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Comment apprendre à ses enfants à respecter les enfants handicapés

CLOTILDE-NOEL
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Aline Iaschine - publié le 19/05/26
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L’éducation à la différence commence au cœur de la famille. Les parents ont un rôle essentiel pour apprendre à leurs enfants à accueillir le handicap avec simplicité et bienveillance. 

Dès le plus jeune âge, il est essentiel d’expliquer simplement qu’il existe des enfants aux capacités et aux besoins différents. Dans ce chemin d’apprentissage, la famille occupe une place centrale : c’est elle qui transmet les premières clés du respect et de l’accueil de la différence. À mesure qu’ils comprennent ces réalités, les enfants grandissent dans l’empathie et développent une plus grande attention aux autres.

Pour Clotilde Noël, maman de dix enfants, dont quatre porteurs d’un handicap et adoptés, tout commence en effet au sein du foyer. Avec son mari Nicolas, elle a fondé Tombée du nid, une communauté d’entraide pour soutenir les familles ayant un enfant en situation de handicap. "Pour qu’un enfant développe plus tard les notions de respect et d’empathie, il me semble important que le terreau dans lequel il grandit lui apprenne cela dès le plus jeune âge. Cette terre première c’est sa famille, lieu premier de sa construction", confie-t-elle à Aleteia.

L’exemple

Selon Clotilde, les enfants apprennent avant tout par l’exemple. Lorsqu’ils grandissent dans un climat où chacun est respecté — quelles que soient leurs origines, leur foi, leur condition sociale, leur apparence physique ou leur travail — ils développent naturellement une capacité à accueillir la différence sans qu’elle devienne une menace. "Dans ces conditions, l’enfant se construit avec des valeurs suffisamment solides pour accueillir l’histoire de l’autre, son altérité, ses fragilités sans que cela le mette en péril, sans que l’histoire de l’autre le déstabilise au point de le rejeter. Cet enfant éduqué dans la bienveillance ne sera pas  perturbé par l’autre et ne se laissera pas envahir par la peur, qui crée le rejet". 

Cette attention aux plus fragiles se cultive aussi très concrètement au quotidien. Hélène Berge, maman de six enfants, dont Charles, atteint d’arthrogrypose, une maladie neuro-musculaire, en fait l’expérience chaque jour. Avec son mari Benoît, elle a raconté leur histoire dans le livre Charles, quand l’amour déborde. Comme Clotilde, Hélène pense que les parents peuvent aider leurs enfants à développer un regard attentif envers ceux qui sont mis à l’écart : "Il est important d’encourager ses enfants à porter un regard attentif au plus fragile, à celui qui est toujours dans son coin - porteur d’handicap ou pas - à celui qui ne parle pas aux autres ou que personne n’invite. Il est essentiel d’ouvrir leurs yeux, leurs oreilles et leur attention sur ces camarades en priorité", confie-t-elle à Aleteia

Des questions simples

Cela passe par de petites questions simples après l’école : ont-ils joué avec tel enfant aujourd’hui ? L’ont-ils intégré à leurs jeux ? Comment pourraient-ils l’aider demain ? Peu à peu, cette vigilance devient naturelle. "Les frères et sœurs de Charles ont développé une empathie viscérale envers les enfants rejetés de la classe. Ceux qui n'ont pas d'amis, qui sont un peu différents. Ils vont les voir en priorité et les invitent à déjeuner à la maison", raconte-t-elle.

Les parents découvrent alors souvent avec étonnement la profondeur de la tendresse des enfants. Ils sont en effet capables d’une grande simplicité lorsqu’on les aide à faire le premier pas. L’enjeu est donc moins de "faire différemment" avec un enfant handicapé que d’apprendre à aller vers lui comme vers n’importe quel camarade, avec délicatesse et naturel.

Aller concrètement à la rencontre des personnes en situation de handicap  est justement essentiel pour Florent Bénard, qui travaille à la Fondation OCH (Office chrétien pour les personnes handicapées). Selon lui, rien ne remplace le temps passé ensemble : “C’est en passant du temps ensemble, en faisant des choses en groupe qu’on arrivera à tisser des liens”. 

L’inclusion scolaire représente pour lui une formidable opportunité. Lorsqu’un enfant en situation de handicap est accueilli en classe dès le plus jeune âge, toute la classe grandit avec lui. "On ne fait pas du bien à un seul élève, on rend service à tous les enfants car on leur permet d’expérimenter ce que peut être l’altérité", souligne-t-il. Cette expérience peut marquer durablement les enfants et les ouvrir à la différence pour les années à venir.

Des pistes concrètes pour grandir dans l’empathie

Au quotidien, de nombreuses initiatives simples peuvent aider les enfants à apprivoiser le handicap avec délicatesse. Pour Hélène Berge, par exemple, il est bon de prendre le temps de lire des histoires illustrées sur ce thème avec ses enfants pour aborder le sujet. L’enfant peut aussi écrire une carte pendant les vacances à un camarade porteur de handicap, prier pour lui, l’inviter à un anniversaire ou simplement à un goûter à la maison. Ces actions bienveillantes donnent au handicap une vraie place dans la vie de l’enfant. 

Des associations comme la Fondation OCH interviennent également dans les écoles pour sensibiliser les élèves au handicap à travers des témoignages et des rencontres. Des événements festifs, comme La Nuit du handicap, permettent aussi aux familles de partager des moments de sport, de danse, de musique ou de spectacle avec des personnes handicapées dans un climat joyeux et simple.

Le handicap peut parfois déstabiliser les enfants : "Il ne faut pas balayer la peur", reconnaît Florent Bénard. "Mais lorsque les émotions sont partagées et que l’on arrive à en parler avec eux, ils pourront plus facilement envisager l’accueil de la différence sous toutes ses formes."

Apprendre à respecter les enfants handicapés ne consiste finalement pas seulement à enseigner des règles de politesse ou de tolérance. C’est transmettre aux enfants une manière de regarder l’autre : non pas à travers ses limites, mais comme une personne d’une grande richesse à rencontrer et à aimer. Cette éducation du cœur commence bien souvent dans la simplicité du quotidien familial.

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