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À Aiguebelle, le célèbre baume des moines devient 100% naturel

Fabrication du baume au laboratoire de Rieunette.

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Cécile Séveirac - publié le 27/05/26
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Reformulé pour devenir 100% naturel, le baume emblématique des cisterciens d'Aiguebelle (Drôme) est le fruit d’une collaboration inédite avec les sœurs de Rieunette, spécialistes de la cosmétique bio. Une aventure fraternelle où tradition monastique, savoir-faire artisanal et exigence écologique se rejoignent.

À l’abbaye d’Aiguebelle, dans la Drôme provençale, le célèbre baume des moines change de visage sans perdre son âme. Né il y a plusieurs décennies, ce remède emblématique vient d’être entièrement reformulé grâce à une collaboration inédite entre deux communautés cisterciennes : les frères d’Aiguebelle et les sœurs de l’abbaye de Rieunette, dans l’Aude. Une aventure artisanale et fraternelle qui conjugue tradition monastique, exigence du naturel et savoir-faire cosmétique. 

Depuis bien des années, le baume d’Aiguebelle accompagne les douleurs du quotidien : tensions musculaires, inconforts articulaires, coups, entorses, mais aussi gênes respiratoires. Ce remède précieux est produit à partir du lavandin, cultivé en abondance autour du monastère, à partir duquel les moines réalisent de l’huile essentielle réputée pour ses nombreuses vertus. "Lors de ses débuts dans les années 1980, la base de ce baume était de la graisse de cheval", explique à Aleteia le père Bernard, responsable des ateliers du monastère. Son efficacité pour soulager et apaiser se répand et le monastère vend plusieurs dizaines de milliers de baumes par an. La graisse de cheval est ensuite remplacée par de la vaseline. Ce dérivé particulier du pétrole, semi-solide, est composé notamment d’hydrocarbures paraffiniques, très présents dans les produits pharmaceutiques. "C’est très occlusif, et surtout pas très bon pour la peau", explique Virginie Comte Robert. Cette laïque est la créatrice de la marque Couleur Ciel, le laboratoire des sœurs de Rieunette qui propose des cosmétiques biologiques. 

Souhaitant donc proposer une formulation plus responsable et respectueuse aussi bien de l’environnement que de la santé, les cisterciens d’Aiguebelle se tournent vers le laboratoire de Rieunette. "L’idée était de conserver les vertus et l’efficacité du baume, tout en le rendant 100% naturel, débarrassé des substances toxiques", poursuit Virginie. Exit la vaseline, le laboratoire de Rieunette travaille sur une formule minimaliste : huile végétale d’arnica, cire d’abeille, huile d’olive, macérat de consoude… "Tout ce qui est fabriqué autour du monastère d’Aiguebelle !", résume Virginie. 

Changement d’aspect mais pas d’efficacité 

Le laboratoire du monastère de Rieunette s’attèle donc à la tâche. Plusieurs essais sont nécessaires afin de garantir un équilibre entre les composants, et d’offrir aussi bien sensorialité qu’efficacité. "Nous avons pris le temps d’essayer plusieurs choses, de diminuer aussi le taux d’huiles essentielles présentes dans le baume, puis de remplacer la vaseline par une base naturelle qui soit nourrissante et réparatrice", décrit sœur Sophie, chargée du laboratoire Couleur ciel pour l’abbaye de Rieunette. Son parfum reste familier, son efficacité également. Seuls la couleur et le toucher changent : fini le blanc de la vaseline, place à une teinte dorée donnée par la cire d’abeille.

 Le nouveau baume est envoyé à plus de 300 volontaires, dont des habitués de l’ancienne formule, ainsi qu’à des professionnels de santé (kinésithérapeutes, ostéopathes…). "Les retours ont été très positifs, nous avons donc décidé de garder cette formule", complète Virginie. "Nous avons débuté les ventes mi-mars. Quand je tiens le magasin, je vois des gens qui viennent acheter le baume et sont très contents de leur expérience", explique le père Bernard. Entre 15.000 et 20.000 baumes pourraient désormais être produits chaque année. Le 21 mai dernier, les frères ont même réalisé la première fabrication dans leur nouveau laboratoire entièrement rénové pour permettre cette production.

Au-delà d’une simple reformulation, cette aventure aura surtout été une expérience de collaboration monastique rare. "Nous avons vraiment travaillé ensemble, chacun avec sa spécialité", souligne sœur Sophie. "Cette collaboration nous a rendus encore plus frères." Une manière très concrète, pour ces communautés contemplatives, de mettre leur travail au service des hommes — et de montrer qu’au cœur des monastères aussi, tradition et innovation peuvent avancer main dans la main.

Pratique

Le baume d’Aiguebelle est disponible à la boutique de l’abbaye et en ligne auprès de l’Artisanat monastique (15,80 euros). 

L’Artisanat Monastique
L’Artisanat Monastique accompagne les abbayes et monastères dans la commercialisation de leurs produits, réalisés selon la tradition du « ora et labora ». En soutenant leur diffusion en boutiques et en ligne, il contribue concrètement à la vie et à l’équilibre économique des communautés.
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En partenariat avec l'Artisanat Monastique

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