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Le FRAT : “Une place plus grande est donnée à l’intériorité et à l’adoration”

4 min de lecture
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Crédit : Joao Eira et Valentin Duriez / Le FRATERNEL

FRAT 2026, les organisateurs observent une aspiration croissante des adolescents à vivre une expérience spirituelle plus intérieure.

Plus de 12.000 collégiens d’Île-de-France se retrouvent du 22 au 25 mai à Jambville, dans les Yvelines, pour le plus grand rassemblement de jeunes chrétiens de France. Entre temps de prière, concerts, veillées, débats et vie sous tente, le FRAT2026 marque un tournant spirituel : donner davantage de place à l’intériorité, au silence et à l’adoration. Un choix qui répond à la quête de sens et de spiritualité exprimée par de nombreux adolescents.

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Au milieu des chants de louange et des tentes dressées dans le parc de Jambville, c’est un autre besoin qui s’exprime ces dernières années au FRAT. Celui du silence. Derrière l’image festive du grand pèlerinage des collégiens d’Île-de-France, qui réunit plus de 12.000 jeunes du 22 au 25 mai dans les Yvelines, les organisateurs observent une aspiration croissante des adolescents à vivre une expérience spirituelle plus intérieure. "Depuis plusieurs éditions, en réponse à une quête spirituelle renouvelée des jeunes, une place plus grande est donnée à l'intériorité, au silence et à l'adoration", souligne ainsi l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé.

Au FRAT, la foi des jeunes se vit sans complexe

Créé en 1908, le FRAT alterne entre Jambville pour les collégiens les années paires et Lourdes pour les lycéens les années impaires. L’édition 2026 s’annonce historique avec des inscriptions en hausse continue depuis trois ans. Un succès qui confirme, selon l’Église catholique, une véritable soif de spiritualité chez les nouvelles générations.

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Pendant quatre jours, les adolescents de 13 à 15 ans vivent au rythme des temps en "village", mêlant jeux, échanges, débats et célébrations. Le week-end sera marqué notamment par une veillée au cours de laquelle onze jeunes recevront le baptême, une grande messe présidée par l’archevêque de Paris Laurent Ulrich, ainsi qu’une veillée de louange et d’adoration animée par le groupe Glorious.

"J'ai vraiment besoin d'un moment religieux en ce moment dans ma vie."

Pour les collégiens, le FRAT représente bien davantage qu’un simple rassemblement festif. "J'ai vraiment besoin d'un moment religieux en ce moment dans ma vie", confie Julia, interrogée par l'AFP. Rebecca, élève en troisième à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, attend quant à elle avec impatience cette expérience collective. "Je suis allée voir des vidéos, je me suis dit que ça allait être super cool." La jeune collégienne espère surtout "rencontrer des gens qui partagent [sa] foi".

Le FRAT attire également des jeunes en recherche, venus découvrir la foi. Léa, qui explique n'être "pas chrétienne", participe par curiosité, souhaitant "explorer les gens, leur vision de la religion". De son côté, Arnaud, baptisé dans l’Église protestante, affirme quant à lui se sentir "très catholique" et considère que "la foi est quelque chose de très important" dans sa vie. Pour Grégoire, dont la paroisse compte peu de jeunes, le FRAT permet simplement de "parler de Dieu différemment".

"Aujourd'hui les jeunes ont moins peur d'affirmer leur foi."

Cette parole décomplexée autour de la foi n'a pas échappé aux organisateurs. "Aujourd'hui les jeunes ont moins peur d'affirmer leur foi", observe Marguerite Niel, chargée de mission et organisatrice du FRAT. Elle voit dans cette évolution l’influence des réseaux sociaux, mais aussi d’un contexte religieux où "les autres religions s'affirment parfois un peu plus". Un phénomène visible par la hausse notable des baptêmes de jeunes, plus de 8.000 cette année, soit une progression de 10 %.

Pour Marguerite Niel, cet engouement spirituel s’explique aussi par les inquiétudes du monde contemporain. Dans une société "où tout est compliqué, où on parle de guerre, de terrorisme, de maladie", le FRAT devient "un peu une bulle où les jeunes se retrouvent et peuvent échanger". "Il y a un côté rassurant à se dire : je ne suis pas seul, ensemble on peut trouver des réponses et avancer", ajoute-t-elle.

Le pèlerinage essuie parfois les critiques qui déplorent un show façon Église évangélique. "Un gros effort musical et scénographique est déployé pour favoriser la participation joyeuse de ces jeunes très nombreux et très variés", explique Mgr Rougé. Mais derrière les grands concerts et les veillées festives, les organisateurs insistent désormais sur la dimension profondément spirituelle du pèlerinage. Le succès des inscriptions du FRAT 2026 semble montrer que cette recherche d’équilibre entre ferveur collective et intériorité rejoint les attentes d’une génération en quête de sens.