agrément des ministères de la Santé et de la Justice. Dès lors, leur couvent porte le nom "Maison d’enfants Sainte-Marie". Actuellement, celle-ci accueille 40 enfants âgés de 3 à 18 ans pour les filles, et de 3 à 10 ans pour les garçons.
En collaboration avec une quinzaine de laïcs, les religieuses accompagnent ces enfants dans un cadre éducatif et humain adapté à leurs parcours difficiles. Quotidiennement, elles sont présentes pour répondre à leurs besoins matériels, affectifs et spirituels. Les enfants logent et mangent à l’année dans la maison Sainte Marie. Ils sont scolarisés dans l’école publique du village.
Un rayonnement qui dépasse les frontières de l’Église
La communauté d’Aspet est composée actuellement de 10 religieuses dont 2 Italiennes, 2 Nigériennes et 6 Malgaches. À leur travail éducatif et social, elles joignent leur vie fraternelle et spirituelle. Les moments de prière sont pour elles source d’énergie dans leur action quotidienne. Il est à noter que ce sont des religieux vocationistes (branche masculine de la Congrégation) qui ont la charge pastorale de l’ensemble inter-paroissial de Saint-Gaudens dont dépend le village d’Aspet.

Sœur Marie-Virginie, originaire de Madagascar, parle de sa présence auprès des enfants comme un appel de Dieu : "Pour moi, cette mission d’éducation est un don du Ciel. Jésus lui-même dit que celui qui accueille un de ces petits en son nom, c’est Lui qu’il accueille." Quel est son quotidien auprès des enfants qui sont confiés à la communauté ? "J’essaye de les aider à grandir, de les écouter dans leurs petits chagrins, de les accompagner jour après jour, poursuit Sœur Marie-Virginie. Les enfants donnent la joie de vivre, ils m’apprennent la patience et la simplicité. Cela demande de la volonté, de la force mais une fois que je suis plongée dans la réalité, cette mission m’apporte la forte envie de continuer. Ces enfants, c’est la VIE."
Une gratitude indéfectible
Le travail des sœurs d’Aspet est unanimement reconnu et salué dans tout le Comminges, région du sud de la Haute-Garonne où se situe leur couvent. Il n’est pas rare que d’anciens pensionnaires de leur maison viennent offrir leur aide (cuisine et service des tables) à l’occasion de la kermesse annuelle et du repas organisés début juillet par les sœurs pour récolter des dons. Ce jour-là, il est fréquent de croiser, dans leur maison-couvent, des enfants qui n’y sont pas placés : ce sont les enfants des anciens pensionnaires qui gardent aux sœurs une gratitude indéfectible tant elles les ont marqués !









