Plus de 130 noms de la chanson française, 5.000 choristes, 50.000 spectateurs. Samedi 23 mai, ce n’est pas le foot mais la Corse qui était à l’honneur au stade Vélodrome de Marseille. À l’initiative de Patrick Fiori, le concert "Corsu Mezu Mezu", dédié à la culture corse, a réuni de nombreux chanteurs tels que Florent Pagny, Vianney, Soprano, Jenifer, Ycare, Bénabar, Jérémy Frerot, Santa ou encore Jean-Louis Aubert, qui ont interprété, pendant plus de trois heures de spectacle, des chansons du répertoire corse.
Réunissant les voix de 5.000 choristes, c’est peut-être le cantique marial corse, Diu Vi Salvi Regina (littéralement "Que Dieu vous garde, Reine"), qui a le plus ému les spectateurs. Ce cantique, composé par saint François de Geronimo vers 1675, est d’abord un chant à Marie avant de devenir, en 1735, le symbole du combat pour l’indépendance de la Corse. Chanté régulièrement lors des processions et des célébrations religieuses, mais aussi en des circonstances profanes comme des matchs de football, il est aujourd’hui considéré comme l’hymne corse.
Dio vi salvi Regina a été écrit par un saint, François de Geronimo, vers 1675. Originaire de Tarente, en Italie, saint François de Geronimo était un prêtre jésuite. Prédicateur réputé, il a consacré les 40 années de son ministère à prêcher sur les places publiques, à Naples, et à œuvrer en faveur des malades, des ouvriers et des vagabonds, ce qui lui vaudra le titre d'"Apôtre de Naples".
Le 30 janvier 1735, le cantique est adopté en tant qu'hymne national lors de la Première déclaration d'indépendance de la Corse dans la ville de Corte, pour demander la protection de la Vierge. En 1762, le dernier couplet est ajouté, directement en langue corse, et évoque les "ennemis" de l’indépendance. S’il prend dès lors une autre signification par rapport à la version originale, il demeure néanmoins un chant qui célèbre la douce maternité de la Vierge Marie tout en implorant la Mère du Ciel d’apporter joie et réconfort ici-bas.










