Chaque année, la période des examens de fin d’année, des concours et des admissions dans les grandes écoles représente une importante source de stress pour de nombreux jeunes. Entre la pression de la réussite, les nuits courtes et la peur de l’échec, certains étudiants se sentent souvent démunis. "Aujourd’hui, tout le cursus est pris dans une compétition, aussi bien dans le public que dans le privé", souligne Edwige Antier, pédiatre et auteur de J'aide mon enfant à se concentrer (Robert Laffont). Selon elle, la pression scolaire commence très tôt et se renforce au fil des années avec les notes, les examens et Parcoursup. "Quand tout au long du cursus il y a une sélection qui s’opère, comment faire pour ne pas vouloir obtenir le meilleur ?"
Dans cette quête de concentration et d’efficacité, 38% des jeunes n’hésitent pas à se tourner vers des produits stimulants dans l’espoir de gagner en concentration ou de rester éveillés plus longtemps pendant les révisions, selon le sondage mené par l'entreprise de soutien scolaire "Les Sherpas" et révélé par RMC le 5 mai. Parmi les produits prisés, on retrouve le café (17,9%), des vitamines (14,9%), des boissons énergétiques (11%) mais aussi des médicaments (4%) tels que la Ritaline, un traitement normalement prescrit aux personnes atteintes de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Si ces produits peuvent donner l’impression d’être plus concentré ou plus productif sur le moment, leurs effets sont loin d’être anodins.
Des usages à risque
Pourtant, les spécialistes rappellent qu’il n’y a pas d’effet magique sur les capacités intellectuelles. "La Ritaline est prescrite uniquement sur ordonnance après un diagnostic posé par le médecin. Son utilisation doit être strictement surveillée par un médecin et le cadre posé en France est très rigoureux. La dose est calculée "au milligramme près" et répartie dans la journée selon les besoins du patient", rappelle Edwige Antier. La spécialiste rappelle par ailleurs que la Ritaline agit directement sur le système nerveux et peut provoquer des effets secondaires importants, notamment cardiovasculaires, lorsqu’elle est utilisée sans suivi médical. Mais même sous le contrôle d’un médecin, le comprimé peut avoir des effets secondaires. "Il coupe l’appétit et perturbe le sommeil. Pour chaque année d’utilisation de ces médicaments contre le TDAH, il y a un risque accru de 4 % de maladie cardiaque. C’est pour cette raison que le médecin revoit régulièrement son patient", insiste la pédiatre.
Il n’existe pas de solution miracle de dernière minute !
Quant aux autres produits considérés à tort comme inoffensifs, elle prévient que si les effets de la Ritaline sont connus, ceux des abus en café, compléments alimentaires ou boissons énergisantes le sont moins. "Le fait que les jeunes consomment ces produits en pensant qu’ils vont réellement améliorer leurs capacités n’est pas prouvé scientifiquement", prévient la pédiatre, qui tolère néanmoins "un ou deux cafés le matin pour un jeune". Elle met néanmoins en garde contre les excès de caféine, qui peuvent, à long terme, avoir des effets sur le cœur et le cerveau.
Même constat pour les boissons énergisantes : "Si on en prend beaucoup, ça peut jouer sur tout le métabolisme, sur le calcium osseux ou provoquer une déminéralisation. C’est comme si on poussait tout le temps sur l’accélérateur, on finit par faire griller le moteur." Les compléments alimentaires séduisent également de nombreux étudiants. Si certaines études évoquent un effet positif sur la concentration, notamment pour les oméga-3 ou le fer, la médecin rappelle qu’"il ne sert à rien de surcharger l’enfant, car l’organisme va évacuer le surplus". Dans tous les cas, il est recommandé d’en parler à un médecin avant toute prise de complément alimentaire.
Les vraies clés de la réussite
Face au stress des examens et le besoin de "boost", les spécialistes de la santé recommandent plutôt des méthodes plus saines et durables pour améliorer les performances : un sommeil régulier, une alimentation équilibrée, une bonne organisation des révisions, des pauses fréquentes et une activité physique légère. "Il n’existe pas de solution miracle de dernière minute!", note Edwige Antier. "On ne se réveille pas au dernier moment si on n’a pas les bonnes bases cognitives." Selon elle, les parents ont un rôle essentiel à jouer : "Le plus important, c’est d’être le bon coach de votre étudiant dès la naissance jusqu’au grand concours." Donner confiance à son enfant, passer du temps avec lui et l’aider dans ses révisions seraient bien plus efficaces que n’importe quel "boost" chimique.






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