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Obsèques du père Potez : de la “grave allégresse” à “l’allégresse éternelle”

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Mathilde de Robien - publié le 27/05/26
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Les obsèques du père François Potez, prêtre du diocèse de Paris décédé le 20 mai à l’âge de 71 ans, se sont déroulées ce mardi 26 mai à l’église Saint-Sulpice, à Paris. Habité, depuis sa maladie, par une "grave allégresse" à l’idée de rejoindre le Père, il est désormais entré dans "l’allégresse éternelle".

Une "grave allégresse". Une expression qui vient de lui. Un oxymore, pour être précis, puisque rien n’encourage à associer ces deux mots qui semblent, à première vue, contradictoires. Pourtant, c’est le sentiment qui l’habitait depuis sa maladie : une joie à l’idée de se blottir dans les bras du Père, mêlée à la gravité de quitter ce monde dans lequel il a tant œuvré et tant aimé.

Les obsèques du père François Potez se sont déroulées ce mardi 26 mai à l’église Saint-Sulpice, présidées par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris. Plus de 2.000 personnes se sont rassemblées en cette chaude après-midi de mai dans la plus grande église de Paris pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Environ 70 prêtres étaient présents, ainsi que sept évêques. Une messe de funérailles toute à sa ressemblance : une liturgie soignée, des chants qui annoncent la joie de l’au-delà, une homélie pleine de vie, et une foule nombreuse de proches, d’amis et de paroissiens venus lui rendre un dernier hommage.

Obsèques du père François Potez à Saint-Sulpice, le 26 mai 2026.

Des témoignages marquants

Une heure avant le début de la messe, l’église est déjà presque pleine. Anne, 46 ans, est venue de Lyon avec trois amies. Toutes sont des anciennes de l’Eau Vive. "À l’époque, j’étais une adolescente en colère, il a été pour moi comme un père, j’ai été vraiment nourrie par la spiritualité de l’Eau Vive, deux mots la résument : exigence et amour", confie-t-elle. Un peu plus loin, Hortense, la cinquantaine, nous raconte avoir reçu le sacrement des malades des mains du père Potez alors qu’elle était atteinte d’un lymphome. C’est lui qui lui a appris, en dépit de la souffrance, à tourner le regard vers la croix. "Le père François était doué d’une infinie bonté, on sentait qu’il tirait cela de sa proximité avec la Vierge Marie, cela le faisait rayonner", se souvient-elle.

À 15h30, au son de l’orgue, le cercueil du père François Potez franchit les lourdes portes de Saint-Sulpice, derrière une longue procession d’enfants de chœur, de prêtres et d’évêques. Des proches prennent la parole, à commencer par sa sœur, qui souligne combien le père François savait être à l’aise aussi bien dans des petites chapelles de montagne que sous les ors des églises parisiennes. "Ton rayonnement nous dépasse", avoue-t-elle, attribuant cela à la force de la foi.

Obsèques du père François Potez à Saint-Sulpice, le 26 mai 2026.

C’est ensuite au tour d’Alexandre de Lamarzelle de s’exprimer au nom de l’Eau Vive et de remercier le père François pour tout ce qu’il a été auprès des jeunes : "Vous avez été un père, un grand-père, un éducateur. Vous aviez ce don rare de parler aux jeunes en vérité", souligne-t-il, avant de laisser la parole au frère Marc de Pothuau, père abbé de l'abbaye d'Hauterive, en Suisse, ami du père François. Ce dernier, explique-t-il, lui a demandé de "dire un petit mot sur la paternité". Il est notamment revenu sur la manière qu’avait le père François de prendre les gens dans ses bras au moment de leur dire au revoir et a souligné combien il était important "d’aimer et de savoir le montrer". Le moine cistercien a aussi fait résonner à plusieurs reprises cette parole que le père Potez lui avait confiée, illustrant toute l’affection qu’il portait aux personnes qui lui étaient confiées : "Il y en a tant que j’aime tant !".

Obsèques du père François Potez à Saint-Sulpice, le 26 mai 2026.

Selon le rite réservé aux diacres et aux prêtres, son aube puis son étole ont ensuite été déposées sur le cercueil, symboles de la promesse de la vie éternelle faite au jour du baptême. "Seigneur, regarde avec miséricorde ton serviteur ; il a porté ce vêtement, signe de vie et de joie dans ton amitié."

"Tu ne me canoniseras pas"

C'est Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France et ami, aussi, du père François, qui prononce l'homélie. En le priant de prêcher le jour de ses funérailles, le père François lui a expressément demandé : "Tu ne me canoniseras pas !", confie Mgr Macaire.

Mgr Macaire, aux obsèques du père Potez, 26 mai 2026.

"Il est très difficile de tenir cette promesse de ne pas canoniser François", avoue-t-il, "mais nous ne sommes pas là pour le canoniser, ce serait le mettre trop à distance, trop loin, dans un idéal légendaire qui ne ressemblerait pas à notre amitié. Ce n’est pas le moment de prendre de la distance avec cette amitié qui se voulait si humaine, si proche, si incarnée et pourtant si surnaturelle."

Obsèques du père François Potez à Saint-Sulpice, le 26 mai 2026.

À la fin de la célébration vient le temps de dire un dernier adieu – ou plutôt "à toujours", comme il aimait à le dire – au père François Potez. Mgr Ulrich encense le cercueil, avant d’inviter toute l’assemblée à l’aspersion du corps. Un geste qui suscite une grande émotion chez de nombreux fidèles. Mais comme s’il avait tout deviné, et tout prévu, dans un ultime geste de consolation, le père Potez rejoint chacun à travers les mots de son testament spirituel : "Console, je t'en prie, ceux qui vont pleurer mon départ. Souvent, je pense aux adieux de saint Paul aux Éphésiens (Ac 20,36-38). Pleurer, c'est signe que le cœur est vivant. Un cœur qui ne saigne pas est un cœur mort. Mais nos larmes ne sont pas comme celles des païens qui ne connaissent pas Dieu. Ce sont des larmes d'espérance. Les larmes de la grave allégresse."

Obsèques du père François Potez à Saint-Sulpice, le 26 mai 2026.

Habité si longtemps par cette "grave allégresse", le père François Potez a désormais part à l’allégresse éternelle, aux côtés du Père et de la Vierge Marie. "Réjouissez-vous tous avec moi, puisque je pars pour la Patrie", dit-il encore. "Il n'y a plus là-bas ni souffrance, ni pleurs, ni larmes ! Il n'y a plus là-bas qu'allégresse éternelle."

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