"Si tu m’entends dans ma prière. Je le sais, je te peine, je n’ai pas trouvé la paix. J’ai reçu cet appel et je parcours les pavés. J’écris sur des chapelles, j’ai dessiné à la craie ma prière…" Ces mots, Ôzam, 28 ans, ne fait pas que les chanter : il les habite. Le jeune artiste, de son vrai nom Ô Samba Samuel Malonga, compose depuis cinq ans une musique à la frontière du slam, du rap et de la chanson française, où se mêlent quête intérieure, foi et désir de rencontre.
Il grandit en région parisienne, à Courbevoie, entouré de ses trois grandes sœurs au sein d’une famille où la créativité a toute sa place. Très tôt, la musique s’invite dans sa vie. À six ans, il apprend la guitare, et lors des camps scouts, ses chansons animent les veillées autour du feu. Une évidence s’installe déjà : pour lui, la musique est avant tout un lien. Mais le chemin vers son identité artistique ne sera pas linéaire. Après un lycée agricole, des études de biologie à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) et une expérience comme responsable d’entrepôt dans les Yvelines, il choisit de prendre le large. En octobre 2019, il part un an à Athènes, en Grèce, comme volontaire auprès de migrants avec l'Œuvre des Chrétiens d'Orient. Là-bas, sa guitare devient un outil de consolation et de joie. Cette expérience marque profondément le jeune homme, qui commence à percevoir plus clairement ce qui l’anime : être au service des autres, à travers ce qu’il est et ce qu’il crée. Et c’est à Lourdes que ce Parisien laisse éclore son talent.
Quand la musique devient chemin intérieur
"Lourdes, c’est une histoire de famille ponctuée de pèlerinages", confie-t-il à Aleteia. Chaque année, le 15 août, il s’y rendait avec les siens. C’est aussi un lieu de dialogue intérieur, où il dépose ses questions, ses doutes et ses choix. En 2018, lorsque sa mère et sa sœur s’y installent, il décide de les rejoindre en 2021, porté par une intuition simple : celle d’un lieu propice à la paix, aux rencontres et à un nouveau départ. C’est là que tout s’accélère.

Inspiré par un besoin d’ancrage, il commence à écrire. Dans son journal de bord, il consigne ses émotions, ses rencontres, ses joies comme ses blessures. Cet exercice, d’abord difficile, devient une discipline. "J’ai adopté cette attitude lors d'une période confuse de ma vie. Je ne savais pas vraiement ce que je voulais faire. Je faisais beaucoup la fête, je voyageais, je n’avais pas d'ancrage profond. Coucher sur du papier mes ressentis m’a permis d’approfondir des questions importantes, mais aussi ma foi", explique le jeune homme qui travaille au Village des Jeunes du sanctuaire de Lourdes. Encouragé par sa famille, il décide peu à peu de donner une autre dimension à ses notes : elles deviennent des balades.
La vie est un mystère à vivre et non un problème à résoudre.
Son style, à la croisée du slam, du rap et de la chanson française, reflète cette richesse intérieure. Ses textes, sincères et poétiques, s’appuient sur des mélodies rythmées, influencées par des artistes aussi variés que Raphaël Haroche, Matthieu Chedid, Juliette Armanet, Pomme, Glorious ou encore Charles Aznavour et Joe Dassin. Son premier album, J’ai quitté la ville, sorti le 1er avril 2024 sur Spotify, Deezer, YouTube ou encore Apple Music, retrace ce chemin de transformation, du tumulte parisien à la douceur de la Bigorre. Mais pour Ôzam, créer ne suffit pas : il faut partager.
Donner voix aux histoires des autres
"Tout ce qui n’est pas partagé est perdu", affirme-t-il. Dans chaque endroit où il se produit, que ce soit un bar, un Ehpad ou une soirée entre amis, il invite son public à écrire sur des cartes postales des fragments de leur vie (une absence, un amour retrouvé, une épreuve traversée…). "J’ai découvert de nombreuses belles histoires qui m’ont inspiré de la joie, de la résilience et de l'espérance. L’idée désormais est de les mettre en chansons", confie Ôzam, estimant que "c’est aussi une manière de mettre ses talents au profit des autres comme nous l'invite à le faire l'Evangile". Un second album, nourri de ces récits, devrait voir le jour en novembre 2026.
L'engagement artistique d'Ôzam l’a conduit à représenter Lourdes lors du 35e anniversaire du jumelage avec la ville polonaise de Czestochowa en mai 2025. Quelques mois plus tard, le 30 août 2025, il a participé à la réouverture de l’église du Sacré-Cœur de Lourdes, offrant trois chansons sur son parvis. Des moments forts, qu’il vit souvent accompagné de sa sœur, Likia, fidèle partenaire de scène. L'année 2026 promet également être riche en émotion pour le jeune homme car il figurera parmi les artistes qui se produiront à Jésus Festival du 21 au 23 août à Paray-le-Monial.
Malgré ces reconnaissances, Ôzam garde les pieds sur terre. Il ne court pas après la lumière, préférant avancer pas à pas, en cohérence avec lui-même. "Je ne cherche pas la notoriété. Ce qui compte pour moi, c’est le sens, la vérité du chemin", dit-il simplement. Et peut-être que tout est là, dans cette phrase qu’il aime citer, trouvée sur une carte anonyme : "La vie est un mystère à vivre et non un problème à résoudre." Une manière, pour le jeune homme, de continuer à chanter, à croire et à avancer avec simplicité et sincérité.






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