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Cinq phrases choc du père François Potez sur le mariage

Mariage d'Arthur et Marguerite.

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Mathilde de Robien - publié le 22/05/26
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Le père François Potez est mort le 20 mai après une longue maladie. Il laisse derrière lui un riche héritage, notamment dans le domaine du mariage et de la spiritualité conjugale, qui aura marqué de nombreux couples. Voici cinq enseignements clés qu’il aimait répéter à travers des phrases "choc".

Rares sont les personnes qui marquent aussi profondément leur entourage. Le père François Potez, prêtre du diocèse de Paris décédé ce 20 mai à l’âge de 71 ans, était de celles-là. Sa joie, sa chaleur humaine et son franc-parler ont touché des milliers de fidèles. Il offrait à chacun une présence pleine et entière qui explique aujourd’hui cette affluence de témoignages de personnes que le père François Potez a accompagnées, écoutées, consolées. Au-delà de sa personnalité hors du commun, c’est aussi la profondeur de ses paroles qui a marqué plusieurs générations et notamment des couples.

Très engagé dans la préparation au mariage, il ne comptait plus le nombre de couples dont il avait béni le mariage. Il définissait le mariage comme "une grande aventure", reconnaissait ses difficultés mais mettait surtout en avant sa beauté : "C’est beau, le mariage !", aimait-il à dire, empli de conviction et d’admiration. Il avait "un charisme pour accompagner et soutenir les couples", abonde le père Laurent Chauvin qui fut son vicaire et l’a accompagné dans ses derniers mois.

Car il ne se contentait pas de préparer les fiancés au mariage, il accordait beaucoup d’importance au "SAV". "Notre mariage tient parce qu’un jour on a rencontré François dans notre vie", témoigne en ce sens Steven Gunnell, le réalisateur du film Sacré-Cœur. De nombreuses personnes, paroissiens, amis ou visiteurs de passage, peuvent aussi en témoigner. Anne-Victoire, mère de six enfants, a rencontré le père Potez à l’Eau Vive alors qu’elle y était monitrice dans les années 1990. C’est lui qui a béni son mariage et baptisé ses enfants et petits-enfants. "Nous avons ri dans ses bras, et nous avons aussi pleuré. Il savait, au cours des épreuves de notre vie, nous apporter affection, consolation et nous repartions toujours plein de courage et d’espérance pour continuer", confie-t-elle. "Ses mots, très justes pour parler du couple, de la relation conjugale, sont un véritable chemin pour tous les couples mariés, quel que soit leur âge." Il aimait en effet donner des repères aux couples, afin de les soutenir dans cette "grande aventure". Voici cinq enseignements clés qu’il répétait souvent, et qu’il a couchés sur le papier dans son livre Puisque vous avez décidé de vous aimer… (Mame, 2024).

1Le voyage de noces annuel

"Si vous ne faites pas un voyage de noces annuel, la garantie saute !"

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C’est sans doute le conseil le plus pratico-pratique, et le plus simple à mettre en place : le voyage de noces annuel. "Si vous ne faites pas un voyage de noces annuel, la garantie saute !", assurait-il. "De quand date votre dernier voyage de noces ?", demandait-il régulièrement aux couples qu’il rencontrait. L’enjeu ? Entretenir la fidélité et faire grandir l’amour mutuel. Une intuition qui lui venait de ses parents, eux-mêmes fidèles à ces rendez-vous annuels. "Partez au minimum trois jours et trois nuits. Un jour pour se taire et se reposer, un jour pour parler, un jour pour se taire à nouveau et s’aimer", conseillait-il. À ceux qui avançaient qu’il n’était pas évident de faire garder de jeunes enfants pendant trois jours, il invitait à les confier aux grands-parents ou à des amis, quitte à rendre la pareille plus tard. Le seul objectif : prendre du temps à deux pour faire une "révision complète de sa vie" : "Prenez le temps de parler tranquillement, en vérité, sur ces sujets que vous n’avez plus le temps d’aborder pendant l’année. (…) Vous pouvez partager ce que vous ressentez, ce qui vous a manqué cette année, vos désirs, vos frustrations, les activités ou les engagements à mettre en place, etc." Sans ce rendez-vous annuel, le risque est de s'écarter l'un de l'autre.

2Le mariage, fruit d’une décision

"On ne se marie pas parce qu’on s’aime, mais parce qu’on a décidé de s’aimer."

"On ne se marie pas parce qu’on s’aime. On se marie parce qu’on a décidé de s’aimer", martelait le père François Potez. Le mariage n’est pas la résultante d’une réciprocité de sentiments amoureux, aussi forts soient-ils, mais le fruit d’une décision. Et c’est pour cette raison qu’il peut tenir dans la durée. Car au fil des années, les grands sentiments et les papillons dans le ventre s’estompent. "Beaucoup se marient – même des chrétiens – en se disant intérieurement : "Pourvu que ça marche !"", constate le père Potez dans son livre. "Mais c’est prendre les choses à l’envers. L’amour est une décision ; et puisque nous l’avons décidé, nous ferons ce qu’il faut pour que ça marche. Donc la question de savoir si je l’aime ou si je ne l’aime pas est une mauvaise question. La seule question qui vaille, c’est : "Est-ce que je veux l’aimer ?"". Et cette décision ne concerne pas uniquement les fiancés qui s’apprêtent à se marier. Elle concerne tous les couples, qu’ils aient dix, 20 ou 30 ans de mariage. Car c’est une décision que se reprend chaque jour, notamment lorsque le couple traverse une période difficile.

3La tendresse, la miséricorde traduite en gestes

"L’amour n’agit jamais par contrainte, mais toujours par attirance."

Szczęście w małżeństwie. 7 słów, które uczynią je szczęśliwym i trwałym

Le père Potez avait une confiance inébranlable dans "la miséricorde infinie du Seigneur". Et il réconfortait beaucoup en transmettant cet immense amour de Dieu pour l’humanité. "La tendresse de Dieu est sans mesure", disait-il. Et il encourageait les époux à imiter la miséricorde de Dieu dans leur couple, à travers notamment les petites attentions du quotidien. "La tendresse, pensait-il, c’est la délicatesse, l’attention, la douceur de l’amour, qui s’expriment par des gestes. C’est la miséricorde traduite en gestes." Le père François avait ainsi pour habitude de demander régulièrement aux hommes : "Depuis combien de temps n'as-tu pas pris ta femme dans tes bras ?" "La tendresse ouvre l’autre à l’amour, l’éveille et le dispose, le rend disponible", souligne-t-il. La miséricorde se vit également dans la sexualité, dans la manière de se donner à l’autre, de s’exposer. Il assurait : "L’amour n’agit jamais par contrainte, mais toujours par attirance" et il invitait les époux à se demander : "Êtes-vous de l’amour qui s’impose, ou de l’amour qui s’expose ?".

4La vie chrétienne en couple

"Un chrétien isolé est un chrétien en danger."

Il le répétait à l’envi à l’occasion de préparations au mariage, au baptême, à la confirmation… Tout du moins à tous ceux qui s’apprêtaient à recevoir un sacrement et qui poussaient les portes de son église : "Un chrétien isolé est un chrétien en danger". Un avertissement qui concerne aussi les couples. "Si vous n’êtes pas ancrés dans une paroisse ou une communauté vivante, ce qui a grandi ces derniers mois [pendant la préparation au mariage] risque de se perdre en peu de temps", écrit-il, en conseillant d’intégrer "une équipe Notre-Dame, une fraternité de couples, une cellule d’évangélisation, une maisonnée de l’Emmanuel, ou tout autre groupe de prière et d’amitié qui vous permettra de maintenir la ferveur, d’entretenir votre amour conjugal et de continuer à progresser dans la foi".

5La prière de couple, carburant de l’amour conjugal

"Peu, bien, jusqu’au bout."

Mariage d'Arthur et Marguerite.

Le père Potez qualifiait la prière de couple de "carburant de l’amour conjugal", de "ciment" ou encore de "colonne vertébrale", afin que le couple "renaisse de l’Esprit chaque jour" : "Sans prière, il est impossible d’aimer à la bonne hauteur". Une prière qu’il estimait nécessaire tout en reconnaissant qu’il n’est pas facile de prier ensemble. Pour éviter de lâcher en cours de route, il invitait à débuter modestement : "Commencez donc par vous fixer cinq ou dix minutes quotidiennes." Cela peut simplement être un signe de croix devant un coucher de soleil, quelques minutes en silence devant une icône ou un Je vous salue Marie récité en se tenant la main. Une prière brève n’est pas une "petite" prière, rappelait-il. Sa règle d’or pour une prière réussie : "Peu, bien, jusqu’au bout."

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