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“Angelux” : une mère et ses quatre filles en tournée pour la paix

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Raphaëlle Coquebert - publié le 13/05/26
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Chanter pour répandre de la Beauté, réveiller l’étincelle spirituelle de chacun, tisser du lien entre les cultures : telle est l’ambition de la chanteuse Claire Mérigoux, virtuose du chant polyphonique et entrepreneuse toujours en mouvement. En 2026, elle a fondé avec ses quatre filles l’ensemble vocal "Angelux" qui fait la tournée des sanctuaires français pour semer un message de paix.

On se croirait en présence d’anges venus du Ciel. Longues robes blanches vaporeuses, voix cristallines, répertoire polyglotte : sous la tendre houlette appliquée de leur mère, le quatuor Mérigoux emplit les murs des lieux sacrés de France d’un chant pur et mélodieux qui saisit l’âme. Parties de la cathédrale du Luxembourg le jour de Pâques, les cinq femmes sillonnent la France un mois durant pour se faire ambassadrices de paix face aux secousses guerrières qui ébranlent le monde. Polyphonies et chants sacrés issus des liturgies occidentales et orientales en latin, araméen, corse, géorgien, grec… sont leur drapeau blanc. Rencontre avec la bonne fée instigatrice de ce projet dont l’éventail des talents et des rêves impressionne.

Aleteia : Le chant et vous, c’est une longue histoire d’amour. À quand remonte-t-elle ?
Claire Mérigoux : A l’enfance. Entre 9 et 16 ans, j’ai découvert et pratiqué le chant choral et le chant sacré au sein de la maîtrise de Bourgogne puis de la maîtrise des Hauts-de-Seine. Vers 17 ans, j’ai dû arrêter contre mon gré et me suis orientée vers des études de Management et Gestion du Développement et des Actions Humanitaires qui m’ont amenée à partir au Guatemala. Là-bas, j’ai été en contact avec une ONG dont les programmes de réinsertion d’enfants par le biais de l’art m’ont enthousiasmée. Voir ces derniers, convoités par des gangs, reprendre vie grâce au théâtre, à la danse, au cirque m’a donné envie de m’orienter vers l’art-thérapie.

Ce désir est-il devenu réalité ?
Oui ! Quand je suis rentrée en Bourgogne d’où je suis originaire, j’ai ouvert un cabinet pour aider des personnes en difficulté à retrouver l’envie de vivre, le désir, la créativité par le truchement de l’art. L’aventure a duré dix ans. Au départ, je n’utilisais pas le chant : il s’est peu à peu imposé à moi comme une évidence. 

Nous écoutions les nouvelles du monde, des pays dévastés par la guerre : le désir de porter le flambeau de la paix nous a saisies. C’était comme un appel impérieux : "c’est maintenant ou jamais".

Je m’y suis replongée et j’ai créé en 2013 la compagnie ODO Ensemble autour de la recherche, la création et l’interprétation musicale. J’ai monté de nombreux projets avec l’abbaye de Cluny. Je me suis intéressée à la musique ancienne et médiévale et spécialisée dans le chant polyphonique avec le répertoire méditerranéen et féminin corse, puis avec les répertoires orientaux géorgiens.

Depuis, votre répertoire s’est encore élargi et reflète votre goût pour des cultures variées. D’où vous vient cette appétence ?
Mon grand-père était marin, mon oncle dominicain (le père Jean-Marie Mérigoux) spécialiste des chrétiens d’Orient, mes parents ouvraient grand leur maison : j’ai vu défiler des réfugiés de Palestine, d’Algérie… Mes belles-sœurs sont japonaise, chinoise et iranienne. Les voyages, les brassages, la rencontre, j’ai ça dans le sang ! Et quel meilleur outil que le chant pour jeter des passerelles entre les peuples ?

Comment cette passion pour le chant est-elle devenue une affaire de famille ? 
Tout naturellement ! Je n’ai pas cherché sciemment à la communiquer à nos quatre filles, de peur d’être contre-productive. Stella, Zélia, Maryam et Colline ont baigné dedans, à Cluny, puis au village de musiciens et d’artistes de Pigna, en Corse, où nous avons choisi de passer une année. J’ai fait appel à elles pour les chœurs de certaines de mes créations ou quand j’étais en panne de chanteurs. Quand en 2023 un réalisateur qui avait vu l’une de nos vidéos sur la Toile nous a sollicitées pour qu’un de nos chants en araméen figure dans son film, nous avons pris grand plaisir à nous produire ensemble. Les dés étaient lancés avant qu’Angelux ne voie le jour.

Screenshot
Claire Mérigoux

Voilà près de trois semaines que vous vous produisez dans les sanctuaires de France. Quelle est la genèse de cette tournée ?
Je vous l’ai dit, nous portons ce projet dans nos cœurs depuis longtemps. Ces deux dernières années, le déclencheur est venu de nos pérégrinations dans nombre de sanctuaires au gré de nos déplacements en famille (Fain-lès-Moutiers -village natal de sainte Catherine Labouré, Conques, Lourdes, Saint-Jacques-de-Compostelle, Fatima, Medjugorge…) Nous avons expérimenté la particularité de ces lieux gorgés de spiritualité : que de belles rencontres, que de grâces reçues ! Nous sentions qu’ils nous appelaient, sans bien savoir sous quelle forme. Et puis, le premier jour du Carême, tout est devenu limpide.

Comment ça ?
Nous écoutions les nouvelles du monde, des pays dévastés par la guerre : le désir de porter le flambeau de la paix nous a saisies. C’était comme un appel impérieux : "c’est maintenant ou jamais". Nous avons résolu de partir chanter un mois sur la route des sanctuaires de France : mes deux aînées ont pu se débrouiller pour coupler ça avec leurs études, les deux dernières font l’école à la maison. En 15 jours, nous avons créé l’association, le site Internet… L’accueil chaleureux que nous recevons et les retours du public nous encouragent. Nos chants touchent les cœurs et apportent une note d’espérance.

Quelle place tient la spiritualité dans ce projet ?
Une place de choix ! Nos concerts comptent nombre de chants sacrés. Mes parents étaient membres des fraternités franciscaines et j’ai été permanente à la communauté de Taizé pendant un an. Depuis, j’ai fait pas mal de chemin, sans rien imposer à nos filles : chacune trace sa route à sa façon, en intégrant cette dimension. Les contraintes de mon métier ne me permettent pas d’aller à la messe tous les dimanches, mais la prière est essentielle dans ma vie. À la maison nous avons un autel devant lequel nous lisons chaque jour une parole d’Evangile, faisons des neuvaines… Une statue de Marie veille sur nous, une autre du Sacré-Cœur a produit de beaux fruits dans notre famille.

Les signes affluent qui nous confortent dans la certitude d’être là où nous devons être.

Si nous avons choisi de chanter pour la paix, c’est aussi parce que nous l’expérimentons de manière très intense en chantant ensemble. La polyphonie contraint à une recherche d’harmonie dans la diversité de nos talents. C’est une école de bienveillance et de respect de l’autre.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Élargir notre tournée aux sanctuaires de l’Europe (Compostelle, Assise…) et du monde ! Et travailler sur une version plus moderne de notre répertoire, avec un accompagnement instrumental, électronique pour toucher un public autre, qui n’entre pas forcément dans les églises. Nos aînées, qui font toutes deux des études artistiques, s’intéressent à l’univers musical contemporain (musique latino, rap…) Nous proposerions selon la demande la version d’aujourd’hui a capella avec des chants sacrés et traditionnels et une autre, plus actuelle. Les signes affluent qui nous confortent dans la certitude d’être là où nous devons être.

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