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Harcèlement, discriminations : l’inquiétude grandissante des parents face à l’école

Des parents de plus en plus attentifs aux discriminations et au harcèlement scolaire dénoncent des atteintes aux droits de leurs enfants, selon une étude du Défenseur des droits.

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Laura Marchais - avec AFP - publié le 07/05/26
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Un tiers des parents estiment que leur enfant a été victime de discriminations, de harcèlement ou de cyberharcèlement au sein de l’institution scolaire au cours des cinq dernières années, selon une étude du Défenseur des droits publiée jeudi 7 mai. Menée auprès de plus de 1.600 parents, l’enquête éclaire la perception qu’ont les parents des atteintes aux droits des enfants, susceptibles de compromettre leur bien-être et leur scolarité.

Le harcèlement et les discriminations à l’école ne sont plus seulement des réalités dénoncées par les élèves, les parents eux-mêmes disent désormais les voir, les identifier et les nommer. Derrière ce constat, une étude du Défenseur des droits publiée ce jeudi 7 mai révèle l’ampleur des atteintes aux droits perçues par les parents dans le cadre scolaire. Entre octobre 2024 et janvier 2025, 1.692 parents d’enfants âgés de 6 à 23 ans ont été interrogés afin de savoir si, selon eux, leur enfant avait subi au cours des cinq dernières années une inégalité de traitement de la part de l’école, du harcèlement scolaire ou du cyberharcèlement par d’autres élèves. "Plutôt que de fournir des chiffres sur l’ampleur des atteintes aux droits de l’enfant, cette étude renseigne avant tout la manière dont les parents se positionnent vis-à-vis de ces atteintes", précise le rapport.

L’étude "montre un lien étroit entre harcèlement, cyberharcèlement et discriminations de la part de l’institution scolaire suggérant l’existence d’un continuum d’atteintes aux droits de l’enfant (...) susceptible de compromettre" son bien-être et sa scolarité. Selon les données récoltées, trois parents sur dix pensent que leur enfant a été harcelé, tandis qu’un sur dix estime qu’il a été victime de cyberharcèlement. Dans le détail, un tiers des parents estiment ainsi que leur enfant a connu des différences de traitement à l’école, au collège ou au lycée. Les traitements jugés inégalitaires sont plus souvent dénoncés lors de la notation (18%) ou des sanctions (19%) que dans les décisions d’orientation (14%), "malgré l’existence bien documentée de biais en la matière".

Environ 70% des parents qui dénoncent un traitement inégalitaire estiment qu’il est lié à un critère prohibé par la loi, comme le handicap, l’apparence physique, le milieu social, la couleur de peau, la religion, la nationalité, le genre ou encore l’orientation sexuelle, "laissant entrevoir l’hypothèse de situations discriminatoires". Parmi ces critères, l’état de santé ou le handicap "constituent, de loin", le premier motif de discrimination cité.

Des jeunes parents plus enclins à dénoncer les atteintes aux droits

Le rapport souligne que certains profils de parents sont davantage susceptibles de signaler des discriminations ou des situations de harcèlement. C’est notamment le cas des mères, des jeunes parents âgés de 18 à 34 ans, jugés plus sensibilisés aux questions d’inégalités, mais aussi des parents ayant eux-mêmes subi des discriminations et de ceux vivant dans des situations précaires.

L’étude observe par ailleurs que les familles entreprennent plus souvent des démarches administratives ou judiciaires lorsqu’il s’agit d’inégalités de traitement à l’école. Ces recours concernent 16% des cas signalés, contre seulement 7% lorsque les enfants ont subi du harcèlement. Selon le Défenseur des droits, cette différence peut s’expliquer par "des difficultés à identifier les démarches" ou par "une crainte d’envenimer la situation par leur intervention" dans les affaires de harcèlement.

Face à cette "perception aiguë" des atteintes aux droits à l’école, l’institution rappelle plusieurs recommandations. Elle plaide notamment pour "la formation effective des membres de la communauté éducative" à la lutte contre les discriminations et pour la mise en place de mesures destinées à ne pas "banaliser le phénomène de harcèlement".

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