Cheminer dans la foi ne se fait pas seul. L’Église nous donne des compagnons de route : les saints. Leurs vies, leurs combats et leurs conseils peuvent nous aider très concrètement à avancer dans notre relation à Dieu. Voici cinq figures spirituelles pour progresser, simplement et profondément, dans la vie intérieure.
1Sainte Marguerite-Marie Alacoque : se rendre proche du Cœur de Jésus

Religieuse au monastère de la Visitation à Paray-le-Monial au XVIIe siècle, sainte Marguerite-Marie Alacoque reçoit plusieurs apparitions du Christ. Il lui confie une mission : faire connaître au monde la dévotion à son Sacré-Cœur, signe de son amour miséricordieux pour les hommes.
Adopter cette dévotion permet de se rapprocher du Christ et d’entrer dans une première intimité avec Lui. Honorer le Sacré-Cœur, c’est contempler son amour pour les âmes, sa miséricorde pour les pécheurs, et sa compassion pour tous ceux qui souffrent.
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Selon les mots de la sainte :
Il faut vous unir, en tout ce que vous ferez, au Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ ; dire à chacune de vos actions : “Mon Dieu, je vais faire ou souffrir cela dans le Sacré Cœur de votre Divin Fils.” Et tâchez surtout de conserver la paix du cœur. (Vie et Œuvres, tome 2, Sainte Marguerite-Marie Alacoque)
Concrètement, pour entrer dans cette dévotion, on peut dire chaque jour une prière au Sacré-Cœur, comme les litanies ou un acte de consécration. On peut aussi offrir ses joies, ses travaux et ses peines au Sacré-Cœur, en union avec toutes les messes célébrées dans le monde, dans le désir de hâter le règne du Cœur de Jésus.
2Sainte Brigitte de Suède : aimer le Christ dans sa Passion

Une deuxième sainte inspirante pour son chemin de foi est sainte Brigitte de Suède. Née en 1303 dans une famille royale, elle reçoit très jeune des grâces mystiques. À l’âge de 11 ans, Notre Seigneur lui apparaît, couvert de sang et de plaies. Profondément bouleversée, elle lui demande : "Ô Jésus, qui vous a fait autant de mal ?" Il lui répond : "Ce sont ceux qui me rejettent et méprisent mon amour." Dès lors, Brigitte, encore enfant, cherche par tous les moyens à le consoler.
À 13 ans, elle est mariée à un prince avec lequel elle aura huit enfants. Peu après la mort de son mari, elle reçoit des révélations du Christ, centrées notamment sur sa Passion.
Parmi les dévotions qui lui sont associées, on trouve les "Quinze Oraisons de sainte Brigitte", à réciter pendant un an, ainsi que les "Sept Pater Noster" à réciter pendant douze ans, en mémoire du Précieux Sang versé par le Christ durant sa Passion. Ces prières sont accompagnées de promesses du Christ, comme la délivrance du Purgatoire d'âmes de notre parenté ou encore le fait de connaître la date de sa mort un mois avant.
Concrètement, on peut adopter la première prière pendant un an, ou pour les plus courageux, la deuxième prière pendant douze ans. Elles permettent de faire mémoire, chaque jour, des souffrances endurées par Jésus, de grandir dans la compassion et l’amour pour lui, et d’être fortifié contre les tentations en s’unissant plus profondément à sa Passion.
3Sainte Thérèse de Lisieux : aimer Dieu et le prochain dans les plus petites actions

Sainte Thérèse de Lisieux, carmélite à Lisieux à la fin du XIXe siècle, n’est jamais sortie de son couvent et n’a été connue pour aucun grand fait de son vivant. Pourtant, elle a atteint un tel degré d’amour, d’abandon à la volonté de Dieu et de sainteté que le pape saint Pie X la qualifia de "plus grande sainte des temps modernes".
Elle nous donne au moins deux leçons essentielles pour progresser dans notre vie de foi. La première est accessible à tous : ce n’est pas la grandeur ou l’éclat de nos actions qui compte pour Dieu, mais l’amour avec lequel nous les accomplissons. Comme elle le disait, ramasser une aiguille par amour peut avoir plus de prix aux yeux de Dieu que les plus grandes œuvres accomplies sans charité.
Cette intuition conduit Thérèse à une découverte encore plus profonde : celle de sa vocation à l’amour. Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre à Dieu comme "victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux", avec le désir de vivre dans un acte de parfait amour. Elle comprend alors que sa vocation consiste à s’abandonner totalement à l’amour de Dieu. Dans cet amour, elle découvre qu’elle peut tout embrasser : "Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot, qu’il est éternel" (Manuscrit C).
Concrètement, pour devenir une "petite âme" à la suite de la Petite Thérèse, il s’agit de puiser dans l’amour de Dieu pour accomplir toutes nos actions, même les plus ordinaires, et de les offrir avec un cœur simple, dans le seul désir de plaire à Dieu.
4Saint Maximilien Kolbe : tout remettre à la Vierge Marie et lui faire totalement confiance

Saint Maximilien Kolbe naît le 8 janvier 1894 dans une famille catholique fervente en Pologne. Très jeune, il entre chez les franciscains conventuels et commence son noviciat en 1910. Ordonné prêtre le 28 avril 1918 à Rome, il déploie rapidement un immense apostolat marial. Il fonde notamment la Milice de l’Immaculée en 1917, la revue Le Chevalier de l’Immaculée en 1922, puis la Cité de l’Immaculée en 1927, qui regroupe bientôt plusieurs centaines de religieux. Missionnaire au Japon, il y implante également une communauté florissante.
De retour en Pologne, il est arrêté par les nazis en raison de son activité religieuse. Déporté à Auschwitz, il y offre sa vie en 1941 en prenant la place d’un père de famille condamné à mourir de faim. Il meurt le 14 août, veille de la fête de l’Assomption.
Il est surtout connu pour cette mort héroïque, mais on connaît parfois moins la source de cette charité extraordinaire. Toute sa vie repose sur un abandon total à Dieu par la Vierge Marie. Enfant, il reçoit une grâce marquante : la Vierge lui propose deux couronnes, l’une blanche (la pureté), l’autre rouge (le martyre), qu’il accepte toutes deux. Dès lors, il lui confie tout : sa vie spirituelle, son sacerdoce, son apostolat, et jusqu’à sa mort.
Concrètement, à sa suite, nous pouvons poser chaque jour un acte de consécration à la Vierge Marie, de préférence le matin, pour lui confier toute notre journée et la laisser agir librement dans notre vie. C’est un chemin simple et puissant pour apprendre à tout remettre entre les mains de Dieu.
5La bienheureuse Conchita Cabrera : laisser l’Esprit Saint animer nos pensées, nos paroles et nos actions

Conchita Cabrera de Armida naît en 1862 au Mexique, dans une famille catholique de douze enfants. À l’âge de treize ans, elle est fiancée, puis mariée neuf ans plus tard. De cette union naissent neuf enfants. Après la mort de son mari, Conchita reçoit la grâce insigne de l’Incarnation mystique. Jésus lui révèle alors que "la grâce de M’incarner est une union mystique très grande et très élevée, la plus grande qui puisse exister" (Journal spirituel, 25 mars 1906).
Hormis cette grâce exceptionnelle, le message que Jésus donne à Conchita nous concerne tous. Chacun est appelé à laisser l’Esprit Saint agir en lui, comme il a agi librement dans le Christ, notre modèle. Autrement dit, il s’agit de le laisser animer ses sens, sa volonté, ses pensées, ses paroles et ses actions. Comme elle l’écrit : "Aimer avec l’Esprit Saint est la grâce des grâces, la fusion des charismes divins, c’est le ciel même mis à la disposition de la pauvre créature" (Journal spirituel, 17 avril 1913).
Concrètement, on peut dire chaque jour une prière à l’Esprit Saint, comme le Veni Creator, et l’invoquer tout au long de la journée pour qu’il guide nos pensées, nos décisions et toutes nos actions.












