Investir dans les familles, c’est investir dans l’avenir de la société. Car c’est au sein de la famille que se forment les citoyens de demain. Une intuition dont sont convaincues les Associations Familiales Catholiques (AFC) qui soutiennent, accompagnent et défendent la famille depuis plus d’un siècle. "On se penche régulièrement sur des mesures "pour les familles", on évoque la pastorale familiale, la politique familiale, mais il est plus rare qu’on parle de la famille en tant que telle, en tant qu'objet social à soutenir", constate Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques. "Il est important de garder le singulier de la famille et de montrer en quoi elle est essentielle à la société."
L’attention à l’autre
La famille est le premier lieu d’apprentissage de la vie en société. À condition toutefois que les parents s’engagent dans cette mission éducative qui n’est pas de tout repos. "Éduquer, souligne Pascale Morinière, c'est contribuer à former des bons citoyens, parce que c'est apprendre à socialiser ses enfants, et faire en sorte qu'ils apprennent à tenir compte les uns des autres." Ne pas taper sur son frère, supporter que l'autre ait quelque chose que je n'ai pas, laisser la parole à l’autre, respecter les règles d’un jeu, apprendre à partager… Autant d’apprentissages qui se font très tôt, en famille, qui permettront de devenir des citoyens heureux et engagés. "La vie de famille apprend à "s'empêcher", pour reprendre la formule de Camus, de faire ce que j'aimerais faire", précise encore Pascale Morinière.
C’est ce que vit au quotidien Grégoire Souffront, 38 ans, marié et père de cinq enfants, gestionnaire de patrimoine et président des AFC de Troyes. "Très régulièrement, à table, on instaure des tours de paroles afin que chacun puisse s’exprimer et être écouté", confie-t-il. Le père de famille est également attentif à rendre ses enfants soucieux des autres. "Quand un enfant me demande un bonbon par exemple, je lui demande s’il a pensé à ses frères et sœurs. J’aime dire que si l’on ne pense qu’à soi, personne ne pensera à vous ! Tandis que si on pense aux autres, alors ils seront plusieurs à penser à vous le moment venu." Grégoire Souffront n’hésite pas non plus à initier tôt ses enfants à l’écoute et à la démocratie : "Lorsqu’on doit choisir un lieu de balade ou bien un jeu de société à faire en famille, on vote !", raconte-t-il.
L’expérience de l’amour
C’est généralement au sein de la famille qu’un enfant fait l’expérience d’être aimé. Une première expérience, éprouvée dès bébé, qui lui permettra à son tour d’aimer et de se laisser aimer. "Une expérience primordiale pour être capable de vivre en société", souligne Pascale Morinière, qui l’a elle-même observée en tant que médecin de PMI pendant plusieurs années. "Si soi-même, on n’a pas expérimenté le fait d’être respectable, alors il est plus difficile d’être capable d’altruisme et de relations aux autres." Lorsque les liens familiaux se précarisent, la société se fragilise.

Bien entendu, l’être humain est capable de résilience. "Il peut, à partir de choses mal posées, évoluer beaucoup", nuance Pascale Morinière, "mais ce qui est donné au tout début est essentiel".
La maîtrise du langage
C’est encore au sein de la famille que le langage s’apprend et se développe. "Il est essentiel d’acquérir le langage, et un langage suffisamment élaboré pour pouvoir communiquer sur ce que l'on ressent intérieurement, la complexité de la vie et des situations", abonde Pascale Morinière. La maîtrise du langage contribue à la vie en société dans la mesure où il permet de s’exprimer et d’éviter d’avoir recours à la violence. "Moins on peut s’exprimer à travers le langage, plus il y a de violence". Sans compter que le langage permet aussi d'ordonner le monde autour de soi, de lui donner un sens.
Ne pas toujours faire à la place de son enfant est aussi une manière d’éduquer les citoyens de demain à faire preuve d’autonomie. Camille Lavaud, 34 ans, mariée et mère de quatre enfants, coordonnatrice de production dans une entreprise de robinetterie industrielle, actuellement en congé parental, et présidente de la Fédération des AFC de Savoie, prête une attention particulière à laisser faire son enfant lorsqu’il en est capable. "Cela demande de s’auto-limiter, car cela va évidemment beaucoup plus vite de faire soi-même, mais j’essaie de me dire : "Laisse-le faire, il va apprendre, il va être très content. Et plus tard, il pourra m'aider"", raconte la mère de famille. "Tout faire à sa place, bien que ce soit tentant car plus efficace à court terme, ne l’aidera pas pour plus tard", assure-t-elle.
Les AFC au service des familles
Convaincues de la nécessité de soutenir et accompagner les familles dans leur mission éducative, les AFC proposent de nombreuses ressources, aussi bien au niveau local que national, à commencer par les "Chantiers Éducation", des lieux d’écoute, d’échanges et de partage d'expériences entre parents qui se réunissent une fois par mois. "Il s’agit de groupes de parole entre parents, il n’y a pas d’experts", souligne la présidente des AFC. "Des parents se mettent en chantier autour d'un problème et essayent de trouver des repères pour être les meilleurs parents possibles avec leurs enfants." Une manière d’inviter les parents à se mettre en situation éducative positive.
Soucieuses de transmettre un des trésors de l’Église catholique, les AFC ont mis au point une formation (Cap DSE) sur la "Doctrine Sociale de l’Église". Nul besoin d’un doctorat en théologie, mais plutôt du simple désir de conversion. Une formation que Camille Lavaud a relayée auprès des adhérents des AFC de Savoie et qui a permis de créer une certaine cohésion autour de ce sujet. "Lire les textes dans son coin, c’est très bien, cela nourrit intellectuellement, mais ce qui est beaucoup plus fort, c’est d’arriver ensemble à trouver des idées pour notre quotidien. Personnellement, j'ai besoin des autres pour avoir des idées, et appliquer la théorie dans mon quotidien."
À Troyes, les AFC se mettent également au service des familles de plusieurs manières : accueil des nouvelles familles lors d’un barbecue dominical la veille de la rentrée scolaire, conférences pour les parents d’élèves dans les écoles, braderie, visites culturelles… mais aussi lobbying auprès des députés et des sénateurs pour défendre les intérêts des familles.
En partenariat avec les Associations Familiales Catholiques (AFC)







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