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“Aimez-vous, le reste on s’en fout” : l’héritage du père François Potez

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Cécile Séveirac - publié le 20/05/26
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Le père François Potez, prêtre du diocèse de Paris, est mort le 20 mai des suites d’un cancer du pancréas. Connu pour son accompagnement des couples et des familles et sa joie de vivre, il a marqué durablement ceux qu’il a accompagnés. Son ami Benoît de Blanpré, actuel directeur de l'Aide à l'Église en détresse (AED), témoigne de l’empreinte spirituelle qu’il laisse, entre foi, joie et espérance de la vie éternelle.

Le père François Potez, prêtre du diocèse de Paris, est décédé ce mercredi 20 mai à 7 heures du matin, après avoir longtemps lutté contre un cancer du pancréas. Grand accompagnateur des couples et des familles, il était connu pour ses enseignements, sa joie de vivre. Il a vécu jusqu'au bout sa vie de sacerdoce, dans un esprit d'abandon et de confiance toujours renouvelé. À travers son témoignage, Benoît de Blanpré, directeur de l'Aide à l'Église en détresse (AED) et grand ami du père Potez, revient sur sa rencontre avec lui, sur ce qu’il a reçu de son enseignement et sur l’empreinte profonde que ce prêtre a laissée dans sa vie spirituelle et humaine. Entre joie, foi et espérance, il évoque une relation devenue filiale puis amicale, portée par une conviction centrale : celle d’un amour du Christ vécu concrètement au quotidien. "Quand il nous quittait, il disait : "À Dieu, à toujours". Il nous parlait tout le temps de la vie éternelle, de ce temps où l’on n’aurait plus jamais à se quitter. Aujourd'hui, il nous quitte, et bien sûr la tristesse de cette perte est immense. Mais notre espérance est de le retrouver dans la Vie éternelle et de savoir que l'on aura plus jamais à le quitter", confie Benoît de Blanpré à Aleteia.

Aleteia : Vous connaissiez le père Potez, comment l’avez-vous rencontré ?
Benoît de Blanpré : Je l’ai rencontré à l’Eau Vive, lors de camps de jeunesse à Briançon. J’avais été forcé par mes parents d’y aller, car je traînais un peu trop sur mon canapé. J’y suis allé à reculons. La première fois que je l’ai vu, il nous a fait chanter "J’ai du bon tabac dans ma tabatière". J’aimais beaucoup chanter, donc sans le savoir, il m’avait accroché par un talent, quelque chose qui me plaisait. Quelques jours après, je suis allé dans son bureau et je peux dire précisément que je n’étais plus le même en sortant : ma vie avait changé. Je ne me souviens plus exactement de ce qu’il m’a dit, mais je suis certain qu'il m’a demandé si je voulais suivre le Christ. Je crois que j’ai dit oui, et à partir de là, il m’a accompagné sur ce chemin. Il a transformé ma vie. Il a été comme un père pour moi, et progressivement il est devenu un ami pendant 37 ans.

Que vous a-t-il apporté, dans votre vie de foi, d’homme, de père ?
D’abord, la joie d’être chrétien. Il était profondément joyeux, il aimait la vie, et j’ai encore en tête son rire tonitruant. Ce n’était pas un prêtre qui s’opposait au monde : il le prenait tel qu’il était et essayait de l’élever vers le Ciel. Il ne considérait pas l’Église comme une citadelle assiégée, mais comme un lieu qui rassemble et qui élève.

Il avait même une chasuble sur laquelle était écrit dans le pli intérieur, d’un côté : "Aimez-vous", et de l’autre : "Le reste, on s’en fout."

Il me parlait beaucoup de la tendresse que je devais avoir comme père de famille et époux. Il me disait d’être attentif aux autres, compatissant, miséricordieux : tout un vocabulaire de la bonté. Il me donnait la Vierge Marie en exemple, il l’aimait tellement. Il ne terminait jamais une homélie sans citer la Vierge. Cela me réjouit de savoir qu’il a pu la saluer à la porte du Ciel, qu’il a pu lui dire ce matin : "Ma mère", et qu’elle lui ait répondu : "Mon fils". Je suis très triste, mais aussi heureux de cette fête au Ciel.

Une anecdote, un souvenir, une phrase de lui qui vous a particulièrement marqué ?
"Aimez-vous, le reste, on s’en fout." Il a accompagné tellement de couples et d’enfants. Il nous disait de ne pas nous perdre dans des questions futiles ou inutiles, et nous apprenait d’abord la joie de l’amour. Ce n'est pas une phrase qui pousse à relativiser ou à tout prendre à la légère, mais qui veut dire que l'amour devait venir d'abord, et le reste viendrait par surcroît. Le moteur, c'est l’Amour du Christ, qui engendre l’amour de l’Église, du conjoint, de ses enfants, des autres. Il avait même une chasuble sur laquelle était écrit dans le pli intérieur, d’un côté : "Aimez-vous", et de l’autre : "Le reste, on s’en fout."

Nous allons continuer notre chemin par fidélité au Bon Dieu d’abord, pour lui ensuite. Et nous ferons la fête Là-Haut.

Et puis aussi, quand il nous quittait, il disait : "À Dieu, à toujours". Il nous parlait tout le temps de la vie éternelle, de ce temps où l’on n’aurait plus jamais à se quitter. Aujourd'hui, il nous quitte, et bien sûr la tristesse de cette perte est immense. Mais notre espérance est de le retrouver dans la Vie éternelle et de savoir que l'on aura plus jamais à le quitter.

À l’annonce de sa mort aujourd’hui, que retenez-vous de lui ?
Qu’il a été pour nous un père. Pour des jeunes, des prêtres, des familles, il était un père plein de bonté et d’exigence, qui nous montrait le chemin du Ciel. À ses côtés, on avait envie d'aller vers le Ciel. Plus que tout aujourd’hui, il est devant nous. Nous allons continuer notre chemin par fidélité au Bon Dieu d’abord, pour lui ensuite. Et nous ferons la fête Là-Haut.

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