La première référence aux anges dans l’Ancien Testament se retrouve dès le livre de la Genèse. Sans pour autant évoquer leur création en tant que telle, le texte biblique rapporte l’intervention de l’un d’entre eux, dénommé "l’ange du Seigneur" lors de l’épisode de Sarah (Gn 16,7) ; Cette dernière, stérile, n’avait pu, en effet, donner de descendance à son époux Abraham et accepta alors de confier sa servante, nommée Agar, à son mari pour que celle-ci lui donne un fils. Cependant, les deux femmes s’opposèrent et Agar dut fuir la maison… Mais, "l’ange du Seigneur" s’adressa alors à Agar en ces termes : "Tu es enceinte, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël (c’est-à-dire : Dieu entend), car le Seigneur t’a entendue dans ton humiliation" (Gn 16,11).
Cette première apparition d’un ange à une femme dans le désespoir – après la dispute prévisible ayant opposé les deux femmes - vise à garantir le projet divin, à savoir qu’une abondante descendance soit accordée à Abraham à partir de son fils Ismaël.
Des anges à forme humaine
Avec cette première référence à "l’ange du Seigneur" dans l’Ancien Testament, nous pouvons constater que sa représentation ne diffère guère de celle que nous avons des anges encore aujourd’hui. Ainsi, prennent-ils souvent forme humaine, apparence que nous retrouvons encore, un peu plus loin, au Livre de la Genèse lors de l’apparition de deux anges à Loth dans la fameuse ville de Sodome. Loth, neveu d’Abraham, les convia même à demeurer dans sa maison où il leur prépara un festin, le patriarche manifestant ainsi l’une des règles d’or de l’Ancien Testament, à savoir l’hospitalité due à tout étranger. Mais, en totale opposition à cet accueil bienveillant, nous apprenons par la suite que les habitants pervertis de Sodome, après avoir eu connaissance de l’arrivée de ces deux nouveaux venus dont ils ne connaissaient pas l’identité, se pressèrent à la porte de la maison de Loth pour abuser d’eux, comble de l’iniquité et preuve que les anges pouvaient être confondus avec des hommes… (Gn 19)

Le Livre de Tobie toujours dans l’Ancien Testament rapporte lui aussi l’histoire d’un ange et d’un jeune Israélite de la tribu de Nephtali ayant pour nom Tobie. Ce dernier, parti pour recouvrer une créance de son père, fit, en effet, la connaissance d’un ange, ignorant son identité, ainsi que nous le rapporte la Bible : "Tobie sortit chercher un homme qui connaisse la route, pour l’accompagner jusqu’en Médie. À peine sorti, il trouva l’ange Raphaël debout devant lui, mais il ne savait pas que c’était un ange de Dieu" (Tb 5,4).
L’apparence humaine de l’ange Raphaël trompe ou illusionne Tobie, seul le récit biblique nous dit qu’il s’agit d’un ange… Mais alors, les anges de l’Ancien Testament n’auraient-ils dès lors pas d’ailes ?
Anges ailés
C’est au Livre d’Isaïe que nous pourrons observer, en effet, la présence de créatures célestes avec des ailes que la tradition chrétienne classera parmi les neufs cœurs angéliques selon saint Thomas d’Aquin. Il s’agit plus précisément de séraphins, anges qui occupent la place la plus élevée en dessous de Dieu. Leur nom signifie les "brûlants" en raison de leur amour ardent pour Dieu. La vision d’Isaïe donnée dans le récit biblique de l’Ancien Testament les évoque de manière très détaillée, et souligne qu’ils ont effectivement des ailes : "Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : "Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire" (Is 6,2-3). Cette vision, à la différence de celles évoquées auparavant, ne laisse, ici, aucune équivoque sur leur apparence surnaturelle, sans confusion possible avec celle humaine.
Que conclure ? Les anges ont-ils des ailes ? Les témoignages des sources vétérotestamentaires semblent l’attester. Quelle que soit leur apparence, ces envoyés ou messagers de Dieu apparaissent de manière récurrente dans l’Ancien Testament, venant transmettre la volonté divine et apparaissant ainsi comme des médiateurs auprès des femmes et des hommes de la Bible…










