Officiellement candidat à l’élection présidentielle depuis vendredi 22 mai, Gabriel Attal a rapidement suscité des tensions au sein de son propre camp en proposant de rouvrir le débat sur la gestation pour autrui (GPA), entraînant une réaction critique de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
"La maternité, la parentalité, est quelque chose de très personnel et je ne comprends pas dans quel cadre on imagine pouvoir mettre à disposition le ventre des femmes, que ce soit rémunéré ou pas."
En effet, l’ancien Premier ministre a évoqué dimanche 24 mai dans Le Parisien son souhait de remettre sur la table son projet de légalisation de la GPA, aujourd’hui interdite en France. "J'ai toujours dit que ce débat existait et qu'il ne fallait pas l'occulter", affirme-t-il, estimant que "sur tous ces sujets bioéthiques [...] la liberté de vote s'est imposée dans tous les partis". Toutefois, cette volonté d’ouvrir le débat ne fait pas consensus au sein même de Renaissance. Invitée de France 3 ce dimanche, Maud Bregeon s’est dite "extrêmement défavorable" à cette perspective. "C'est un point sur lequel, s'il est confirmé, je suis en total désaccord", a-t-elle déclaré.
Pour l’actuelle porte-parole du gouvernement, la GPA pose une question fondamentale de rapport au corps des femmes, qui considère que cette pratique "va à l'encontre du féminisme que l'on doit porter en 2026". Et ce, même lorsqu’elle est présentée comme une GPA "éthique", argument souvent avancé par les partisans de la réforme. "Je ne sais pas ce que signifie +éthique+", a insisté Maud Bregeon, en affirmant que "la maternité, la parentalité, est quelque chose de très personnel et je ne comprends pas dans quel cadre on imagine pouvoir mettre à disposition le ventre des femmes, que ce soit rémunéré ou pas".
Cette prise de position illustre les profondes divergences qui traversent aujourd'hui le camp présidentiel sur les questions de bioéthique. Ancienne élue issue de la droite avant de rejoindre Emmanuel Macron en 2016, Maud Bregeon a par ailleurs indiqué qu'elle n'avait "pas encore pris la décision" d'assister ou non au premier meeting de campagne de Gabriel Attal samedi 30 mai à Paris.
Expliquant ne pas vouloir "rentrer dans une écurie trop tôt", Maud Bregeon a plaidé pour que la "grande famille élargie de la droite et du centre", selon elle représentée notamment par Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Gérald Darmanin et Yaël Braun-Pivet, parvienne à "s'accorder pour avoir un projet unique et un candidat unique".










