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Ukraine : Kiev en deuil après 24 morts au cours de frappes russes

5 min de lecture
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Crédit : Serhii Okunev / AFP

Au moins 24 personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans les bombardements russes qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi. Image prise le 16 avril 2026.

Au moins 24 personnes, dont trois enfants, ont été tuées et 47 autres blessées lors de frappes russes menées dans la nuit de mercredi 13 à jeudi 14 mai à Kiev. Cette attaque, l’une des plus meurtrières de ces derniers mois, intervient après la fin d’un fragile cessez-le-feu, alors que les efforts diplomatiques pour parvenir à la paix peinent encore à aboutir.

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Kiev se réveille ce vendredi 15 mai dans le silence du deuil, au lendemain d’une nuit de bombardements massifs. Au moins 24 personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans les frappes russes qui ont visé la capitale ukrainienne dans la nuit de mercredi à jeudi. Quarante-sept autres ont été blessées. Les services de secours d’État ont indiqué poursuivre les opérations de déblaiement dans les décombres d’un immeuble résidentiel effondré. "Les secouristes continuent non-stop de fouiller les décombres à la recherche de personnes dans l'immeuble dans le quartier de Darnytskyi".

Cette attaque, survenue 48 heures après la fin d'un cessez-le-feu de trois jours à l'occasion des célébrations de la fin de la Seconde guerre mondiale, est l’une des plus meurtrières ayant visé Kiev ces derniers mois,  plus de quatre ans après le début de l’invasion russe. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé dans la nuit de mercredi à jeudi 675 drones et 56 missiles, dont respectivement 652 et 41 ont été abattus par la défense.

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Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé la destruction totale de l’immeuble touché. Un missile "a littéralement rasé un immeuble résidentiel, du premier au neuvième étage", a-t-il déclaré. Il a également affirmé que la Russie avait lancé "plus de 1 560 drones" en moins de vingt-quatre heures. "Ce ne sont certainement pas là les agissements de ceux qui pensent que la guerre touche à sa fin", a-t-il ajouté, alors que Vladimir Poutine avait affirmé ce dimanche 10 mai que la guerre en Ukraine touchait "à sa fin".

Un haut responsable de la présidence ukrainienne a estimé auprès de l’AFP que cette attaque massive constituait "une démonstration à l’occasion des discussions de Trump en Chine" avec son homologue Xi Jinping. La veille, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait appelé Donald Trump et Xi Jinping à évoquer les moyens de mettre fin à l’invasion russe de l’Ukraine.

"Les gens hurlaient"

Sur place, les témoignages racontent l’horreur de la nuit. "Tout était en feu. Les gens hurlaient", a déploré Andriï, un habitant de Kiev, la chemise tachée de sang. Non loin de là, tandis que les secours tentaient de dégager une personne ensevelie sous les gravats, une femme en larmes a reconnu une proche parmi les victimes. "C’est sûrement Macha", s’est-elle écriée, a rapporté un journaliste de l’AFP sur place.

Ainsi, plus de "vingt sites" ont été endommagés à travers la capitale, principalement des infrastructures civiles, a indiqué Volodymyr Zelensky. Dans le sud du pays, un véhicule de l’Organisation des Nations unies a également été touché par des drones russes, sans faire de victimes. "Les Russes ne pouvaient ignorer quel véhicule ils visaient", a dénoncé le chef de l’État ukrainien.

Exhortés par le président Volodymyr Zelensky à faire pression sur Moscou pour mettre fin à l'invasion russe lancée en février 2022, les alliés de l'Ukraine ont dénoncé cette nouvelle attaque. Emmanuel Macron a estimé que ces frappes révélaient la "faiblesse" de Moscou, qui "ne sait pas comment terminer sa guerre d'agression". Le chancelier allemand Friedrich Merz a, de son côté, déclaré que les bombardements "montrent que Moscou mise sur l'escalade plutôt que sur la négociation".

"Que les armes se taisent"

Depuis le début de son pontificat, Léon XIV a fait du conflit ukrainien l’une des priorités diplomatiques du Saint-Siège. Lors de l’Angélus du 22 février, le Pape avait lancé un appel solennel. "Je renouvelle avec force mon appel : que les armes se taisent". Évoquant la souffrance des populations civiles, il a poursuivi , "mon cœur est toujours tourné vers la situation dramatique qui se trouve sous nos yeux. Combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ?", rappelant que "la paix ne peut pas être remise à plus tard". Quelques semaines plus tard, à l’issue du Regina Cæli du 12 avril, le pape a renouvelé son appel à la paix, exprimant sa proximité avec les populations touchées par les conflits en Ukraine, au Liban et au Soudan.

À l’instar de son prédécesseur François, Léon XIV multiplie les initiatives diplomatiques. Il a reçu à plusieurs reprises Volodymyr Zelensky, proposé une médiation au Vatican et s’est également entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine.

La guerre continue

Malgré les appels répétés à la paix, le conflit continue de faire chaque jour de nouvelles victimes. Alors qu’une trêve de trois jours avait été observée à l’occasion des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les frappes russes ont repris avec intensité dès la nuit de lundi à mardi. En Russie, des frappes ukrainiennes sur la ville de Riazan ont fait trois morts et douze blessés, selon les autorités locales. L’armée russe affirme par ailleurs avoir abattu 355 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi.

Ainsi, les pourparlers entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, restent dans l’impasse. Jusqu’à présent, seuls des échanges de prisonniers ont permis de dégager quelques avancées concrètes.