Le "sang de saint Janvier", grande dévotion populaire de Naples, était bien liquéfié, lors du passage de Léon XIV à Naples, ce 8 mai 2026. Depuis la cathédrale qui abrite la fameuse relique, devant 2.000 clercs et religieux du diocèse, le Pape a livré ses encouragements aux prêtres dans le contexte social difficile de cette ville marquée par "de multiples visages de pauvreté" et "ensanglantée par la violence".
Après sa matinée à Pompéi ce vendredi, le Pape a repris l’hélicoptère pour rejoindre la capitale de la Campanie, à 30 kilomètres. "Je suis venu à Naples pour retrouver cette chaleur que seule Naples sait offrir", a déclaré l’évêque de Rome en réalisant un premier arrêt à la cathédrale de la ville. Improvisant quelques paroles sur le seuil, il a expliqué vouloir "rendre hommage à saint Janvier, qui représente tant pour votre dévotion et votre foi".
Ce fut d’ailleurs l’un des premiers gestes du pontife dans la cathédrale : la vénération du sang de ce martyr des premiers siècles, conservé dans un reliquaire précieux. Le ‘miracle’ de sa liquéfaction représente un évènement très populaire à Naples : chaque année, il est signe de bénédiction divine s’il se produit ; et d’infortune en cas d’échec. Comme ses prédécesseurs, Léon XIV s’est prêté à cette tradition, soulevant la fiole, et montrant à l’assemblée, avec un sourire, que le sang s’était bien liquéfié – la relique était dans cet état depuis le 2 mai.
Le Pape auprès des "visages de la pauvreté"
D’emblée dans son discours, le pontife a salué un peuple "inimitable et joyeux, malgré le poids de tant de fatigues". "Aujourd’hui, je suis ici aussi pour me laisser contaminer par cette joie", a-t-il assuré, déclenchant une longue salve d’applaudissements. Il a aussi rendu hommage à la "religiosité populaire, spontanée et effervescente" des Napolitains.

Le Pape a livré aux prêtres et aux religieux du diocèse des recommandations pour ne pas céder au sentiment "d’impuissance et de désarroi", ou encore "d’isolement pastoral" et de solitude, face aux défis. Il a reconnu que le poids du ministère et la fatigue intérieure des clercs "sont aujourd’hui devenus, à certains égards, encore plus lourds qu’autrefois".
Loin d’un tableau idéalisé, le Pape a décrit les "nombreuses fragilités sociales" et les "multiples visages de la pauvreté" présents dans la ville parthénopéenne, "même ensanglantée par la violence". Il a exprimé sa préoccupation pour "les inégalités, le chômage des jeunes, le décrochage scolaire et les fragilités familiales". À Naples, l’une des métropoles les plus défavorisées d’Italie, sévit encore l’organisation mafieuse de la Camorra.
Invitation à ne pas céder à la "négligence"
Le chef de l’Église catholique a alors insisté sur le "soin […] de notre cœur, de notre humanité et de nos relations". Il s’est élevé au contraire contre la "négligence" qui peut entourer l’espace urbain ou "toutes ces situations où c’est la vie elle-même qui est négligée, lorsque l’on peine à en préserver la beauté et la dignité".
Au fil de son texte, Léon XIV a aussi averti que la foi chrétienne "ne doit pas se limiter à quelques événements émotionnels, mais pénétrer profondément le tissu de la vie et de la société". Il a incité à "passer d’une pastorale de conservation à une pastorale missionnaire" et à "encourager le choix du bien" parmi la population. "N’ayez pas peur, ne vous découragez pas", a-t-il exhorté en souhaitant une Église qui soit "lumière d’espérance". Après cette rencontre, le pontife américano-péruvien a retrouvé en papamobile plus de 20.000 Napolitains qui l’attendaient en chantant sur la Piazza del Plebiscito.









