Depuis trois ans, l’Église en France se réjouit de la progression des baptêmes d’adultes. Une dynamique qui se déploie aussi au sein de l’armée. Ce 23 mai, 280 personnes vont recevoir le baptême lors de la 66e édition du Pèlerinage militaire international (PMI), et 532 seront confirmées. Un beau signe d’espérance, confirmé à Aleteia par l’évêque du diocèse aux armées françaises, Mgr Antoine de Romanet : "Nous voyons davantage de jeunes militaires demander le baptême ou même simplement reprendre un chemin de foi, des démarches très profondes, très personnelles assez liées avec certains questionnements liés à la vie militaire, qui confronte vite à l’essentiel : la fraternité, le risque, la fidélité, parfois la souffrance ou la mort. Beaucoup découvrent alors qu’ils ont besoin d’un appui intérieur plus solide."
La fraternité comme chemin d’espérance
Alex, 26 ans, en est l’un des visages. La foi, autrefois, ne faisait pas partie de sa vie. "J’étais même très opposé à l’Église", confie-t-il à Aleteia. Le déclic survient à son retour d’Opex (Opération extérieure, NDLR) au Mali. "J’ai ressenti le besoin de trouver du réconfort dans quelque chose. Et finalement, c’est Jésus qui m’a trouvé", raconte ce Marseillais aujourd’hui en arrêt maladie de longue durée. "J’ai compris que la seule manière d’être heureux dans la vie, c’était d’avoir la paix, et cette paix, c’est le Christ." Suivi par des spécialistes de santé, qui l’ont beaucoup aidé, il reconnaît aussi la force du soutien spirituel dans sa reconstruction. "J’ai gardé les symptômes de mon traumatisme, mais désormais, je sais que j’ai la paix", insiste-t-il. À ses côtés, Samuel, son parrain, observe ce cheminement avec émotion. Présent au PMI en 2025, il avait raconté à Alex combien ce pèlerinage l’avait marqué. Très croyant, ce Réunionnais a reçu la foi de sa mère, Rose-May. En découvrant cette ferveur chez son ami, Alex a commencé à lui poser mille questions sur Dieu, sur la prière... "Je me souviens que c’était le lendemain de la première fois où j’étais entré dans une église et où j’avais parlé à Dieu", raconte-t-il. Guidé par son aumônier et soutenu par son ami, il a peu à peu avancé dans la foi. "Je suis très heureux de recevoir le baptême", dit-il avec un large sourire.

Un peu plus loin, Lucie, 39 ans, s’apprête à vivre une autre étape importante de sa vie chrétienne : la confirmation. Baptisée enfant, elle s’était peu à peu éloignée de la foi. "Après le décès de ma mère, j’étais très en colère. Je ne voulais plus entendre parler de religion", se souvient-elle. La rencontre avec sa collègue Anne-Sophie a tout changé. Il y a trois ans, cette dernière lui propose de venir au PMI de Lourdes. Ce pèlerinage devient alors un tournant. "Cela m’a permis d’avancer dans mon deuil et de retrouver de l’apaisement", explique cette militaire de l’armée de l’Air et de l’Espace. Ce samedi 23 mai, c’est sous le regard ému de son amie qu’elle recevra la confirmation. "Nous sommes désormais liées par quelque chose de très fort. Cet été, nous allons être mutées dans des endroits différents, mais ce lien restera intact."
Une foi qui renaît au coeur de l’épreuve
"J’ai toujours grandi dans la foi grâce à mon éducation, mais je m’en étais éloigné", confie de son côté Juan, 30 ans, du 515e régiment du train, basé près d’Angoulême. "Ces dernières années, après plusieurs épreuves personnelles, j’ai ressenti le besoin d’aller jusqu’au bout de cette démarche et de recevoir la confirmation." Sa joie est d’autant plus grande qu’il participe pour la première fois au PMI. À ses côtés, un camarade de 24 ans recevra lui aussi la confirmation ainsi que sa première communion. Comme pour Lucie, son retour à la foi s’est construit dans le deuil, après la perte de son grand-père puis de son père. "J’avais beaucoup de questions et je me suis tourné vers notre aumônier, qui m’a mis sur la bonne voie", explique le jeune militaire, baptisé à la naissance par tradition familiale.
Cela fait longtemps que j’attends le baptême. Pour moi, c’est un véritable renouveau.
Corentin, 24 ans, est dans l’armée depuis six ans. Élevé par des parents agnostiques qui voulaient lui laisser sa liberté de choix, il ne s’était jamais intéressé à la religion. Mais en 2022, sa vie bascule brutalement. À son retour de Nouvelle-Calédonie, il se rend chez un ami. Arrivé un peu en retard, il découvre ce dernier pendu à son domicile. "À partir de là, ça a été la descente aux enfers", se souvient-il. Un jour pourtant, il pousse la porte d’une église. "C’est comme si le Seigneur m’avait appelé. Il y avait une messe. Je me suis assis, j’ai entendu le psaume 22, j’ai pleuré et j’ai tout lâché." Depuis ce jour, quelque chose a changé en lui. "Je n’ai plus jamais lâché Dieu et je ne le lâcherai jamais. Cela fait longtemps que j’attends le baptême. Pour moi, c’est un véritable renouveau."






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