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La veillée de prière pour le père Potez, un avant-goût du Ciel

Veillée de prière autour du père Potez à l'église Notre-Dame-du-Travail à Paris, 25 mai 2026.

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Mathilde de Robien - publié le 26/05/26
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À la veille de ses obsèques qui ont lieu ce mardi 26 mai à Saint-Sulpice, une veillée de prière autour du père François Potez s’est déroulée ce lundi 25 mai au soir, à Notre-Dame-du-Travail, paroisse dont il a été le curé pendant 12 ans. Une célébration simple, sobre et belle, au cours de laquelle ses proches et ses paroissiens l’ont confié à la miséricorde de Dieu.

Il est 20 heures passées, en ce lundi de Pentecôte, la température est estivale, et des grappes de fidèles grimpent les marches de l’église Notre-Dame-du-Travail, dans le XIVe arrondissement de Paris. En ce jour dédié à la mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église, et en ce lieu consacré à Notre-Dame-du-Travail, ils s’apprêtent à unir leurs prières, sous le regard de la mère du Christ, afin d’accompagner dans sa dernière demeure le père François Potez, qui a rejoint le Père le 20 mai dernier à l’âge de 71 ans. Les chants, les bougies posées tout autour de son cercueil de bois clair, ses paroles qui résonnent dans la grande église à l'ossature de fer à la lecture de son testament spirituel, tout cela donne un avant-goût du Ciel.

Veillée de prière pour le père Potez.

La célébration est dirigée par le père Gabriel Würz, actuel curé de la paroisse. Dans son mot d’accueil, il invite à vivre cette veillée de prière à l’aune de deux intentions. La première, discerner ce que le père François Potez a laissé à chacun – "un geste, une expression, une prédication" - qui sera un atout pour, à sa suite, évangéliser autour de soi. La seconde intention est d’entourer le père François Potez de sa prière : "Le Seigneur veut faire entrer le père François Potez au plus haut des cieux, c’est un long chemin pour lequel nous pouvons l’encourager et le confier à la miséricorde de Dieu", engage le père Gabriel Würz.

Des empreintes fortes

Des témoignages de paroissiens retracent les empreintes fortes et pérennes laissées par le père François au cours de ces 12 années à Notre-Dame-du-Travail. "Il nous a appris à mettre le Christ au centre de nos vies", confie une paroissienne. Et de souligner tout ce que le père François a institué : l’adoration permanente, les cellules paroissiales d’évangélisation, l'habitude de saluer au moins deux personnes que l’on ne connaît pas à la sortie de la messe avant de saluer des amis. "Une pratique qui se poursuit encore aujourd’hui", précise la paroissienne. Les fidèles soulignent enfin l’intuition du père François sur la spiritualité en lien avec le travail, et toutes les initiatives qu’il a mises en œuvre pour donner corps à cette spiritualité : prière, neuvaine, veillées de sanctification du travail, fête patronale…

Veillée de prière pour le père Potez.

La famille du père François émeut ensuite l’assemblée en interprétant le chant "Le Serviteur", dont les paroles font écho à la vie donnée de ce prêtre qui a tant marqué les personnes qui lui étaient confiées : "Devant Dieu le Père il n’est rien de plus cher / Qu’une vie donnée pour servir ses frères."

Une "grave allégresse"

Mais c’est sans doute la lecture de son testament spirituel, faite par Anne-Dauphine Julliand et son mari Loïc, très proches du père François Potez, qui bouleverse le plus les fidèles présents. On y retrouve sa confiance inébranlable en la miséricorde de Dieu, son amour sans borne pour la Vierge Marie, et cette "grave allégresse" – expression qui lui était chère – à l’idée de "rejoindre le port de [son] désir" – métaphore digne d’un ancien marin –, et de se présenter à ce "grand rendez-vous d’amour" pour lequel il assure, à l'instar du psalmiste (Ps 107), que son "cœur est prêt". Son testament spirituel sera accessible en intégralité ce mardi, jour de ses obsèques.

Veillée de prière pour le père Potez.

À la fin de la célébration, c’est la communauté portugaise, présente et très active à Notre-Dame-du-Travail, qui entonne un chant de louange en portugais. Une langue que le père François avait apprise pour se rapprocher de ses fidèles portugais.

Veillée de prière pour le père Potez.

À l’issue de la veillée, les fidèles viennent se recueillir devant le cercueil. De jeunes paroissiens distribuent des cartes avec la prière à Notre-Dame-du-Travail, rédigée par le père François. Trois sœurs, d’origine portugaise, Patricia, 25 ans, Marlène et Cécilia, 22 ans, nous tendent une carte. Elles ont reçu tous les sacrements dans cette paroisse, avec le père Potez. "Il nous appelait ses rayons de soleil", confient-elles, émues. "Il nous a marquées par sa bienveillance."

Veillée de prière pour le père Potez.

Un peu plus loin, Brigitte et Laurence, des paroissiennes habitant le quartier depuis de longues années, nous partagent leurs souvenirs avec le père Potez. "Il avait une manière de baptiser les petits enfants qui était formidable ! Il les posait sur l’autel, les levait devant l’assemblée qui applaudissait ! Aux Rameaux, il inondait littéralement les fidèles pendant l’aspersion. Par ces gestes, il nous éclairait", confient-elles. "Et puis, il nous a emmenées en pèlerinage, en Terre sainte, à Turin, à Rome, à Assise, en Pologne !"

Dans une des chapelles latérales de l’église, Stanislas, 47 ans, marié et père de cinq enfants, se rappelle les enseignements que le père Potez lui a prodigués, que ce soit dans le domaine professionnel, conjugal ou familial. Leur rencontre remonte à l’année 2000. "C’était un Jeudi saint, à l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, j’avais été désigné pour que le prêtre me lave les pieds, le père François a eu un regard transperçant qui m’a profondément marqué. Je lui ai demandé d’être mon accompagnateur spirituel", raconte Stanislas. Lorsqu’il se marie, sa femme et lui habitent non loin de Notre-Dame-du-Travail et deviennent de fidèles paroissiens. "Il m’a fait aimer la messe. Il m’a fait aimer l’Église. Quand je râlais sur ce qui se passait dans l’Église, il me demandait : "Et toi, qu’est-ce que tu fais pour l’Église ?" Il m’a fait comprendre que l’Église, avec la Vierge Marie, est notre mère, et qu’à la tête de l’Église, même si elle est faite de pêcheurs, il y a le Christ, alors le reste… "on s’en fout" !"

Veillée de prière pour le père Potez.

Déjà sur terre, le père François Potez aimait partager ce goût de l'éternité : "À toujours !", s'exclamait-il invariablement en guise d'au revoir. Au jour de ses funérailles, c'est désormais à ses proches et fidèles de lui adresser ces deux mots remplis d'espérance. De là où il est, nul doute qu'il entende.

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