Klara Krošelj Oblak avait tout pour réussir. Élève brillante, ancienne athlète de haut niveau et étudiante en chirurgie dentaire à la faculté de médecine de Ljubljana, en Slovénie, elle se préparait à exercer le métier de dentiste. Mais en avril 2019, un grave accident de la route bouleverse sa vie. Victime d’un important hématome cérébral, elle doit réapprendre à écrire, parler et marcher. Une longue reconstruction qu’elle raconte aujourd’hui avec foi, lucidité et gratitude.
Ce jour-là, la jeune femme rentre d’exercices universitaires sous une pluie battante. Fatiguée, au volant d’une voiture qu’elle maîtrise mal, elle perd le contrôle sur une route glissante et dévie sur la voie opposée. Un véhicule la percute de plein fouet. Une partie de son cerveau est touchée par une hémorragie. Klara sombre dans le coma pendant six semaines. "À cette époque, ce sont surtout mes proches qui ont souffert. Les médecins ne pouvaient pas prévoir quelles en seraient les conséquences", confie-t-elle à l’édition slovène d’Aleteia. À son réveil, elle ne reconnaît plus sa propre vie. "Quand je me suis réveillée, je ne savais absolument plus qui j’étais ni ce que je faisais." Le traumatisme crânien lui provoque une amnésie rétrograde : une partie de sa mémoire a disparu. "Je ne réalisais pas que quelque chose n’allait pas. J’étais simplement heureuse d’être réveillée, vivante et entourée de personnes aimantes", raconte la jeune femme.
Une reconstruction portée par l’espérance
Après un mois en soins intensifs puis un autre en neurochirurgie, elle subit deux opérations pour retirer l’hématome. Peu à peu, certains souvenirs reviennent, mais un long chemin de rééducation commence car le coma a également laissé de lourdes séquelles physiques. Ses muscles se sont atrophiés et son corps doit être rééduqué presque entièrement. "Mes proches disaient que c’était comme si je recommençais à vivre. J’étais comme un enfant. J’ai dû réapprendre à écrire, parler, marcher… tout." Ancienne coureuse de montagne depuis l’âge de 12 ans, élue Miss Sport en 2013, Klara trouve dans le sport un soutien essentiel pour avancer. "Courir dans une forêt, en musique et sous le soleil, c’est la meilleure thérapie", assure-t-elle.

Dans son malheur, la jeune femme refuse surtout de renoncer à ses études. De retour à la maison, elle tente de reprendre ses cours de dentisterie. Pourtant, elle réalise rapidement qu’elle a oublié une grande partie de ce qu’elle avait appris, alors qu’il ne lui restait que huit examens avant la fin de son cursus. "J’ai dû tout relire. Les connaissances étaient quelque part dans ma tête, mais je n’arrivais plus à y accéder." Grâce à une détermination hors du commun, au soutien de ses professeurs et à un immense travail personnel, elle réussit son premier examen après l’accident en novembre 2020. Deux ans plus tard, elle obtient finalement son diplôme et retourne fièrement le montrer au personnel médical qui l’avait soignée.
Aujourd’hui encore, Klara Krošelj Oblak reconnaît ne plus être "exactement comme avant". Si elle ne peut plus exercer comme dentiste, elle avance pourtant avec un regard neuf sur la vie. Désormais passionnée par la neurologie, la santé mentale et la prévention, elle souhaite travailler dans le domaine de la santé publique et sensibiliser aux bienfaits du sport sur le bien-être psychique. "Mon chemin vers la guérison durera toute ma vie, car nous apprenons de nouvelles choses tant que nous vivons. Le cerveau est plastique : nous pouvons continuellement apprendre et mémoriser", confie-t-elle. À ses côtés demeure aussi celui qui ne l’a jamais quittée pendant cette épreuve : son mari, devenu le témoin silencieux de sa lente et patiente reconstruction.









