C’est sans doute la série télévisée Nos chers voisins qui a propulsé Christelle Reboul sous les feux des projecteurs. Une série de TF1 diffusée de 2012 à 2017 dans laquelle elle jouait le rôle d’Amélie Dubernet-Carton, mère de famille catholique et rigide. Mais Christelle Reboul, 52 ans, est comédienne de théâtre avant tout. Elle s’est illustrée dans plusieurs productions théâtrales à Paris, Lyon, Avignon, Orléans… et est actuellement sur les planches à Paris, à l’Espace Bernanos, où elle interprète de manière magistrale le rôle de Simone Alfieri, héroïne principale d’Un mauvais rêve, roman policier méconnu de Georges Bernanos et adapté pour la première fois au théâtre. Un auteur qui l’inspire, la fascine et dont elle partage, en tant que protestante, la foi chrétienne.
Aleteia : Comment est née l'envie de devenir comédienne ?
Christelle Reboul : Il y a eu deux rencontres. D’abord celle avec l’intervenant de l'atelier théâtre organisé par ma professeure d'histoire, en sixième. C’était un comédien, Joël. Nous montions une comédie musicale, le Big Bazar de Michel Fugain. J'étais à l’époque une petite fille réservée, timide. Et à partir de ce moment-là, quelque chose s'est ouvert. Ma timidité est passée au second plan. Et j'ai osé affronter le regard de l'autre. Et puis après, à 14 ans, j'ai vu le film d'Alain Cavalier, Thérèse, avec Catherine Mouchet. Je suis restée bloquée sur ces images. Quand j'ai vu cette interprétation, je me suis dit : "moi aussi, je veux transmettre, je veux passer ces émotions fortes".
Vous interprétez actuellement l'héroïne d'un roman policier de Bernanos, Un Mauvais Rêve. C'est vous qui êtes à l'origine de la pièce. Pourquoi cette œuvre vous tient-elle tant à cœur ?
C'est Jean-Pascal Attu, le petit-neveu de Bernanos et un de mes grands amis depuis très longtemps, qui m'a fait découvrir ce texte, en me disant que le personnage de Simone Alfieri avait quelque chose de théâtral et que c’était un personnage qui pouvait me plaire. Et oui, c'est un personnage qui me plaît ! Par sa complexité, son engagement, sa détermination, sa volonté de s'en sortir. Même si elle se perd et qu’elle ne choisit pas la bonne route, elle cherche. Elle cherche seule. Elle est excessivement dure, mais c’est parce qu'elle n'a pas reçu d’amour à la base et n'a pas réussi à le rencontrer sur son chemin non plus. Elle a des circonstances atténuantes. L’œuvre est un mélange – et ça, c'est l'écriture de Bernanos - de très concret et de surnaturel, presque de fantastique. On a ces deux pôles, la terre et le ciel, qui se mélangent d'une façon extrêmement troublante et qui me percutent.

En quoi Bernanos est-il un auteur qui vous inspire ? Qu'est-ce que vous aimez chez lui ?
Il y a quelque chose d'extrêmement pur dans l'écriture et la vision de Bernanos. Ses personnages sont tous immensément héroïques parce qu'ils sont immensément engagés dans ce qu'ils font. Ils ne se mentent pas. Même si Simone Alfieri adore mentir, elle dit qu'elle aime mentir, elle l'avoue ! Ce sont des personnages qui sont tellement francs et authentiques avec eux-mêmes. C'est comme s'ils étaient en permanence en confession. Et face à Dieu, on ne ment pas.
Bernanos est un grand écrivain catholique, chrétien, partagez-vous cette foi qui transpire dans ses romans ?
Oui, je partage cette foi chrétienne. Mes origines sont protestantes. L'espérance, la foi, sont des vertus qui guident ma vie, qui m'aident. La prière, notamment, m'aide beaucoup.
On vous a vu dans Nos Chers Voisins enceinte de votre fille qui a 12 ans aujourd'hui. Comment est-ce que vous vivez la maternité ?
Cela a été un bouleversement total dans ma vie. La plus belle chose de ma vie. Et ça m'a transformée. Ça a transformé mon corps, évidemment, mais aussi mon esprit, mon rapport au monde, mon rapport à l'amour. Tout d'un coup, on n'est plus seule. Le fait d’être mère remplit. C'est quelque chose qui m'a inondée. Qui m’inonde encore aujourd’hui. C’est la rencontre d'un amour que je ne connaissais pas. C'est vertigineux, de connaître cela. J'ai beaucoup de chance.
Pratique
Avec Christelle Reboul, Olivier Claverie et François Nambot.
À l’Espace Bernanos du 5 mai au 22 juin 2026.
À Pellevoisin le 6 juin 2026.
En partenariat avec l'Espace Bernanos









