Certaines sont connues, d’autres moins. Toutes ont en commun le fait d’avoir fait montre de courage et de générosité dans le but de défendre la dignité de chacun, et d’être désormais citées dans la première encyclique de Léon XIV, Magnifica humanitas – "La magnifique humanité", publiée ce 25 mai.
Attendu depuis des mois, ce texte d’une grande densité - 245 paragraphes et plus de 45.000 mots - pointe du doigt les dangers inhérents à "l’ère de l’intelligence artificielle" et propose une feuille de route pour rester humains face au tsunami numérique. Signé du 15 mai – date marquant les 135 ans de Rerum novarum, encyclique de Léon XIII qui défendit l’humanité face aux machines industrielles –, le document de Léon XIV se veut une adaptation des grands principes de la Doctrine sociale de l’Église aux défis d’aujourd’hui.
Huit femmes qui ont défendu la dignité de l’homme
Des défis face auxquels chacun porte une part de responsabilité. "Chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible", affirme le Pape dès l'introduction. "Certains événements nous aident à comprendre que l’histoire peut changer dès lors qu’un seul homme ou une seule femme prend vraiment au sérieux la dignité de chacun", souligne plus loin Léon XIV. Cela a été le cas de ces "femmes courageuses et généreuses" mentionnées par le Pape qui se sont distinguées en rendant, par leur engagement, "l’histoire plus humaine".
On y trouve deux saintes de l’Église catholique – Laura Montoya Upegui (1874-1949), la Mère des "Indios", qui a vécu pauvrement dans la forêt andine pour évangéliser les Indiens, et Mère Teresa de Calcutta – mais aussi des femmes d’autres religions. Le Pape a ainsi choisi de faire mémoire de la militante américaine catholique Dorothy Day, la physicienne agnostique franco-polonaise Marie Skłodowska-Curie, la pédagogue italienne Maria Montessori, la missionnaire évangélique américaine Elisabeth Elliot, la militante écologiste kenyane Wangari Maathai, et la femme politique pakistanaise musulmane Benazir Bhutto (1953 - 2007), connue pour son combat en faveur de la démocratie et son opposition aux régimes autoritaires. "L’histoire n’apparaît pas seulement comme un catalogue de nos violences, mais aussi comme la preuve que l’être humain sait créer des institutions capables de protéger la vie en communauté", affirme le Pape.
Une manière de souligner que la défense de la dignité de l'être humain dépasse les frontières et les religions. Et que quel que soit son domaine de compétence - œuvre de charité, évangélisation, éducation, physique, politique... -, il est possible, et bon, de s'engager personnellement pour remettre l'humain au cœur des évolutions de l'histoire. "À chacun sa partie du mur", souligne le Pape, avant d'énumérer : "scientifiques et chercheurs, entrepreneurs et travailleurs, éducateurs et législateurs, société civile, mouvements populaires et communautés de foi."









